‹ L'alimentation de la Belgique par le comite nationalChapitre 147 sur 227 · LA RATION DES NECESSITEUX · texte numérisé non relu

LA RATION DES NECESSITEUX

et les restaurants économiques ont pris dans tout le pays un très grand développement .

Tous les Comités sont aujourd'hui convaincus de la nécessité des œuvres d'alimentation populaire.

Il n'y a plus de raison de maintenir la séparation entre les vivres destinés aux soupes et ceux qui sont à répartir par les magasins de détail du Comité National.

Le Comité National décide donc que, à dater de ce jour, il n'y aura plus de distinction dans les magasins des Comités régionaux et locaux entre les marchandises desi:inées aux soupes ou à la distribution générale. Cette distinction n'existera plus que dans la comptabiUté ou dans les statistiques.

En cas de pénurie, les provinces furent en outre autorisées à emploT'er des marchandises « soupes » pour la distribution générale et inversement. En fait, la distinction établie en novembre 1916 n'existait donc plus. Elle fut formellement abrogée dans les écritures à partir du 30 septembre 1917.

Les produits importés sous la qualification « soupes » devaient servir en premier lieu à l'alimentation des soupes populaires, des soupes et repas scolaires, des œuvres d'alimentation de l'enfance, des cantines maternelles, des cantines pour enfants débiles, des dispensaires pour tuberculeux, etc. Le surplus, c'est-à-dire les quantités qui demeuraient disponibles après le prélèvement pour le service des soupes, était destiné à des distributions gratuites supplémentaires aux nécessiteux. Tous les nécessiteux indistinctement, chômeurs ou non-chômeurs, étaient admis à la répartition supplémentaire des vivres à la condition qu'ils fussent dans les conditions voulues pour recevoir la soupe populaire. Des exceptions pouvaient cependant être consenties dans les localités où, d'accord avec le Comité National, il avait été reconnu que l'organisation de la soupe populaire était irréalisable. Les personnes dans le besoin participant aux distributions de soupe non gratuites, devaient pour obtenir la ration supplémentaire, acquitter une redevance mensuelle de 50 centimes.

L'organisation nouvelle avait pour effet de créer en faveur des nécessiteux une ration spéciale qui s'ajoutait, à titre de supplément, à ce qu'ils recevaient auparavant. Par une voie détournée, elle introduisait dans le rationnement la distinction

déjà faite pour le pain entre les rations ordinaires destinées à tous les habitants, et les rations supplémentaires réservées aux habitants admis à recevoir l'aide des œuvres de secours.

Diverses circonstances s'opposèrent à l'application complète du nouveau mode de rationnement. Les adultes valides n'obtinrent en général comme ration supplémentaire que les denrées employées à la préparation de la soupe. Il n'en fut pas de même pour les enfants et les malades qui reçurent des suppléments alimentaires dont l'importance sera exposée au paragraphe suivant.

C. — Les BÉNÉFICIAIRES DE LA RATION SOUS LE RÉGIME DU RATIONNEMENT UNIFORME (OCTOBRE I917).

L'établissement du rationnement uniforme pour tout le pays au mois d'octobre 1917 (i), n'entraîna pas de changement dans les dispositions relatives à la distribution des rations, mais les classements qui existaient furent ordonnés d'une manière plus systématique. On distingua dorénavant d'une façon formelle les rations ordinaires attribuées à tous les habitants sauf à ceux qui, pour des raisons spéciales, étaient exclus du ravitaillement en certains produits (voir Htt. D), et les rations supplémentaires réservées aux personnes se trouvant dans les conditions prévues par les règlements du département des secours du Comité National. Il y eut six catégories de rations supplémentaires ainsi réparties : soupes, mères-nourrices et futures mères, enfants débiles, repas scolaires, tuberculeux, restaurants économiques.

On trouvera dans le rapport du département « Secours » l'indication des règles qui présidaient à l'octroi des rations supplémentaires. Il est nécessaire cependant de mentionner ici la réforme oj^érée, au mois de novembre 191 7, dans le mode de distribution des secours parce qu'elle entraîna une diminution considérable du nombre des habitants qui profitaient de la ration supplémentaire remise sous la forme de soupe populaire. Jusqu'au mois de novembre 1917, pour avoir droit aux allocations en argent ou en nature accordées par les œuvres de secours, il

(i) Voir page 23 1^^

Page 1