‹ L'alimentation de la Belgique par le comite nationalChapitre 158 sur 227 · MAXIMA DES RATIONS SUPPLEMENTAIRES · texte numérisé non relu

MAXIMA DES RATIONS SUPPLEMENTAIRES

créait. Dans les instructions qu'il donna sur cette matière au mois de novembre 1916, le département de Secours de qui la question relevait, ne détermina pas la quantité de produits exotiques qui devaient entrer dans la composition de la ration de soupe, parce que, en principe, celle-ci devait comprendre le plus possible de vivres indigènes. Il se contenta de prescrire aux Comités provinciaux de préparer la ration de soupe de façon que sa valeur alimentaire fût d'au moins 300 calories. Mais le Comité National limita la quantité de produits qui pouvaient être distribués gratuitement en même temps que la soupe à 500 grammes pour le lard et le saindoux, à 500 grammes pour le poisson fumé, à 500 grammes pour les féculents (riz, pois ou haricots), à 50 grammes pour le café. Les circonstances ne permireiît malheureusement pas, on l'a vu plus haut, de procéder à ces distributions supplémentaires d'une façon régulière, de sorte que cette réglementation perdit bientôt toute utilité.

Lors de l'institution des repas scolaires par un règlement général du 11 mai 1916, on ne limita pas la quantité de vivres exotiques qui pouvait leur être réservée parce que, dans ce cas également, il était recommandé aux organisateurs d'utiliser les vivres indigènes aussi largement que leurs ressources financières et les conditions alimentaires de la région le leur permettaient. Mais, le 13 juillet suivant, l'administration centrale soumit aux Comités pour les guider dans leur tâche un certain nombre de menus types. Le poids de vivres exotiques compris dans chaque ration d'un de ces menus est pour les féculents de 80 à 120 grammes, pour la graisse de 6 à 20 grammes, ce qui correspond à ime ration mensuelle supplémentaire de 2,500 à 3,600 grammes pour les féculents et de 180 à 600 grammes pour la graisse.

En faveur des tuberculeux, le règlement de 1917 prévit une ration supplémentaire de féculents de i kilo par mois et une ration de graisse de 1,500 grammes.

On peut, par ces données, mesurer les sacrifices que le Comité National s'imposa ou qu'il conseilla aux Comités provinciaux de s'imposer en faveur des nécessiteux, des malades et des enfants. Par l'addition aux rations ordinaires des rations supplémentaires, les nécessiteux pouvaient recevoir en 1917 plus de deux fois

autant de denrées importées que les autres habitants, les tuberculeux trois à cinq fois autant, les enfants une quantité qui n'était pas limitée, mais qui pouvait normalement atteindre huit à neuf fois le poids de la ration ordinaire. La pénurie des importations empêcha malheureusement souvent le Comité National de réaliser ses intentions généreuses et, lors de l'établissement du rationnement uniforme en octobre 1917, tenant compte du nivellement que la guerre avait opéré dans les conditions sociales, il dut, pour laisser quelque chose aux nonsecourus, restreindre un peu les largesses qu'il avait auparavant décidé de faire aux clients des œuvres de secours.

2. — Période du rationnement uniforme par le Comité National.

A. ' — Causes et portée de la réforme.

Dans la situation oti se trouvait la Belgique dès le milieu de 1916, l'abandon aux provinces du soin de régler le rationnement des produits divers présentait de graves inconvénients. La quantité de produits importés n'augmentait pas et les promesses toujours renouvelées d'une amélioration ne se réalisaient jamais. Cependant le nombre des personnes à ravitailler croissait parce que, d'une part, la catégorie de gens aptes à se suffire à eux-mêmes se réduisait de jour en jour et parce que, d'autre part, les personnes encore aisées qui, à la rigueur, auraient pu acheter les denrées nécessaires à leur alimentation ne renonçaient plus qu'exceptionnellement à des rations qui, dans le commerce libre, leur auraient coûté cinq fois, dix fois et même vingt fois pkis cher que dans les magasins du Comité National. Pour accommoder le mieux possible les charges aux ressources, il fallait centraliser celles-ci pour n'en distraire que la quantité strictement nécessaire à la satisfaction des besoins. Les provinces n'avaient aucun intérêt à se montrer parcimonieuses. Elles employaient, c'est naturel, toute la part qui leur était octroyée et l'on ne pouvait en aucune hypothèse les accuser d'être à l'excès généreuses, car, même chez les plus favorisées, les distributions étaient déjà à cette époque bien inférieures à ce que réclamaient les conditions de la vie. A ce premier défaut

Page 1