‹ L'alimentation de la Belgique par le comite nationalChapitre 146 sur 227 · P.\RT SPÉCIALE POUR RATIONS SUPPLEMENTAIRES · texte numérisé non relu

P.\RT SPÉCIALE POUR RATIONS SUPPLEMENTAIRES

ment saines et de valeur marchande. Le Comité National décida (27 janvier 1916) que dorénavant l'initiative ne serait plus laissée aux Comités locaux de décider si une denrée est avariée et s'H faut s'en débarrasser. Dans chaque cas, ce serait le Comité provincial qui, après une vérification et une expertise, prendrait sous sa responsabilité la décision qui lui semblerait s'imposer. Les Comités provinciaux eurent à faire chaque fois rapport au Comité National.

B. — Affectation d'une part spéciale des produits divers

A LA distribution DE RATIONS SUPPLÉMENTAIRES (NOVEM- BRE I916).

Au mois de novembre 1916, un changement notable fut apporté au système suivi jusqu'alors dans la répartition aux consommateurs des produits autres que le pain, par l'affectation aux œuvres de secours — aux soupes, suivant l'abréviation en usage — d'une partie déterminée de ces produits. C'était la condition mise par le Foreign Office à l'élargissement du programme des importations qu'avait sollicité le Comité National. En envoyant directement les vivres aux œuvres chargées de nourrir les indigents, le Foreign Office craignait moins qu'ils ne fussent remis à des personnes qui n'en avaient pas besoin, et ne parvinssent par l'intermédiaire de celles-ci aux troupes de l'occupant.

Pour assurer l'exécution exacte des instructions données par le Foreign Office à la C. R. B., les Comités provinciaux et locaux furent invités non seulement à tenir une comptabilité spéciale des vivres destinés aux soupes, mais à séparer dans leurs magasins ces vivres de ceux qui étaient destinés à la distribution générale.

Cette division des produits fut une source de difficultés presque insurmontables. Faute de bases précises, on ne parvint pas à calculer avec une approximation suffisante les besoins des provinces en vivres de chaque catégorie. D'ailleurs, eût-on pu le faire, que l'irrégularité des arrivages aurait bouleversé les programmes de distribution les plus exactement établis. A tout moment il fallait corriger la répartition pour mettre les approvisionnements de niveau dans les deux parties des entrepôts. Le 6 avril 1917, par exemple, le Comité de l'Agglomération

bruxelloise avertissait le Comité National qu'il n'avait pas assez de marchandises pour procéder le mois suivant aux distributions générales, tandis que le stock réservé aux « soupes » dépassait notablement les besoins. Il demandait l'autorisation d'opérer un transfert d'une catégorie à l'autre.

Le système présentait trop d'inconvénients pour être maintenu longtemps. Le Comité National ne pouvait le supprimer sans l'autorisation des puissances alliées, mais il en prépara la disparition par diverses mesures. Le 19 avril 1917, l'instruction suivante figura au procès-verbal de la réunion des délégués provinciaux :

Il est décidé qu'à partir du 19 avril courant au soir, les comptes ordinaires et alimentation populaire des Comités provinciaux seront fusionnés dans la comptabilité du Comité National; des extraits justificatifs seront fournis aux Comités à l'appui des transferts nécessités par cette opération.

Les dispositions nouvelles prises à ce sujet ne modifient en rien les instructions antérieures suivant lesquelles les marchandises importées pour les soupes doivent être entièrement séparées des stocks réservés aux distributions générales.

Nous insistons donc auprès des Comités provinciaux pour qu'ils continuent à emmagasiner séparémenf les importations destinées aux soupes et celles destinées aux distributions générales.

Un mois phts tard, la séparation dans les magasins des deux catégories de marchandises fut supprimée et ne subsista plus que dans les écritures des Comités provinciaux. A la réunion des délégués des Comités provinciaux du 24 mai 1917 le président du Comité exécutif déclara :

Dans le but de pousser à l'organisation et au développement des soupes et des œuvres d'alimentation populaire, le Comité National, d'accord avec la Commission for Relief in Belgium, a établi il y a quelques mois une séparation complète entre les vivres importés destinés à la distribution générale et les vivres importés destinés aux soupes et autres œuvres d'aUmentation populaire (i).

A la suite de cette mesure, les œuvres dont il s'agit et surtout les soupes

(i) Ce n'était pas là, on l'a vu, le vrai motif. Mais le Comité National ne. pouvait déclarer dans un document qu'il devait soumettre aux autorités allemandes, qu'il avait introduit la séparation des produits sur l'ordre du Foreign Office.

Page 1