‹ L'alimentation de la Belgique par le comite nationalChapitre 200 sur 227 · BRABANT · texte numérisé non relu

BRABANT

M. Prévost. — Nous avons eu environ 100,000 évacués jusqu'à présent. Mais le dénombrement est difficile parce que les colonnes, avant d'entrer dans le Brabant, n'ont pas suivi les itinéraires annoncés. De plus, après les huit premiers jours, les soldats laissent aller librement et les honunes arrivent en avant, les femmes et les enfants viennent plus tard.

Nous avons deux grandes routes : l'une par Hérinnes, Tubize et Brainel'Alleud, l'autre par Nivelles.

C'est surtout à Nivelles qu'il y a eu encombrement. Par la première route, il en est passé environ de 30 à 40,000; mais par Nivelles, de 40 à 50,000.

De Nivelles, on les dirige par deux voies : d'une part : Vieux-Genappe, Grez-Doiceau, Jodoigne et Tirlemont; d'autre part : Sombrefîe, Gembloux, Eghezée ou Sombrefîe et Mazy.

M. Van Maasdyck. — Pourquoi vont-ils de Nivelles à Tirlemont, au lieu de venir à Bruxelles?

M. Van BrêE. — C'est l'itinéraire imposé par les Allemands.

M. Van Maasdyck. — Nous pourrions, je pense, obtenir de les amener à Bruxelles. J'ai été rapporter la description que l'on m'avait faite de la situation à Nivelles et l'on a téléphoné tout de suite à Bruxelles de mettre des trains à notre disposition pour transporter 6,000 hommes de Nivelles à Bruxelles. On l'a accordé parce que j'ai fait valoir qu'il y avait là toutes les prostituées de Valenciennes et que les soldats allaient risquer d'être infectés.

Pourquoi faut-il faire aller ces évacués de Nivelles à Tirlemont au Ueu de les amener par Bruxelles?

M. Van BréE. — Les ordres étaient formels; ils devaient aller par là parce qu'ils devaient rester dans le territoire de la 17^ armée.

M. Van Maasdyck. — C'était bon alors que l'armée allemande était encore organisée conmie elle l'était; mais actuellement, il n'en est plus de même. Pourquoi ne pas faire l'essai?

M. Van BréE. — On a commencé aujourd'hui, M. Van Gend s'est chargé d'organiser le transport de 4 à 500 personnes, de Nivelles à Mont- Saint-Jean où elles auront le tram. Mais dans tout Bruxelles, même en payant 250 francs par jour, il n'a trouvé que quatre camions à deux chevaux. Tout a été réquisitionné par les Allemands pour leurs déménagements. Nous avons demandé les six camions automobiles du Département de Secours.

La seule solution pratique serait d'évacuer tout ce contingent de Nivelles par le train; par la route c'est à n'en pas finir.

M. Prévost. — On a mis à leur disposition des wagons ouverts.

M. Van Maasdyck. — Pourquoi les mène-t-on à Saint-Trond?

M. Van BréE. — Une fois à Saint-Trond, le plus fort est fait, là ils auront le vicinal.

360 RAVITAII^LEMENTS SPÉCIAUX

Le tort qu'on a eu, c'est de ne pas les envoyer par Bruxelles et de leur faire faire cette longue route par Nivelles et les provinces de Namur et de Liège.

On ne sait de quoi sera fait demain, mais je suis toujours sous cette impression d'il y a quinze jours que si ces gens avaient pu se loger dans les villages du sud de Brabant, c'eût été un bien, car ils étaient moins loin de chez eux.

Les héberger à Bruxelles, au point de vue du logement est bien plus difficile qu'à la campagne : les maisons de \dlle ne se prêtent pas aussi bien que les fermes à loger ces gens avec leurs bagages.

Lorsqu'on se borne à des transports normaux et si l'on dispose de chariots, l'exode n'est pas si pénible; mais lorsque, par des routes d'une capacité de 1,500 personnes on veut faire passer 3,000 personnes, il y a encombrement et le trajet devient extrêmement pénible.

M. Prévost. — Le ra\dtaillement s'effectue très bien dans le Brabant, les évacués ont eu largement tout le nécessaire.

C'est à Nivelles que l'état sanitaire laisse à désirer, par suite du manque de logements. L'autorité avait réquisitionné tous les locaux et donné l'ordre formel de ne pas recevoir d'évacués pour héberger des officiers qui étaient attendus. Il y a eu assez bien de morts à Nivelles, une centaine environ et 20 à 30 à Ottignies, tous de pneumonie, la plupart des \-ieillards.

A part cela, le logement s'effectue assez bien. Il n'y a que près de Genappe, que nous avons eu une situation extrêmement difficile, dans une commune très petite nous avons eu des malades à héberger.

Mardi dernier, on annonçait 500 malades venant de Soignies. On a réquisitionné le château Crombez, à Limelette, et l'on a fait venir des médecins de Bruxelles.

M. Van Maasdyck. — Avez-vous eu de l'aide des autorités allemandes?

M. Prévost. — Non, nous n'avons jamais eu aucune aide des Allemands.

M. Van îklAASDYCK. — Le chef a dit qu'on a donné des instructions pour que la Croix-Rouge allemande s'occupe des évacués.

M. Van BréE. — Nous n'y verrons certes aucun inconvénient et il est bien dommage qu'on ne l'ait pas fait plus tôt.

M. Baetens. — Il ne manque de médicaments nulle part. C'est toujours le logement, l'abri et le couchage qui font défaut. {Assentiment.)

M. Van Brée. — A Nivelles, il a été créé une organisation ; il ne s'agirait évidemment pas d'abandonner nos locaux à la Croix-Rouge allemande; mais si la Croix- Rouge allemande veut hospitaliser une partie des malades, nous en serons enchantés.

M. Roi,i<AND. — Ne comptez pas sur l'aide de la Croix-Rouge : à Mons, les hôpitaux allemands sont hbres et pas un seul évacué n'a pu y entrer,

M. Van Brée. — Peut-être qu'à la suite de la visite de M. Van Maas-

dyck, ils auront donné des ordres et qu'à l'avenir la Croix-Rouge et les hôpitaux seront à votre disposition.

Quelles sont les étapes au départ de Nivelles?

M. Prévost. — Par la première route, les étapes successives sont : Genappe, Grez-Doiceau, Jodoigne, Tirlemont. De là, ils vont à Saint- Trond.

Par l'autre route : Houtain-Leval, SombrefEe, Gembloux, Grand-Leez ou d'autre part : SombrefEe, Mazy, Saint-Denis, Éghezée, Wasseiges.

Nous avons encore eu une autre colorme venant de Tubize et allant par Braine-l'Alleud vers Louvain et Aerschot où ils sont restés. Ces évacués venaient des environs de Lille.

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