CHAPITRE IV LES SOURCES D'APPROVISIONNEMENT
Le caractère économique que la guerre prit dès ses débuts,, obligea le Comité National à compter presque exclusivement pour l'alimentation de la Belgique en produits étrangers sur ce que lui fourniraient les paj's d'outre-mer. L'Allemagne, menacée dans son existence, n'ayant pour vivre que les produits de son sol, n'était pas disposée à en céder la moindre part à la Belgique, .quelque prix que celle-ci lui en offrît. Elle ne lui livra guère que du sel et quelques matières fertilisantes. Le Danemark et la Suisse, pays neutres, grands exportateurs de laitage, de viande et de graisse, n'auraient certes pas refusé, dans la mesure où le leur aurait permis l'Entente, d'acccrder à la Belgique ime part
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privilégiée dans leurs exportations. Mais pour réaliser le transport, il fallait le concours de l'Allemagne; or, ce concours on ne pouvait l'espérer, car en l'accordant l'Allemagne se serait privée d'ime portion des produits que ses deux petits voisins étaient à même de lui fournir et aurait imposé une charge supplémentaire à ses voies ferrées déjà encombrées. Dans le courant du mois de décembre 1914, sur l'initiative du ministre de »Suisse à Bruxelles, la Société le Bon Grain, de Morlanwelz, offrit à la Commission for Relief in Belgium de contribuer, parallèlement au Comité National, à l'alimentation des populations belges. Ce concours devait se traduire par une importation hebdomadaire de marchandises suisses d'une valeur de 200,000 francs. La Commission for Relief accueillit favorablement la commmiication de ce projet que les autorités militaires allemandes paraissaient disposées à seconder. Le Comité National montra ime certaine réser\'e. Il craignait que l'intervention du Bon Grain ne nuisît à l'égalité dans la répartition des vivres et ne fût une source de conflits. Le projet ne se réalisa i)as et la Suisse se borna à envoyer des victuailles, en quantités restreintes, à ceux de ses nationaux qui habitaient la Belgique.
La difficulté des transports, qui devait faire échouer tout essai de ravitaillement par la Suisse ou le Danemark, n'existe pas en ce qui concerne la Hollande. C'est par ce pays que passaient toutes les marchandises expédiées d'outre-mer à destination de la Belgique et il était aisé d'ajouter aux chargements de produits exotiques, des produits d'origine hollandaise. Plus riche encore en bétail que le Danemark et la Suisse, en possession d'une marine relativement puissante, la Hollande eût occupé une place importante dans le ravitaillement de la Belgique, si elle avait pu fournir à sa voisine tout le surplus de produits qu'en temps de paix elle exporte. Mais deux circonstances l'en empêchèrent. La première fut la nécessité où elle se trouva de bonne heure, comme tous les autres paj's de l'Europe, de réglementer l'exportation des produits alimentaires pour conserver à ses habitants des réserves suffisantes. Le second obstacle furent les comi^étitions de l'Angleterre et de l'Allemagne. Accusée de manquer à ses devoirs de neutre si elle vendait plus de vivres à un pays qu'à l'autre, la Hollande fut obligée d'organiser administrativement le com-