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LA RATION DE PAIN EN OCTOBRE I

Obéissant aux suggestions de cette lettre, le Comité National invita, le 19 août, les Comités provinciaux à porter le taux de la mouture à 90 % là où on avait admis un taux inférieur, et à respecter scrupuleusement les ordres donnés le 9 août précédent relativement au poids de la ration. Sur l'observation de plusieurs délégués que les essais faits pour mélanger de la farine de froment blutée à 90 % avec de la farine de maïs avaient donné de mauvais résultats, ce mélange ne fut pas rendu obligatoire comme l'avait demandé la C. R. B.

Grâce à un prêt de 30,000 tonnes de froment consenti par le Gouvernement hollandais, ces mesures suffirent. I^a population ne manqua pas de pain. Au mois d'octobre 1915, la situation s'améliora tellement que, pour la première fois depuis l'existence du Comité National, la C. R. B. calcula ses répartitions sur. la base de 340 grammes de froment par habitant, ce qui devait donner, si la mouture se faisait à 75 %, 255 grammes de farine. Les ComJtés provinciaux en conséquence furent autorisés à distribuer la ration considérée comme normale de 250 grammes de farine blutée à 75 % ou son équivalent de 340 grammes de pain.

Aux agriculteurs se ravitaillant eux-mêmes, la Commission centrale des récoltes avait laissé pour leur consommation et celle de leur famille la quantité de froment nécessaire pour obtenir la ration normale de pain, c'est-à-dire 10.2 kilos de froment par mois et par tête.

La ration ne fut pas fixée dans toutes les provinces au poids qui vient d'être indiqué. L'Agglomération bruxelloise qui recevait tme part calculée sur une population de 900,000 âmes, mais qui par suite d'erreurs dans les listes de distribution devait fournir 940,000 rations ordinaires, qui vendait en outre de la farine aux pâtisseries et accordait environ 20,000 rations supplémentaires pour les personnes malades, les femmes enceintes et les mères nourrices, n'augmenta la ration ordinaire que de 50 grammes et la porta à 300 grammes (novembre 1915). Le Hainaut et Namur, au contraire, en ajoutant au froment de la farine de maïs, parvinrent à la même époque à élever la ration de pain, l'un à 367, l'autre à 366 grammes. Le Limbourg, grâce au coefficient très favorable qui lui avait été accordé, porta la ration

à 290 grammes de farine, ce qui dépassait la limite autorisée ; il se fit de ce chef rappeler à l'ordre par le Comité exécutif.

Mais les prévisions qui avaient déterminé le Comité National à donner à la ration son poids et sa composition normaux ne se réalisèrent pas. La C. R. B. ne reçut pas les cargaisons sur lesquelles elle comptait. D'autre part, l'autorité allemande modifia les règles convenues pour la remise au Comité National des céréales indigènes et diminua l'importance des libérations. Il avait été entendu que les récoltes indigènes seraient consommées par fractions mensuelles égales entre le 15 septembre 1915 et le 15 septembre 1916. Sur robser\^ation des autorités allemandes qu'il était prudent de constituer une réserve pour parer à un arrêt des importations d'Amérique ou à un déficit des quantités de céréales recensées, il fut cependant admis que les libérations se feraient par quinzième et non par douzième, toute la récolte cependant devant être remise au Comité avant le 16 septembre 1916. Mais le 10 novembre 1915, la Commission centrale des récoltes décida arbitrairement qu'il devait exister de façon permanente dans les magasins un stock égal à un douzième de la récolte recensée, soit 16,800 tonnes. Pour appliquer cette mesure et constituer ce stock, il fallut nécessairement diminuer pendant une certaine période l'importance des libérations mensuelles.

Le 20 janvier 1916, le Comité National prévint les Comités provinciaux que les circonstances l'obligeraient peut-être d'élever la mouture à 82 % et même à 90 % en réduisant la ration à 250 grammes de pain. Pour retarder le plus possible cette dernière mesure dont la population aurait beaucoup souffert, le Comité National décida que dorénavant tout le maïs serait réservé au Stock général. De cette manière, il espérait disposer d'une quantité suffisante de farine de maïs pour permettre à tous les Comités d'en ajouter à leur farine de froment. Le 8 fé varier suivant, le Comité National accepta la proposition de la Commission centrale des récoltes d'employer en totalité pour la consommation humaine le seigle à libérer dans le territoire occupé. Sur l'avis des experts qu'il avait consultés, le Comité National fixa à une proportion variant entre 10 et 15 % la quantité de seigle qui serait ajoutée à la farine de froment.

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