PÉRIODE DES EXPÉDIENTS
Au début de ce mois, le Comité eût été dépourvu de ressources si le président de la Commission for Relief in Belgium n'avait obtenu du Gouvernement hollandais un prêt de 20,000 tonnes de farine. Ce fut le dernier expédient nécessaire pour franchir la période de mise en train. Durant le mois de décembre, l'ensemble des cargaisons entrées à Rotterdam n'atteignit que 52,000 tonnes. Mais les perspectives pour les mois suivants étaient excellentes. De fait, la Commission for Relief in Belgium reçut en janvier 75,000 tonnes de vivres, en février 77,000, en mars et en avril 104,000. Le ravitaillement régulier de la Belgique paraissait assuré.
En attendant l'arrivée des blés d'importation, le président de la Commission for Relief in Belgium, inquiet de la situation qu'il avait constatée en Belgique, avait fait demander télégraphiquement de Rotterdam au gouverneur général, « de bien vouloir ordonner aux différents commandants de mettre à la disposition des Comités provinciaux, à titre de prêt, les vivres nécessaires, à la condition que la Commission for Relief in Belgium les restitue dans les trente jours ». A la suite de ce télégramme, les autorités allemandes, en plusieurs régions du pays, cédèrent aux Comités provinciaux des vivres qu'elles prélevèrent en général sur les approvisionnements qu'elles avaient constitués par voie de réquisition ou de saisie. Quelques commandants firent spontanément des avances directes aux communes. Mais la Commission for Relief in Belgium, craignant que ces opérations menées en dehors d'elles ne lui imposassent des obligations auxquelles elle ne pourrait faire face, avertit les Comités provinciaux, par l'intermédiaire du Comité National, le 24 décembre 1914, qu'elle avait prié les autorités allemandes de ne plus autoriser d'avances alimentaires. Parmi les prêts les plus importants figurent ceux qui furent faits à la ville de Saint-Nicolas et à la commune de Gheel. Ils se montaient l'un et l'autre à 40,000 kilogrammes de farine. Malines reçut 120,000 kilogrammes de céréales, Spa, 20,000 kilogrammes de farine et 10,000 de son. Dès la fin de décembre, la Commission for Relief in Belgium avait des disponibilités suffisantes pour pouvoir se passer de l'aide allemande à laquelle elle n'avait recouru qu'avec répugnance, craignant que ce concours ne fût une source
de difficultés pour elle ou pour les Comités provinciaux. Ses appréhensions étaient fondées et il fut heureux pour elle et pour le Comité National que les prêts aient été peu nombreux et d'ordinaire peu importants. Leur remboursement ne se fit presque jamais sans incidents désagréables. Le prêt fait à la ville de Saint-Nicolas notamment donna lieu à des échanges de dépêches et de notes qui ne prirent fin qu'en juin 1916.
2. — Le programme initial des importations. (Décembre 1914-janvier 1915.)
La période des expédients étant close, la ]:)remière tâche qui s'imposa au Comité National fut d'établir le programme de ses importations, en d'autres ternies, de dresser la liste, par nature et par quantité, des produits qu'il croyait nécessaire de faire venir de l'étranger. Les puissances de l'Entente ne lui avaient pas imposé à cet égard de limites précises. L'autorisation d'importer des vivres en Belgique accordée par le premier ministre anglais, M. Asquith, en octobre 1914, n'était subordonnée qu'à une seule condition : c'est que les ministres d'Espagne et des États-Unis à Bruxelles veilleraient à la stricte observation des engagements pris par le maréchal von der Goltz sous la date du 16 octobre 1914, d'où résultait pour les puissances de l'Entente l'assurance que « les vivres de tout genre importés par le Comité pour l'alimentation de la population civile seraient réservés exclusivement pour les besoins de la population et que, par conséquent, ces vivres seraient exempts de réquisition de la part des autorités militaires et resteraient à la disposition exclusive du Comité «.
Deux considérations devaient guider le Comité dans la rédaction de son programme, la première c'était l'étendue des besoins de la iDopulation belge, la seconde, les moyens matériels d'exécution dont il disposait.
Il y avait un procédé pratique et sûr pour déterminer rapidement le premier élément : c'était de calculer les besoins actuels sur les quantités moyennes de produits exotiques consommés en Belgique durant les années qui avaient précédé la guerre. La statistique commerciale faisait connaître ces quantités avec