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CONTROLE DE LA DISTRIBUTION

Tous les détenteurs de cartes dont l'irrégularité à ce point de vue sera constatée au cours du contrôle qui conunencera dans quinze jours, seront déférés aux tribunaux.

Il conseilla en outre aux Comités de s'aider dans la chasse aux abus du contrôle mutuel qui s'exerce publiquement. Il leur recommandait à cette fin, comme particulièrement efficaces, les trois mesures suivantes :

1° Placer à la fenêtre de chaque maison une affichette indiquant le nombre de personnes ravitaillées. De cette manière, les voisins se contrôlent entre eux. Ce mode de surveillance a fait rapidement disparaître, là où il a été employé, les fraudes ou abus. Il est malheureusement d'application difficile dans les grandes agglomérations ;

2° Classer les ménages d'après le nombre des personnes qui les composent. Lors de la distribution des denrées, les ménages d'une personne, puis de deux, de trois, de quatre personnes et ainsi de suite sont servies successivement. De la sorte, si un ménage se range indûment dans une série supérieure à la sienne, il doit craindre que les voisins ne s'en aperçoivent et ne dénoncent l'abus;

30 Déposer au magasin de débit la liste des méages qui s'y approvisionnent. La liste dressée par rue indique la composition de chaque ménage. Elle est mise à la disposition des clients du magasin qui ont ainsi la possibilité de constater et de signaler les inexactitudes dans le nombre des personnes inscrites.

Parmi les moyens que le Comité National préconisa pour empêcher le trafic frauduleux, figure celui de remettre les produits aux consommateurs sous une forme qui empêche leur revente. Au mois de janvier 1917, le Comité National décida de l'appliquer aux distributions gratuites. Dans xme instruction du 4 de ce mois, il s'exprime comme suit :

On nous signale que le trafic du riz, des pois et des haricots a repris de divers côtés. Des mesures ont été immédiatement prises pour le faire cesser, mais en attendant nous prions les Comités provinciaux de limiter leurs ventes de riz, de pois et de haricots au strict besoin de la population et de surseoir jusqu'à nouvel ordre à toute distribution gratuite de riz, pois et haricots aux clients des soupes. Ces produits expédiés sous la mention a Soupe » ne pourront donc être distribués que dans les soupes ou sous

3l8 REMISE DE LA RATION AU CONSOMMATEUR

forme de mets préparés. L'excédent sera tenu en réserve par les Comités en attendant que nous puissions leur donner d'autres instructions.

Nous invitons les Comités à examiner la question de la distribution du riz, des pois et des haricots sous forme de mets préparés qui seraient remis aux nécessireux deux ou trois fois par semaine et de nous communiquer leurs propositions.

Pour le moment, en effet, nous ne voyons pas d'autre solution aux difficultés que nous signalons.

Le Comité National fit connaître en même temps aux délégués des Comités provinciaux la méthode employée à Gand pour empêcher la revente du riz : le grain est trempé dans l'eau froide, ce qui ne permet pas de le conserver pendant plus d'une quinzaine de jours.

Certains comités appliquèrent avec rigueur les instructions. Celui de Gand notamment cessa depuis cette époque de remettre aux clients des soupes populaires des féciilents crus. Il employa à la confection de la soupe la ration ordinaire et supplémentaire de féculents. Ailleurs on négligea de prendre les mesures conseillées ou, après les avoir décidées, on ne les appliqua pas. Ce fut par des procédés de travail industriel ou d'emballage que le Comité National s'efforça principalement dans la suite de donner aux produits qu'il distribuait un aspect qui permit de les distinguer de tous les autres. Les services de la manutention arrivèrent dans cette voie à des résultats excellents.

Lorsque le Comité National traça les règles du rationnement pour le lard et le saindoux (19 octobre 1916), il institua une carte spéciale pour le contrôle de la distribution. Les Comités donnèrent à cette carte la forme qui leur convint en s 'inspirant cependant d'un modèle que leur proposa le Comité exécutif.

2. — Agencement des magasins des Comités et des locaux de distribution.

L'agencement des magasins et des locaux de distribution paraît à première vue une matière que l'on peut sans inconvénient abandonner sans partage aux autorités locales. Elles sont les premières à subir les effets d'une organisation défectueuse. Devix circonstances cependant obligèrent l'organe central à donner à son sujet des instructions ou des conseils aux Comités

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