MAXIMA IMPOSÉS PAR LE COMITE NATIONAL
quantités inférieures à un kilo, étaient largement compensés par la différence qui commençait à s'établir entre le prix des denrées vendues par les magasins du Comité National et celui auquel elles étaient cotées sur le marché libre. Dans ces conditions, le Comité National reconnut la nécessité de donner aux Comités provinciaux des conseils de prudence. Le 23 septembre 1915, il leur prescrivit de prendre des mesures pour la distribution régulière et équitable des denrées. Il leur ordonna d'établir le rationnement pour le lard et le saindoux, leur conseillant de procéder comme à Bruxelles oti l'on ne délivrait à chaque acheteur qu'vme petite quantité de ces produits. Ces recommandations n'ayant pas été observées partout, il les renouvela le 23 décembre suivant. Il conseilla à cette occasion aux Comités de ne pas distribuer plus de 250 grammes de riz par semaine et par tête d'habitant.
A dater de ce moment, le Comité exécutif intervint directement dans la fixation des rations. Par une décision du 5 janvier 1916, il limita la ration de lard et de saindoux réunis à i kilo par tête et par mois, et celle de riz à 1,250 grammes. Le 19 octobre 1916, il se vit obligé de réduire à 400 grammes par tête et par mois la ration globale de lard et de saindoux et, quelques mois plus tard (25 janvier 1917), d'abaisser à 500 grammes la ration de féculents. Quand les effets de la guerre sous-marine renforcée commencèrent à se faire sentir, la ration mensuelle par tête fut fixée à 400 grammes pour les féculents comme pour la graisse (24 mai 1917).
Durant les mois suivants les rations furent plus faibles et même pour certains produits furent d'importance dérisoire. En six mois, de mai à septembre 1917, la population bruxelloise reçut au total par tête 925 grammes de riz, 700 grammes de haricots, 1,200 grammes de lard et saindoux, 300 grammes de céréaline, 300 grammes de pâtes alimentaires, 50 grammes de crème de riz, 450 grammes de fromage, 400 grammes de café et 1,500 grammes de torréaline (malt-café), ce qui représente comme ration hebdomadaire pour les féculents 76 grammes et pour les graisses 46 grammes.
Dans la Flandre orientale, un rationnement différentiel fut établi au mois de mai 1917 d'après le caractère économique de
la localité habitée par le consommateur. La ration allouée aux habitants des communes rurales étant prise comme unité, les habitants des communes semi-industrielles reçurent cette ration augmentée de 25 %, ceux des communes industrielles reçurent un supplément de 50 % et ceux des centres industriels un supplément de 75 %.
Lorsqu'ils instituèrent le rationnement, la plupart des Comités l'établirent non pas par tête, mais par ménage. Ils classaient ceux-ci par catégories suivant le nombre des membres qu'ils comptaient. Ce système qui facilitait les opérations de la manutention, ne présentait pas d'inconvénients graves tant que les limites du rationnement dépassaient les besoins normaux. Mais comme, par définition, il exclut l'égalité dans les parts individuelles, il aurait dû disparaître au moment où les distributions commencèrent à demeurer en deçà des exigences les plus légitimes. Tout citoyen avait dès lors le droit de recevoir sa part entière et n'en pouvait être privé pour un motif aussi peu sérieux que les convenances des magasins de vente. Le Comité National, prêchant d'exemple, fixa toujours par individu le montant des rations et fréquemment dans la correspondance qu'il entretenait avec les Comités provinciaux, il les engagea à supprimer le rationnement par ménage. Ses conseils furent souvent écoutés. A Bruxelles, dès le mois de mai 1916, les rations furent fixées par tête, sauf pour certains produits, tels que la torréaline, le vinaigre, qu'il était difficile de répartir par portions individuelles. Néanmoins un certain nombre de Comités persistèrent à conserver jusqu'à l'introduction du rationnement uniforme, le rationnement par ménage. Il s'ensuit que dans certaines parties du pays la part attribuée aux habitants d'une même localité varia parfois notablement suivant l'importance du ménage dont ils faisaient partie. En règle générale, les ménages d'une ou de deux personnes étaient dans ce système les plus favorisés.
L'attribution d'une part déterminée des importations aux œuvres de secours coïncida avec l'intervention du Comité National dans le rationnement. Décidé à surveiller la répartition des rations ordinaires, le Comité National devait logiquement régler la distribution des rations supplémentaires qu'il