‹ L'alimentation de la Belgique par le comite nationalChapitre 126 sur 227 · VARIATION DE LA RATION DE PAIN ENI · texte numérisé non relu

VARIATION DE LA RATION DE PAIN ENI

Les difficultés que la C. R. B. rencontrait dans le ravitaillement de la Belgique, déterminèrent le Comité exécutif à donner le 4 mars 1915 aux Comités provinciaux une interprétation de la résolution du 19 novembre 1914 qui contenait en même temps un conseil de prudence : il les avertit de ne pas s'attendre à recevoir dans un délai très rapproché de quoi établir le rationnement sur la base prévue :

La base fixée en séance du ig novembre dernier, leur déclara-t-il, soit 250 grammes de farine par jour et par tête d'habitant, reste admise ; cette base peut être appliquée dans toutes les provinces, mais elle constitue un maximum. Lorsque les arrivages sont peu importants et ne permettent pas d'assurer les distributions de farine dans ces conditions, le Comité National a préconisé de s'en tenir, dans les pro\-inces, à la ration fixée pour l'Agglomération bruxelloise, soit 250 grammes de pain.

Si, par mesure de prévoyance, certains Comités pro^^nciaux estimaient utile de s'en tenir à la ration de 250 grammes de pain, ou moins, le Comité National n'y verrait aucun inconvénient; les quantités de farine reçues en excédent grossiraient d'autant les réser\'es qu'il importe de créer dans les provinces. Cette question est à solutiomier par les Comités provinciaux, suivant leurs convenances ou leur appréciation.

Ces conseils, répétés sous une forme ]3lus jDressante à la réunion suivante (11 mars), furent interprétés par la plupart des Comités comme un ordre de ne délivrer que 250 grammes de pain par tête et par jour. Le Comité exécutif leur fit connaître à la séance du II avril suivant que c'était là une erreur et qu'ils conservaient la faculté de porter la ration journalière à 250 grammes de farine. Il restait entendu cependant que si certains Comités, par mesure de prudence ou pour d'autres raisons, décidaient de maintenir la ration à 250 grammes de pain, il ne serait fait aucune diminution de leur contingent de froment ou de farine.

Grâce à l'amélioration des arrivages à Rotterdam, beaucoup de Comités purent durant le printemps et les premiers mois de l'été de 1915 élever la ration de pain à plus de 250 grammes. A partir du mois d'avril, la ration atteignit partout, sauf dans certaines parties des Flandres, 250 gr. de farine ou 330 gr. de pain. Mais le pain n'est blanc qu'à Bruxelles et dans le Limbourg. Les autres Comités font la mouture à 90 % (Anvers, Brabant, Liège et Namur) ou mêlent de la farine grise à la farine blanche (Hainaut).

Au mois de juillet 1915, les informations reçues sur l'état des récoltes en Amérique firent prévoir une nouvelle crise dans le ravitaillement de la Belgique. Le 9 août, par mesure de prudence, le Comité National recommandait aux provinces de limiter la ration à 250 grammes de farine au maximum. Une dizaine de jours plus tard (18 avril 1915), il recevait du directeur de !a C. R. B. la lettre suivante lui exposant les difficultés qu'allait rencontrer le ravitaillement en farine et le priant de prendre les mesures nécessaires pour en atténuer les effets :

J'ai été informé par Londres et Rotterdam que les froments américains seront en retard de trois à quatre semaines sur leur date d'arrivée habituelle par suite des pluies excessives de cette année.

En plus de cette difficulté, il semble qu'il est extrêmement difficile d'obtenir actuellement en Angleterre les bateaux nécessaires au transport.

Notre Bureau de I^ondres s'efforce d'acheter quelques cargaisons flottantes de froment et des arrangements ont été faits pour emprunter certaines quantités au Gouvernement hollandais. Toutefois, en dépit de ces efforts extraordinaires, il n'en reste pas moins vrai que nous aurons de grandes difïicultés à satisfaire aux demandes du pays jusque vers le miheu d'octobre.

Bn conséquence et à notre grand regret, nous sonunes obUgés de demander que les mesures suivantes soient prises en vue d'assurer le ravitaillement réguUer en pain jusqu'au miUeu d'octobre, soit :

a) Que dans le pays entier, la mouture du froment se fasse à 90 %;

b) Qu'aucune province ne dépasse la ration de 250 grammes de farine ;

c) Que 5 ou 10 % de farine de maïs soient mêlés à la farine de froment, en tenant compte de la possibiUté pour les moulins de produire de la faiine de maïs.

Nous avons été informés qu'aucune quantité provenant de la récolte indigène ne pourra être obtenue pour être distribuée le 15 septembre, à moins qu'elle ne puisse être prélevée sur les achats faits antérieurement au jer septembre.

Nous insistons, en conséquence, pour que les Commissions d'achats dans les différentes provinces conunencent immédiatement leurs opérations et pour que les Comités provinciaux prennent, sans délai, les mesures nécessaires pour prendre possession et moudre la partie de la récolte qui leur sera livrée pendant les prochaines semaines.

Nous sommes convaincus que les informations qui précèdent seront tenues en sérieuse considération par tous les Comités provinciaux. S'ils' n'agissent pas promptement, énergiquement et loyalement dans cette question, le pays court le plus grand risque de manquer de pain jusqu'à ce que nous ayons pu étabUr une importation régulière et abondante des froments américains.

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