‹ L'alimentation de la Belgique par le comite nationalChapitre 37 sur 227 · PROGRAMME INITIAI, DES IMPORTATIONS · texte numérisé non relu

PROGRAMME INITIAI, DES IMPORTATIONS

janvier à la suite de demandes formulées par les Comités provinciaux. La quantité introduite ne fut d'abord que de 600 tonnes, mais on la porta bientôt à plusieurs milliers de tonnes par mois.

Ainsi complété, le programme de décembre 1914 constitua l'expression dernière de ce que le Comité National estimait nécessaire d'ajouter aux produits de provenance locale pour procurer à la population belge la quantité de vivres indispensable à sa subsistance. Bien entendu, les chiffres qui y figurent ne constituent que des moyennes. Ils indiquent ce qu'il convient d'importer en moyenne chaque mois de chacun des produits. Le seul de ceux-ci dont l'importation devait être aussi régulière que possible, était le froment que rien ne pouvait remplacer complètement pour la fabrication du pain. Quant aux autres produits, il était convenu qu'on les substituerait les uns aux autres, s'il y avait avantage à le faire, soit au point de vue des prix, soit à celui des facilités d'acquisition. Suivant l'état du marché et la composition des approvisionnements du Comité National, on devait importer plus de riz, ou de mais, ou de haricots. A certains moments, on cessa même complètement d'acheter de ces derniers produits. La seule chose indispensable, c'est que la quantité de féculents mise à la disposition du Comité National demeurât à peu près constante. Le maïs constituait pour le Comité National une sorte de réserve alimentaire, c'est-à-dire que, destiné primitivement au bétail, on commença à en extraire, à partir de février 1915, des produits qui, sous les noms de farine alimentaire, homin}', céréaline, furent réservés à l'alimentation humaine.

Nul doute que, dans la suite, les divers postes de cet état de prévisions — le programme mensuel n'était pas autre chose — aurait dû subir de fortes augmentations pour compenser le déficit croissant des ressources locales. La diminution de la production agricole, l'épuisement des réserves constituées durant la paix, les exactions toujours plus fortes de l'occupant, auraient justifié une distribution plus abondante de vivres exotiques. Mais loin d'atteindre habituellement le chiffre mensuel de 100,000 tonnes que le Comité National avait considéré comme lui minimum indispensable dès 1914, les importations n'y parvinrent qu'exceptionnellement. Presque toujours, les circon-

stances obligèrent le Comité National à réduire ses prétentions à un chiffre bien inférieur, jamais elles ne lui donnèrent l'espoir fondé de disposer régulièrement d'une quantité de vivres supérieure au programme de 1914.

Au début de l'année 1915, le Comité National essa3'a de comprendre les pommes de terre fraîches ou séchées parmi les féculents de grande consommation qu'il se procurait à l'étranger. En présence de la disette de pommes de terre dont souffraient à cette époque les grands centres de la population, le président du Comité exécutif écrivit, le 2 mars 1915, à la Commission for Relief in Belgium que le Comité National était preneur de toutes les quantités de pommes de terre qui pourraient lui être envoyées jusqu'à la prochaine récolte, c'est-à-dire jusqu'à la fin de juillet. La difficulté de trouver du fret qui, au mois de décembre 1914, avait déterminé le Comité National à arrêter le programme des importations au-dessous des besoins reconnus du pays, n'était pas en question ici, car c'était principalement en Hollande que les achats devaient se faire. ^lais ime autre difficulté se présentait : la Hollande, pour défendre ses approvionnements et pour empêcher les exportateurs de vendre plus de produits à un des belligérants qu'à l'autre, subordonnait l'exportation des pommes de terre à une autorisation du ministère de l'Agriculture. A force de démarches, le Comité National obtint des permis de sortie pour des quantités assez importantes du mois de mars au mois de mai 1915. Dans la suite il en fut encore importé, mais à intervalles irréguliers, de plus en plus espacés, si bien que le Comité National renonça finalement à les comprendre parmi les produits du ravitaillement ordinaire.

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