‹ L'alimentation de la Belgique par le comite nationalChapitre 163 sur 227 · CHAPITRE PREMIER CARACTÈRES GÉNÉRAUX DE L'ORGANISATION · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER CARACTÈRES GÉNÉRAUX DE L'ORGANISATION

La remise des denrées entre les mains du consommateur était de toutes les fonctions incombant au Comité National celle où l'adaptation des méthodes aux conditions locales était le plus nécessaire, celle, par conséquent, où les organismes directeurs locaux avaient besoin de la liberté la plus étendue. L'intention première du Comité exécutif fut d'appliquer en cette matière plus strictement encore qu'en aucune autre, le principe de la décentralisation qu'il avait adopté comme base de toute sa politique. Il exposa nettement à la C. R. B. sa façon de voir à cet égard à propos d'un projet de règlement qu'elle lui avait soumis au nom d'un de ses délégués. La lettre qu'il lui écrivit le 8 février 1915 est ainsi conçue :

Nous avons bien reçu votJe lettre par laquelle vous nous remettez copie d'une communication du délégué local du Brabant, préconisant d'étendre à toutes les provinces l'usage des bons mis en vigueur dans la province de Brabant.

Nous avons prise onnaissance de cette communication avec un vif intérêt, mais nous devons vous faire remarquer que le principe de décentralisation adopté par le Comité National de secours et d'alimentation permet difficilement d'imposer un système uniforme de secourir les indigents dans les diverses provinces. Il nous semble que la matière doiit il s'agit est précisément l'une de celles qui rentrent le mieux dans la compétence des Comités provinciaux. Le mode adopté pour secourir les indigents doit pouvoir varier d'après les circonstances locales. Ainsi par exemple à Bruxelles, où les indigents reçoivent gratuitement des bons de soupe, de pain ou de charbon, il n'est pas nécessaire d'avoir recours

à un système leur permettant de recevoir des fèves, des pois, du lard, etc. Quoi qu'il en soit, nous reconnaissons volontiers les qualités du système mis en vigueur dans le Brabant et nous ne voyons aucun inconvénient à ce que vos délégués auprès des divers Comités pro\-inciaux en recommandent l'usage dans leurs districts respectifs s'ils constatent que le système adopté par le Comité provincial laisse à désirer.

Avec le temps, le Comité exécutif dut se départir de cette réserve dans laquelle au début il désirait se maintenir. Pour réprimer des abus, assurer le respect des engagements pris vis-à-vis des puissances étrangères ou de l'occupant, éviter des inégalités trop grandes entre les diverses parties du pa3's, il dut intervenir dans l'organisation du débit des aliments. Parfois il se borna à donner aux Comités provinciaux et locaux des avis ou des conseils, parfois il leur imposa certaines méthodes d'organisation. A mesure que la centralisation s'accentua, ces cas d'intervention directe se multiplièrent. Par la nature des choses les mesures prises furent différentes pour le pain et pour les autres denrées. Il convient de les exposer en des paragraphes distincts.

Page 1