MODES D'ACQUISITION ET MONTANT DES DÉPENSES
Le ravitaillement de la Belgique fut envisagé, à ses débuts, comme une œuvre de bienfaisance. I<e Gouvernement national, réduit à la possession de quelques cantons, ne pouvait prêter à ses sujets de la zone occupée une aide bien efficace. Les réquisitions de l'armée allemande, ses actes de pillage, les destructions de villes opérées systématiquement par elle, les ravages inévitables des combats, tous ces faits connus à l'étranger, soit par les moyens ordinaires d'information, soit par la propagande qu'avaient organisée la Commission for Relief in Belgium et d'autres Comités belges ou étrangers, avaient suscité dans le monde une émotion intense. Comme d'ordinaire, l'imagination grossissait encore l'importance des désastres subits par la Belgique et, au dehors, l'on se représentait fréquemment ce paj's comme une région entièrement dévastée où les vivres faisaient complètement défaut. La générosité des nations étrangères ne se traduisit donc pas seulement par des dons en numéraire, mais par l'envoi de dons en nature qui devaient permettre de