POIDS DES RATIONS SUPPLEMENTAIRES 3OI
ment à régler le rationnement dans son ressort. Il arriva aussi que par suite de l'irrégularité des importations ou des transports, le Comité National pour prévenir l'accumulation dans les magasins d'une trop grande quantité de marchandises autorisa les Comités à distribuer en dehors du rationnement régulier une partie de leurs stocks. Le 12 septembre 1918 par exemple, le Comité exécutif invita les Comités provinciaux qui disposaient de quantités suffisantes de café ou de cacao d'effectuer, le plus tôt possible, une ou plusieurs répartitions de ces denrées de manière à réduire leurs stocks. La même recommandation leur fut faite le 21 novembre, en prévision des arrivages abondants qui allaient suivre la fin des hostilités.
Pour ces motifs, le tableau du rationnement arrêté par le Comité exécutif qui est reproduit dans la partie du livre réservée aux annexes, ne coïncide pas d'une façon absolue avec le relevé des distributions effectivement faites dans les diverses provinces. Mais les différences portent surtout sur l'époque de la distribution. Elles sont insignifiantes en ce qui concerne la quantité de vivres distribuée.
1° Les soupes. — La quantité de produits exotiques qui pouvait entrer dans la composition des soupes populaires fut fixée le 4 octobre 1917 à 5 grammes de saindoux et à 25 grammes de féculents (riz, pois ou haricots) par ration, ce qui représente par mois une ration de 152.5 grammes de saindoux et 762.5 grammes de féculents. Les Comités locaux avaient à y ajouter des vivres indigènes achetés par eux en telle quantité qu'ils le jugeaient convenable. Les produits exotiques ne devaient pas nécessairement être distribués sous la forme de soupes. Au contraire, le Comité exécutif engageait les Comités provinciaux à employer pour la préparation de la soupe les produits indigènes dans la plus large mesure possible. « L'idéal, disait le président du Comité exécutif à la réimion du 22 novembre 1917, serait évidemment que seuls ces produits fussent utilisés pour la confection des soupes. » Mais ses conseils furent rarement écoutés ou par suite des circonstances ne purent être suivis. C'est ce
que constate le procès-verbal de la réunion des délégués provinciaux du 20 juin 1918 :
Il résulte des constatations faites par notre service d'inspection que, à part dans quelques rares régions du pays, il n'est pour ainsi dire pas utilisé de produits indigènes dans la confection des soupes. Les Comités locaux se bornent à employer les seules denrées importées qui sont fournies par le Comité National. Ce qui doit arriver dans ces conditions >se réalise : les secourus récriminent et se plaignent de la mauvaise qualité de la soupe, peu appétissante, claire, sans aucun goût, toujours la même.
Il est certain qu'avec un peu de borme volonté, les Comités locaux pourraient notablement améliorer l'ordinaire de la soupe en y introduisant notamment des vivres du pays ainsi que nous n'avons cessé de le recommander.
Cette façon de procéder s'impose d'ailleurs à raison du fait qu'il est indispensable de se montrer parcimonieux dans l'utilisation des produits exotiques.
2° Le repas scolaire. -— En uniformisant les règlements sur l'alimentation publique, le Comité National put intervenir d'une manière plus efficace qu'auparavant en faveur des enfants. I/CS instructions du 4 octobre 1917 allouèrent aux Comités locaux pour la préparation des aliments dans les écoles une ration journalière par tête de 10 grammes de graisse et de 20 grammes de féculents. La moitié environ de la graisse devait servir à la confection de la couque scolaire, l'autre moitié et les féculents à celle d'une soupe ou d'un autre mets au choix du Comité local. La quantité de cacao, de café et de torréaline qui pouvait être consacrée à la préparation d'un repas scolaire ne fut pas expressément déterminée. Les Comités locaux gardèrent sur ce point une certaine liberté d'appréciation. Ils continuèrent à régler à leur convenance le mode de préparation des rejDas en se guidant, s'ils le jugeaient bon, sur les menus t3T)es que leur avait soumis le Comité National.
Un nouveau régime fut établi en cette matière par les instructions du 26 septembre 1918 qui suppriment l'envoi aux provinces de féculents pour la préparation des repas scolaires et limitent ceux-ci à une couque et à un bol d'une boisson nourrissante. Ces instructions sont ainsi conçues :
Le Comité National, d'accord avec la Commission d'alimentation de l'enfance, a mis à l'étude la question de l'unification du repas scolaire, en vue d'arriver à instituer un menu uniforme dans tout le pays.