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Le conflit de la récolte indigène de

L'exécution du programme élargi que le Comité National avait élaboré en décembre 1914 avait été provisoirement ajournée, mais uniquement par suite de difficultés matérielles. Au début de l'année 1915, la crise des transports maritimes, qui constituait la principale de ces difficultés, s'atténua et, au mois de mars, elle était conjurée : durant la dernière semaine de ce mois, les arrivages à Rotterdam furent aussi considérables

LA RÉCOLTE INDIGÈNE DE 19x5 61

qu'antérieurement pendant un mois entier. Durant ce mois, le Comité National put délivrer aux Comités provinciaux, en froment et en farine, une quantité équivalente à 74,000 tonnes de froment (i) ; en outre, 12,590 tonnes de maïs, 5,990 tonnes de riz, 7,008 de haricots et de pois, 872 de lard, soit au total un peu plus de 100,000 tonnes de produits alimentaires de grande consommation. L'amélioration dans le ravitaillement désirée par le Comité National était réalisée. En avril et en mai, la répartition fut moins forte. Elle comprit en avril 59,187 tonnes de froment, 18,074 tonnes de maïs, 417 de riz, 5,023 de pois et de haricots, 379 de lard, 3,535 de pommes de terre, formant un total de 86,615 tonnes, et en mai, 83,763 tonnes, se décomposant en 61,609 tonnes de froment, 3,022 de maïs, 7,010 de riz, 2,485 de pois et de haricots, 1,000 tonnes de lard et de saindoux, 8,637 ^6 pommes de terre. Les arrivages à Rotterdam n'avaient pas fléchi, mais un fait nouveau s'était produit qui avait entraîné une diminution des quantités de produits réparties aux provinces. Le Comité National avait accepté, dans le courant du mois de mars, de ravitailler les parties occupées du nord de la France et, des approvionnements qui auraient pu servir à la Belgique, il avait fallu distraire, au profit des nouveaux compagnons de détresse, 660 tonnes de vivres au mois de mars, plus de 11,000 en avril et plus de 30,000 en mai. Cette augmentation du nombre des consommateurs d'environ 30 % privait, momentanément du moins, la Belgique des facilités que lui promettait pour son alimentation l'amélioration des transports. Pour remplir le programme arrêté par le Comité du nord de la France, la Commission for Relief in Belgium devait amener mensuellement à Rotterdam environ 30,000 tonnes de vivres. Il était à prévoir qu'elle ne pourrait faire face à cette charge nouvelle sans sacrifier quelque chose des desiderata de la Belgique. De fait, les délivrances aux Comités provinciaux descendirent en juin à 42,000 tonnes. Elles se relevèrent en juillet à 88,700 tonnes, quantité égale à celle des mois d'avril et de mai, mais inférieur de 12,000 tonnes environ à celle du mois de mars.

(i) Le rapport adopté est : 750 tonnes de farine = 1,000 tonnes de froment.

Jusqu'à ce moment la légitimité des exigences du Comité National n'avait été contestée par personne. Les Gouvernements de l'Entente n'avaient présenté aucune objection au programme des importations. Les souffrances que la Belgique endurait pour avoir rempli son devoir de nation libre, lui valaient une sympathie universelle et personne, dans les pays anglo-saxons, ne critiquait l'envoi à the poor Utile nation des quantités de vivres dont elle déclarait avoir besoin. Le Gouvernement anglais n"" avait jamais refusé aux navires de la Commission for Relief in Belgium les laisser-passer nécessaires et, confiant dans la loyauté de cette Commission, il l'avait tacitement autorisée à constituer en Belgique des réserves pour im mois, alors qu'au début il n'avait été question de réserves que pour dix jours. Au milieu de l'année 1915, il abandonna soudain cette conduite libérale et ses rapports avec le Comité National, à dater de ce moment, trahissent constamment la crainte que le ravitaillement de la Belgique ne serve les intérêts de l'Allemagne. Cet esprit de défiance suscita au Comité National de grosses difficultés et mit même son existence en question.

Au mois de mai 1915, le Gouvernement britannique s'avisa qu'il jouerait un rôle de dupe s'il collaborait au ravitaillement de la Belgique par mer tout en permettant à l'Allemagne de disposer des vivres produits dans le pa^'s même. Le 28 mai 1915,. le président de la Commission for Relief in Belgium faisait savoir au président du Comité exécutif du Comité National que, par ordre du Gouvernement britannique, la Belgique ne recevrait plus de vivres après le 15 août, à moins que les autorités allemandes ne prissent l'engagement de ne pas réquisionner la moisson dans la zone occupée. Le Comité National protesta auprès des ministres protecteurs contre cette décision et leur adressa, le 3 juin 1915, un mémorandum (Annexe n° 1) où il contestait au Gouvernement britannique le droit d'intervenir. En effet, disait-il, l'autorisation d'importer a été accordée par ce Gouvernement sur la base de la lettre du maréchal von der Goltz du 16 octobre 1914, exemptant des réquisitions les produits importés. Les engagements subséquents relatifs à la non-réquisition des produits indigènes ont été négociés par les Gouvernements espagnol et américain et ne concernent que ceux-ci. Le

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