CHAPITRE II LA RATION
] . — Période du rationnement par les Comités provinciaux.
Durant la première année d'existence du Comité National, le système du rationnement ne fut employé de façon générale que pour la distribution des secours gratuits. Tous les Comités qui organisèrent soit des soupes populaires, soit des œuvres d'alimentation, durent, par la nature des choses, fixer la ration qui serait attribuée à chaque client. Ils n'éprouvèrent pas pendant longtemps au même degré le besoin d'une réglementation semblable pour la vente des produits à la population non secourue. La seule précaution qu'ils durent prendre, fut de limiter la quantité de marchandises qui pouvait être remise en un seul achat à un même acheteur quand il s'agissait de produits très demandés, ou quand la différence entre le prix de ces produits aux magasins du Comité National et celui auquel les denrées similaires étaient vendues sur le marché libre, était de nature à provoquer leur accaparement par des spéculateurs. Dans les centres populeux on fixa, soit dès l'ouverture des magasins, soit après quelques mois d'exercice, la quantité de produits que chaque ménage serait admis à acheter durant une période de temps déterminée (semaine ou quinzaine) et l'on prit des mesures pour vérifier l'identité des acheteurs. Parfois cette précaution n'existait que pour certains produits, les plus recherchés. Dans beaucoup de communes rurales, on se borna à répartir les produits suivant les quantités dont on disposait.