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LE REPAS SCOLAIRE

Actuellement, la composition du repas scolaire diffère de région à région, on peut même dire de commune à commune : ici, on donne de la torréaline, du cacao ou du lait, là, on sert de la soupe ou du bouillon, enfin, en certains endroits, la conque seule ou une tranche de pain est distribuée.

Cette situation amène des réclamations et des plaintes, le régime en vigueur dans certaines communes étant nécessairement supérieur à celui adopté dans d'autres endroits.

Nous avons donc décidé de procurer à tous les enfants fréquentant les écoles du pays, un repas représentant la même valeur nutritive partout et nous nous sommes arrêtés, d'accord avec la Commission d'alimentation de l'enfance et après avoir pris l'avis de médecins spécialistes, à la formule qui consiste à servir aux élèves une conque, une tasse de cacao au lait pendant quatre jours de la semaine et ime tasse de torréaline au lait pendant les trois autres jours.

Nous avons fait préparer à cette fin des produits spéciaux que le Stock général a déjà commencé à envoyer aux Comités provinciaux sous la dénomination de cacao spécial et de mélange torréfié.

Le premier est du cacao auquel on a ajouté une faible partie d'amidon pour donner du liant et de la consistance au breuvage. Nous avons pu, cette fois, y ajouter un peu de sucre, pour permettre aux Comités locaux d'employer une partie de leur lait non sucré. Mais à l'avenir, il ne nous sera peut-être pas possible de continuer cette addition. Par contre, nous avons recommandé à la C. R. B. de nous envoyer surtout du lait condensé sucré.

Le mélange torréfié contient du seigle, de l'orge, du maïs et du café torréfié.

Ces produits doivent être également employés pour préparer le breuvage à servir aux enfants des écoles en même temps que la couque scolaire. Seuls les Comités qui distribuent la couque scolaire ont droit à ces produits.

Les quantités de produits à utiliser pour chaque ration sont les suivantes :

Couque 50 grammes de farine,

5 grammes de saindoux, plus : 2 kilos de levure,

2 kilos de sel,

6 boîtes de lait,

jXDur 100 kilos de farine.

Cacao au lait 8 grammes de cacao,

25 grammes de lait condensé,.

-.250 grammes d'eau.

Torréaline au lait 10 grammes de torréaline,

15 grammes de lait condensé, 250 granunes d'eau.

Les denrées nécessaires seront fournies par notre département Alimentation.

Quant au lait condensé, il devra être prélevé sur les stocks des Comités. Toutefois, certains Comités ne disposant pas de quantités sufl&santes de lait condensé, c'est-à-dire sucré, il a été incorporé, ainsi qu'il est dit plus haut, une petite partie de sucre.

Il y aura donc lieu d'employer de préférence, pour la période octobrenovembre, la plus forte proportion possible de lait évaporé (non sucré) et de réserver le lait condensé (sucré) pour les mois suivants.

Les Comités pro\ànciaux sont priés de veiller à ce que les envois de mélange de torréaline et de mélange de cacao soient exclusivement réservés pour les besoins du repas scolaire et ne soient pas utilisés pour un autre usage.

En ce qui concerne la conque, nous prions les Comités provinciaux de veiller à ce que la distribution en soit générale, c'est-à-dire à ce qu'elle soit effectuée dans toutes les communes indistinctement. Les Comités qui ne comprendront pas la couque dans le menu du repas scolaire, ne pourront recevoir les produits spécifiés ci-dessus (cacao et torréaline).

Le menu du repas scolaire, tel qu'il est exposé ci-dessus, ne peut, sous aucun prétexte, être modifié ou changé par les Comités de secours. A partir du 15 octobre 1918, il ne sera d'ailleurs plus appUqué aucune quantité de féculents pour les besoins du repas scolaire.

Le Comité National inter\-iendra, à partir de la dite date, dans le coût des repas scolaires, à concurrence des 2/3 (deux tiers) de la dépense, avec maximum de quinze centimes par repas.

Nous insistons vivement auprès des Comités provinciaux pour que le nouveau régime soit appliqué dans toutes les communes à compter du 15 octobre 1918.

Une modification fut apportée à ces instructions le 3 octobre suivant.

D'après les essais auxquels il fut procédé au département d'Alimentation, le cacao spécial préparé pour les repas scolaires contenait une trop faible quantité de sucre. Comme le Comité National ne disposait pas de quantités suffisantes de lait condensé pour sucrer le breuvage au degré voulu, il fut recommandé aux Comités locaux de diminuer d'un tiers la partie d'eau à introduire dans le breuvage.La ration était réduite d'autant en volume, mais la qualité du breuvage était améliorée. On conseilla en outre à tous les Comités locaux d'inviter les enfants bénéficiaires du repas scolaire à se munir chaque jour d'un morceau de sucre destiné à sucrer leur tasse de cacao.

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