‹ L'alimentation de la Belgique par le comite nationalChapitre 39 sur 227 · RÉCOLTE INDIGÈNE DE I · texte numérisé non relu

RÉCOLTE INDIGÈNE DE I

Gouvernement britannique ne peut donc trouver dans la violation éventuelle des dits engagements un motif pour revenir sur les autorisations accordées. En fait, ces engagements doivent donner au Gouvernement britannique tout apaisement. Il est superflu d'exiger du Gouvernement allemand qu'il s'engage à ne pas réquisionner la moisson en Belgique puisque, le 21 janvier 1915, le Gouvernement général a informé le Comité National de ce qu'il défend aux troupes placées sous ses ordres de réquisitionner les vivres dont l'importation doit s'effectuer par les soins du Comité pour remplacer les produits de même nature faisant défaut. Par une lettre du 9 mars, il a confirmé cette décision en la limitant aux produits que le Comité importe en quantités considérables, ce qui est inconstablement le cas pour les céréales.

Le Gouvernement britannique maintint néanmoins ses exigences et il ne resta au Comité National qu'à prier les ministres protecteurs de négocier un nouvel accord avec le Gouvernement allemand. Une lettre adressée le 26 juin au Comité National l^ar le gouverneur général von Bissing pour confirmer les garanties antérieures ne fut pas jugée satisfaisante par le Gouvernement anglais, qui voulait que la récolte indigène non seulement ne fût pas saisie, mais fût mise à la disposition de la population belge. Iv'accord n'intervint qu'au début du mois de juillet. Le 4 de ce mois, le gouvernement général notifia officiellement au ministre d'Espagne son adhésion au projet d'arrangement qui lui avait été soumis et était conçu en ces termes : « Le gouverneur général en Belgique tiendra à la disposition de la population civile belge du territoire placé sous ses ordres le produit de la récolte de blé de 19 15 servant à la fabrication du pain (froment et seigle). De son côté, le Comité National (et la Commission for Relief in Belgium) , sous le patronage de MM. les ministres d'Espagne, des États-Unis d'Amérique et des Pays- Bas, continuera à importer en Belgique jusqu'à la récolte de 1916^ en quantités mensuelles à peu près égales, les denrées nécessaires à l'alimentation de la population civile dans le territoire occupé placé sous les ordres du gouverneur général en Belgique. Aussitôt que M. le gouverneur général aura pris une décision au sujet de la répartition de 1915 du blé désigné ci-dessus, cette décision.

sera portée à la connaissance de MM. les ministres protecteurs. » Le 16 juillet, les ministres protecteurs communiquèrent au Gouvernement allemand l'adhésion du Gouvernement britannique. L'importation de vivres en Belgique était de nouveau permise par ce dernier aux conditions suivantes :

lo L'alimentation et l'entretien de la population civile belge doivent continuer à être entièrement séparés de l'alimentation et de l'entretien de l'armée allemande, et dans ces conditions, aucune des denrées imjxjrtées ou aucun des blés (froment, seigle, escourgeon, méteil) qui, conformément à la décision prise par M. le gouverneur général von Bissing, doivent être exclusivement réservés à la population belge, n'ira ni directement ni indirectement à aucune personne attachée à l'armée ou à l'administration civile allemande et ne sera pas achetée pour être exportée.

La population belge tirera seule avantage des secours qui seront distribués par le Comité National.

I<e Comité National et la Coirunission for ReUef in Belgium continueront, en tout temps, à jouir d'une liberté d'action en rapport avec leur mission et leur responsabilité pour l'alimentation et l'assistance à doimer à la population civile belge dans le besoin.

Les autorités allemandes ne se serviront jamais de l'organisation de la Commission for Relief in Belgium ou du Comité National dans le but de forcer la population des travailleurs ou employés, contre sa volonté ou sa conscience, à s'employer directement ou indirectement au servdce ou dans l'intérêt de l'armée impériale allemande.

2° L'achat et la distribution de la récolte des blés se feront en Belgique par les soins du Comité National agissant avec le concours de la Commission for ReUef in Belgium de la même manière que pour les denrées importées, et le Comité National, avec le concours également de la Commission for Relief in Belgium, continuera à distribuer des secours en nature aux nécessiteux comme auparavant.

Le Gouvernement britannique nous informe qu'il se verra au regret cependant de devoir cesser de permettre le passage des navires chargés de ravitailler la Belgique si, contrairement certainement aux intentions que Votre Excellence a déjà manifestées, les navires anglais transportant les denrées à Rotterdam venaient à être attaqués.

Nous sommes informés également que le Gouvernement britatmique serait tout disposé à faciUter l'importation en Belgique d'autres articles que le froment, le seigle, l'escourgeon, le méteil, si votre Gouvernement donnait, au sujet de ces autres articles, un engagement semblable à celui qui est doimé actuellement pour les blés.

Le Gouvernement britannique nous déclare cependant qu'il, autorise, en dehors de l'importation des blés, l'importation également des six articles suivants : pois, haricots, riz, lard, saindoux et maïs pour la con-

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