Contrôle de la distribution
Pendant sa première année d'existence, le Comité National laissa aux Comités locaux autant de liberté dans la vente de ces produits que dans celle de la farine et du pain. Les consommateurs inscrits aux cantines, les clients des « soupes », recevaient en général leur ration de produits de grande consommation à la cantine même et le contrôle se faisait pour eux en même temps que celui de la distribution de la soupe. Pour les autres produits.
ces consommateurs privilégiés étaient soumis au même régime que les autres et s'approvisionnaient dans les mêmes magasins que ceux-ci.
Dans les villes et les' agglomérations industrielles, l'affluence du public aux magasins où se débitaient les produits importés par la C. R. B. obligea bientôt les Comités dont ces magasins dépendaient, de prendre vis-à-vis des acheteurs certaines garanties. En règle générale, ils leur imposèrent l'obligation de se munir d'une carte indiquant leur domicile et la composition de leur ménage. Parfois ils n'exigeaient pas la présentation de la carte pour l'achat de produits peu demandés et dont ils désiraient se défaire rapidement. A Bruxelles, par exemple, le magasin ouvert rue des Colonies, 66, le i8 mars 1915, pour la vente des conserves américaines, remettait les produits à tout venant, alors que dans les autres magasins dépendant du même Comité la production de la carte de ménage était déjà obligatoire. La seule restriction mise à la liberté de la vente dans ce magasin, c'est qu'on ne délivrait à une même personne à chaque achat qu'une quantité limitée de marchandises.
Dans les campagnes les Comités locaux ne prirent souvent aucune mesure de contrôle.
L'absence et l'insuffisance du contrôle donnaient beau jeu aux accapareurs. Il ne leur était pas difficile d'obtenir en accumulant les rations que leur procuraient des intermédiaires complaisants, une quantité plus ou moins considérable de produits importés par le Comité National. Pour combattre ce trafic qui lui avait aliéné la confiance des Gouvernements alliés, le Comité National engagea les Comités provinciaux à introduire partout la carte de ménage, offrant de fournir gratuitement ces cartes aux Comités qui en feraient la demande (25 novembre 1915). Ce conseil n'ayant pas été entendu partout, le Comité le transforma en ordre. Le 13 janvier 1916, il communiquait aux délégués des Comités provinciaux l'instruction suivante :
Revenant sur nos instructions antérieures au sujet du rationnement et du contrôle de la répartition des vivres importés, le Comité National décide de rendre obligatoire la carte de ménage par tous les Comités provinciaux.
Aucun vivre ne pourra être remis à qui que ce soit, sinon suivant le