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Rations supplémentaires pour les enfants

Le département de l'Alimentation du Comité National n'institua un ravitaillement spécial en pain pour les œuvres s'occupant de l'enfance qu'au mois de juillet 1916. Jusqu'alors les Comités provinciaux ou locaux prélevaient sur les quantités de blé mises à leur disposition ce qui était nécessaire aux repas scolaires, à l'alimentation des enfants débiles et à la fabrication des aliments farineux spéciaux réservés aux enfants en bas âge (moins de

trois ans). Au cours de la crise alimentaire qui sévit durant le printemps et l'été de 1916 et qui provoqua la première distribution de rations supplémentaires aux classes nécessiteuses, le Comité National engagea (17 avril 1916) les Comités provinciaux à user de leur influence pour faire établir, là où ils n'existaient pas encore, les repas scolaires. Pour stimuler leur zèle, il leur annonça, le 20 juillet 1916, que le blé nécessaire à la répartition supplémentaire de 60 grammes de pain aux enfants alimentés parla soupe scolaire, ferait l'objet d'une fourniture spéciale qui ne serait pas comprise dans le contingent ordinaire de la province. Un relevé du nombre des enfants fréquentant les soupes scolaires opéré au mois d'août 1916, fit connaître que la distribution de la ration supplémentaire dans les écoles exigerait, par mois, les quantités suivantes de froment :

Anvers 131,000 kilos.

Bruxelles 120,000 »

Hainaut 7i»904 »

Liège 165,000 »

Ces quantités furent augmentées dans la suite à mesure que se multipliaient les « soupes scolaires » sous l'influence de la propagande que faisait en leur faveur, auprès des Comités locaux et des administrations communales, la section du Comité National s'occupant de l'alimentation de l'enfance.

Lors de la coordination des dispositions relatives au rationnement du pain (25 juin 1917), le poids de la ration de pain accordée aux écoliers fut porté à 70 grammes et correspondit donc à la ration supplémentaire délivrée aux nécessiteux. Pour éviter les doubles emplois et avoir la garantie que la ration de pain serait consommée par l'enfant, le Comité National décida qu'elle ne pourrait être délivrée qu'avec le repas scolaire et devrait être consommée à l'école (4 octobre 1917). Plus tard, il fut admis que les enfants âgés de trois à six ans et ne fréquentant pas encore une école, pourraient obtenir le repas scolaire et la ration supplémentaire de pain dans ime cantine spéciale. On autorisa également les enfants soignés dans les hôpitaux (7 février 1918) à recevoir le repas scolaire, l'hôpital étant, au point de vue de la distribution de ce repas, considéré comme une école. Dans les

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communes où le repas scolaire n'était pas organisé, la ration supplémentaire put néanmoins être distribuée aux enfants dans les écoles, gratuitement dans les écoles gratuites, contre paiement de 10 centimes au maximum dans les autres écoles.

Pour rendre la ration de pain supplémentaire des enfants plus appétissante et plus nutritive, le Comité National fit savoir aux Comités provinciaux qu'il leur ferait parvenir, sous forms de farine blanche, le blé nécessaire à la préparation des rations. Il les invita en outre à incorporer dans chaque ration 5 grammes de saindoux et une certaine quantité de sucre si l'autorité occupante consentait à leur en fournir à cette fin. Par cette adjonction de graisse et de sucre, la ration supplémentaire de pain des enfants put leur être distribuée sous la forme d'une sorte de pâtisserie qui fut généralement appelée la « couque scolaire ».

La fabrication de la couque, si celle-ci était consommée fraîche, présentait des difficultés dans les campagnes et exigeait, en toute hypothèse, un contrôle parfois d'une organisation malaisée. Certains Comités provinciaux ou locaux décidèrent de faire fabriquer des biscuits susceptibles d'une conservation assez longue dont on pouvait mettre des approvisionnements à la disposition des Comités locaux ou des chefs d'école. Vers la fin de 1917, par exemple, le Comité du Brabant entreprend la fabrication en régie d'un biscuit pesant 50 grammes qu'il cède aux Comités régionaux ou locaux qui en font la demande. En juin 1918, le Comité régional de Waremme, pour venir en aide aux communes rurales qui renonçaient à distribuer la couque scolaire faute de pouvoir se la procurer dans de bonnes conditions, charge deux boulangeries, l'une à Waremme, l'autre à Omal, de fabriquer une brioche composée de 50 grammes de farine de froment, de 20 grammes de farine de riz ou de maïs, de 5 grammes de saindoux et de 5 grammes de sucre. Ce produit de bonne conservation contenant 5.5 grammes d'albumine et ayant un pouvoir énergétique de 300 calories, fut adopté avec empressement par la plupart des Comités locaux.

Connaissant l'attrait que la farine blanche exerçait sur les consommateurs et les prix élevés que ceux-ci étaient disposés à payer pour en obtenir, le Comité National prescrivit aux Comités provinciaux d'organiser une surveillance sévère sur

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l'emploi de la farine destinée à la fabrication des conques scolaires et sur la distribution de ceUes-ci. Dans ses instructions du II octobre 1917, rappelées le 31 janvier 191S, il leur recommande de faire fabriquer les couques scolaires soit en régie, soit dans des boulangeries placées sous une surveillance spéciale.

Au mois d'avril 1918, environ 900,000 enfants recevaient la couque scolaire. A raison de 55 grammes de farine par ration, la fabrication des couques scolaires absorbait chaque mois environ 2,000 tonnes de farine.

Conformément au principe que les rations supplémentaires ne peuvent être cumulées, les enfants qui recevaient à l'école la couque, perdaient tout droit à la ration de 70 grammes accordée aux habitants nécessiteux. Exception était faite en faveur des enfants débiles pour lesquels la ration était de 140 grammes par jour. Cependant, comme il a été dit plus haut (p. 255), dans l'Agglomération bruxelloise tous les enfants fréquentant les écoles et dont les parents étaient inscrits à la soupe populaire, jouissaient de la double ration.

3. — Rations supplémentaires pour les femmes enceintes, les mères -nourrices et les malades.

Jusqu'à la mise en vigueur du règlement du 25 juin 1917, les Comités provinciaux qui jugeaient convenable d'accorder aux malades ou aux mères une ration supplémentaire de pain, en fixaient le poids à leur gré et prélevaient sur leur contingent de blé ou de farine les quantités nécessaires. Le règlement du 25 juin imposa à toutes les provinces un rationnement supplémentaire uniforme de 140 grammes de pain pour ces catégories d'intéressés. La ration était fournie aux femmes enceintes, aux mères-nourrices et aux tuberculeux ayant besoin de suralimentation par l'intermédiaire des œuvres qui s'occupaient de ces catégories de personnes ou sur le vu d'un certificat médical contrôlé par les médecins chargés de cette mission par les Comités provinciaux.

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