‹ L'alimentation de la Belgique par le comite nationalChapitre 144 sur 227 · RAVITAII.LEMENT DES HÔTELS ET RESTAURANTS · texte numérisé non relu

RAVITAII.LEMENT DES HÔTELS ET RESTAURANTS

les céréales, le Comité National se voit dans la nécessité de restreindre, par tous moyens, la consommation du pain aux strictes limites du rationnement.

Dans la réunion du 22 novembre 191 7, nous avions proposé aux Comités pro^■inciaux d'adopter le régime mis en vigueur dans la province de Liège pour le ravitaillement en pain de la clientèle des hôtels et restaurants.

Pour résoudre le problème du ravitaillement en pain, tant de la clientèle des hôtels et restaurants que des personnes qui se déplacent pour quelques jours sans aller au restaurant, le Comité National a décidé d'étabUr un régime de carnets de bons de paui variables dans toutes les provinces.

Le Comité National mettra à la disposition des Comités pro\dnciaux des carnets de 18 bons d'un sixième de ration chacun.

Ces carnets seront mis en dépôt dans les bureaux de pam ou chez les boulangers, là où ceux-ci déhvrent directement le pain aux consommateurs.

Moyennant 10 centimes, prix du carnet, les habitants pourront se procurer des carnets de bons en remplacement d'un nombre correspondant de rations de pain. •

Le porteur d'un carnet, lorsqu'il mangera à l'hôtel ou au restaurant, obtiendra en échange de chaque bon, un sixième de ration de pain.

L'hôteher-restaurateur, contre remise des bons recueiUis, pourra acheter au Comité local la quantité de pain correspondante.

Le porteur de carnets qui se déplace sans aller au restaurant, pourra acheter, contre remise d'un carnet complet, un pain de trois rations, dans les bureaux de distributions de pain ou chez les boulangers, suivant le régime de la locahté où il séjourne temporairement.

Dans les communes où l'on ne déU\Te pas de pain, il pourra obtenir la quantité correspondante de farine.

Pour les mihtaires et employés allemands qui mangent à l'hôtel ou au restaurant, il sera mis à la disposition des Comités provinciaux un carnet spécial comprenant un bon de trois rations de pain et dix-huit reçus d'un sixième de ration.

Les hôteUers-restaurateurs pourront se procurer ces carnets au Comité local, au prix de 50 centimes.

Pour chaque sixième de ration de pain déU\Té à un niiUtaire ou employé allemand, l'hôteher-restaurateur devra faire remphr et signer un reçu du carnet.

Contre remise du bon qui accompagne chaque carnet, il pourra obtenir trois rations de pain.

Les carnets de reçus, dûment remplis, seront retournés au Comité local qui ne déUvrera de nouveaux carnets qu'en échange des anciens.

Temporairement et à titre de mesure transitoire, il sera mis à la disposition des Comités provinciaux un carnet spécial pour le ravitaillement

en pain des clients des hôtels et restaurants qui ne seraient pas munis du carnet ordinaire.

Ces carnets comprenant un bon de pain de trois rations et dix-huit reçus d'un sixième de ration chacun seront mis à la disposition des hôtehersrestaurateurs, au prix de 50 centimes.

Pour obtenir un sixième de ration, le cUent devra rempHr et signer un reçu du carnet et verser une taxe de 50 centimes au profit de la caisse du Comité de Secours.

L'hôtelier-restaurateur pourra se procurer le carnet spécial au Comité local, au prix indiqué de 50 centimes et moyennant le versement du montant des taxes prévues, soit 9 francs par carnet.

Contre remise du bon qui accompagne chaque carnet, il pourra acheter au Comité local trois rations de pain.

Les carnets dûment remplis seront retournés au Comité local qui ne pourra en délivrer de nouveaux qu'en échange des anciens.

Dans tous les cas, l'hôteher-restaurateur ne pourra déUvrer à chaque cUent que les quantités de pain suivantes :

Deux sixièmes de ration au repas du matin. Deux sixièmes » » du midi.

Deux sixièmes » » du soir,

sans cependant dépasser le maximum de six sixièmes ou une ration entière pour la journée, lorsque le client prend sa pension complète.

Le Comité Nationa), en arrêtant ce projet, avait espéré que toutes les autorités allemandes montreraient le même esprit de conciliation que celles de Liège. Il n'en fut rien. Le texte des bons composant les carnets devait être approuvé par la censure. Dans certaines provinces l'approbation fut refusée, ce qui rendit impossible le fonctionnement général du système. Il fallut se contenter de l'introduire dans les provinces où l'autorité allemande le permit (i).

(i) L'opinion pubHque était en général très hostile à l'allocation de rations supplémentaires aux hôtehers et aux restaurateurs. Elle s'en exagérait l'importance et y voyait à tort une des causes principales de l'élévation du taux de la mouture. La Ligue contre l'accaparement et la falsification, par exemple, adressait le 18 mai 191 7 une requête au Comité National dans laquelle elle protestait contre la faveur accordée aux hôteliers « qui réalisent par ce moyen de gros bénéfices », et en demandait la snppression pour qu'on pût distribuer à l'avenir du pain gris, c'est-à-dire du pain fait avec de la farine blutée à 82 ou 85 %, au heu du pain complet, fait avec de la farine blutée à 97 %.

2"^e Section. — RATIONNEMENT DES PRODUITS AUTRES QUE LE PAIN

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