SOURCES D APPROVISIONNEMENT I
merce extérieur pour tenir la balance égale entre ses deux dangereux voisins. Parfois la Belgique profita de la rivalité angloallemande : elle reçut une part des produits réservés à l'Angleterre que l'insécurité des routes maritimes empêchait celle-ci d'exporter de Hollande. Un arrangement à ce sujet intervint avec l'Angleterre à la fin de 1916 et, en janvier 1917, avec le Gouvernement allemand.
Par suite de ces circonstances, l'importation hollandaise ne put prendre un grand développement et les denrées reçues en Belgique l^rovinrent presque exclusivement des pays d'outre-mer, spécialement des États-Unis où elles étaient acquises par les soin^ de la Commission for Relief in Belgium.
Toute la partie du travail du ravitaillement qui s'accomplissait hors des frontières de la Belgique échappait à la compétence du Comité National. Il n'y collaborait qu'en établissant de concert avec la Commission for Relief in Belgium le programme de l'importation. Il n'appartient donc pas à un ouvrage consacré au Comité National d'exposer d'où vinrent les marchandises, comment elles furent acquises et comment elles furent transportées à Rotterdam pour y être de là réparties en Belgique. I^a Commission for Relief in Belgium décrira sans nul doute quelque jour l'œuvre immense qu'elle accomplit (i). Il suffira ici d'attester l'habileté, le zèle et le souci des intérêts belges de ceux qui s'employèrent à cette partie si ardue du ravitaillement. Il y eut certes des méconqotes. Plus d'une cargaison arriva avariée en Belgique que, dans l'état d'indigence
(i) Le dernier rapport publié par la Commission for Relief in Belgium sous le titre Balance sheets and accounts, embrasse les opérations effectuées depuis le mois d'octobre 1914 jusqu'au 30 septembre 1920 et couvre donc la période de quatre années qui va de novembre 19 14 à novembre 1918 durant laquelle le Comité National agit comme organe indépendant, puis celle de 22 mois où le ravitaillement fut fait par le Gouvernement belge. Aucune séparation n'est d'ordinaire faite dans les tableaux statistiques entre ces deux périodes, de sorte que les chiffres n'en peuvent être utilisés pour illustrer l'activité du Comité National. Souvent aussi les renseignements donnés concernent à la fois la Belgique et le nord de la France qui, au point de vue de la Commission for Relief in Belgium, ne formaient qu'un seul territoire à ra%'itailler.
l8 MODES d'ACOUISITION
où l'on était, on dut néanmoins utiliser à l'alimentation humaine. Le peuple trouva parfois un goût bien amer au morceau de pain que le Comité National lui donnait. Il était impossible, dans les conditions défectueuses où s'effectuaient les achats et les transports par mer, d'éviter ces accidents, mais ils restèrent des exceptions. I^a mauvaise qualité du pain fut due plus souvent au blé indigène qu'au blé exotique. Presque toujours, les produits expédiés furent de la qualité la meilleure que l'état des marchés permit d'obtenir et parfois cette qualité fut telle qu'elle valut au Comité National les éloges des industriels chargés de préparer les produits pour la consommation.