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LES POMMES DE TERRE

t aires de provenance indigène que le Comité National devrait remplacer par des achats à l'étranger. « Le gouvernement impérial, écrivait -il le 9 mars 1915 au gouverneur général, a donné l'assurance qu'aucune des marchandises qui doivent être remplacées par des acquisitions de notre part ne peut être réquisitionnée. Et comme notre Comité importe aujourd'hui du froment, des avoines, du seigle, des pommes de terre, des tourteaux, des pois, des viandes conservées, du lait, etc., en somme, tous les aliments que produit notre sol, on peut en déduire que la déclaration que nous demandons aujourd'hui à ^'otre Excellence n'a d'autre portée réelle que de confirmer, en les synthétisant, les garanties dont notre Comité jouit à l'heure actuelle. » Cette démarche, si elle avait abouti, aurait grandement facilité la tâche du Comité National. Il aurait pu diminuer la quantité de vivres achetés à l'étranger en utilisant mieux qu'on ne l'avait fait jusqu'alors les ressources indigènes et, en constituant des réserves, parer aux irrégularités des arrivages par mer. Mais le gouvernement général déclara qu'il ne pouvait « se rendre à l'opinion du Comité National que tous les produits, en général tirés du sol belge, figuraient dans la liste des produits importés et, par conséquent, ne pouvaient plus être réquisitionnés. Spécialement, qu'il n'était pas à sa connaissance que l'avoine, la paille, le foin, les pommes de terre, les légumes frais et le sucre fussent importés en telles quantités que l'interdiction de saisie dût s'étendre à ces objets ». (Dépêche du 12 mars 1915.)

En février 1915, le Comité National, qui rencontrait de grandes difficultés à se procurer des pommes de terre à l'étranger, tenta d'en acheter dans les Flandres et la province de Luxembourg, où elles étaient très abondantes, pour les envoyer dans les grands centres de population où l'on en manquait. En attendant leur expédition, les quantités achetées devaient être placées en magasin ou laissées en silo. Il était prescrit d'apposer sur les lieux de dépôt une déclaration spécifiant que les produits emmagasinés étaient la propriété du Comité National. Au début de mars, le Comité provincial du Luxembourg avait acheté 300 wagons de pommes de terre pour le compte du Comité National ; celui de la Flandre orientale avait fait charger plusieurs bateaux à destination de la province de Hainaut. Mais les

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autorités militaires refusèrent de laisser sortir du territoire d'étape les pommes de terre destinées au Hainaut. Quant à celles achetées dans la province de Luxembourg, elles pouvaient^ en principe, être librement exportées vers d'autres provinces; néanmoins les fonctionnaires allemands s'opposèrent à leur transport. A la demande du Comité National, le gouverneur général, par un ordre du 21 mars 1915, défendit aux chefs de district {Krcischcjs) d'exercer aucun contrôle sur le trafic des pommes de terre dans la province de Luxembourg. Le gouverneur du Luxembourg affirma, de son côté, que l'exportation des pommes de terre était libre et que les règlements faits par les chefs locaux pour empêcher la spéculation étaient abrogés. (Lettre du 3 avril 1915.) Malgré ces assurances formelles, il résultait des explications verbales données au Comité National par les fonctionnaires supérieurs allemands, que les Krcischcjs gardaient néanmoins une surveillance générale sur les achats et les exportations de pommes de terre et pouvaient donc, en fait, interdire de les envoyer hors de leur circonscription.

Pendant ces pourparlers qui avaient duré plus de six semaines, des conflits avaient surgi entre le Comité du Luxembourg et les vendeurs. Ceux-ci refusaient de lui livrer la marchandise au prix convenu, à raison des offres plus avantageuses qui leur étaient faites. Plusieurs Comités, à court de vivres, avaient simultanément envoyé des acheteurs dans le Luxembourg; ils s'y faisaient la concurrence, ce qui avait amené une forte hausse des prix. Pour mettre fin à ces difficultés, le Comité National engagea tous les Comités qui avaient besoin de pommes de terre à s'adresser pour leurs achats au Comité du Luxembourg (25 mars 1915). Celui-ci fit de son mieux. Il reconnut qu'il ne pourrait empêcher la hausse des prix s'il n'avait le monopole de l'exportation des pommes de terre de la province. Il tenta de se le procurer par ses seules forces et ordonna aux communes de lui réserver les pommes de terre produite sur leur territoire, à peine, en cas de refus, de ne plus recevoir de farine exotique. L'emploi de ce mo^'en d'intimidation provoqua une demande d'explication de la part de l'autorité allemande qui interdit au Comité National et à ses sous-organes de porter aucune atteinte

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