‹ L'alimentation de la Belgique par le comite nationalChapitre 151 sur 227 · PERSONNES EXCI,UES DE LA DISTRIBUTION · texte numérisé non relu

PERSONNES EXCI,UES DE LA DISTRIBUTION

La répartition égale entre tous les habitants, riches et pauvres, crée des situations parfois choquantes. On nous signale, notamment, que, dans certaines régions agricoles du pays, les fermiers qui élèvent des porcs qu'ils vendent très cher, s'alimentent en lard et en saindoux aux magasins du Comité National.

Ces actes ne sont pas, à proprement parler, contraires à nos règlements puisque, en principe, nous ravitaillons tous les habitants. ISIais s'il est vrai que nous avons à fournir le pain à tous, nous avons aussi le devoir de veiller à ce que certaines denrées que nous importons, quoiqu'on les trouve encore dans le commerce en Belgique, aillent à ceux qui en ont un réel besoin, c'est-à-dire à ceux qui ne peuvent plus se les procurer. Le lard et le saindoux importés doivent donc surtout être l'aUment des ménages nécessiteux ou momentanément dans la gêne.

Nous réitérons aux Comités provinciaux les instructions données précédemment de répartir les denrées qu'ils reçoivent entre leurs divers sous-comités, non pas d'après les chiffres de la population, mais plutôt d'après les cartes de ménage et mieux encore d'après les besoins réels de chaque région ou de chaque commune. Il y aurait même heu d'examiner s'il ne faudrait pas limiter la remise des cartes de ménage aux personnes les moins fortunées, c'est-à-dire à celles qui légitimement peuvent réclamer l'aide du Comité National pour se fournir des %-ivres qu'elles ne peuvent plus se procurer en raison de l'augmentation des prix et de l'insuffisance de leurs moyens d'existence.

La pubhcation d'un a^■is dans ce sens, faisant en même temps appel au bon esprit des gens aisés, aurait déjà pour effet d'écarter bon nombre de ménages qui ne se font aujourd'hui aucun scrupule de s'adresser à nos magasins de ravitaillement. Il suffirait ensuite de contrôler sommairement les demandes de cartes et de les refuser aux gens qui manifestement peuvent s'en passer, pour réduire la cUentèle de nos magasins et nous permettre d'augmenter la ration de chacun.

Il va de soi que la première mesure à prendre dans les provinces où la carte de pain sert en même temps pour les achats de denrées, serait de réserver cette carte exclusivement pour le pain et de créer une carte de ménage distincte suivant le modèle que nous avons adopté.

Nous serions désireux de connaître ^a^■is des Comités provinciaux sur ces points et nous les prions de nous le communiquer lors de notre prochaine réunion.

Plusieurs Comités provinciaux firent remarquer au Comité National combien il serait difficile d'établir une distinction entre les ménages dans le besoin et les autres. La gêne alimentaire commençait à se généraliser. Le prix des denrées sur le marché libre haussait : du mois d'octobre 1914 au mois de décembre 1915, l'augmentation pour la plupart d'entre elles dépassait 100 %.

Le nombre des budgets familiaux en déficit croissait tous les jours. Le Comité National reconnut le bien-fondé de ces obervations. Mais il estima avec le Comité du Hainaut qu'il y avait lieu d'adresser un appel au public pour inviter les personnes aisées à ne pas se ravitailler dans les magasins du Comité National. Il pria eu conséquence les Comités de faire afficher dans tous les magasins l'avis suivant (lo février 1916) :

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