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RÉCOLTE INDIGÈNE DE

à la panification nécessaires à la population belge, en plus de la production indigène ». D'après cette thèse, la récolte indigène ne devait donc servir qu'à procurer à la population un supplément de ration. Le secrétaire allemand de la Commission centrale des récoltes prétendit à la même époque que si l'emploi de l'avoine pour l'alimentation humaine était autorisé, la Commission for Relief in Belgium devrait procéder à tme importation supplémentaire correspondant aux deux tiers de l'avoine utilisée, le ravitaillement a3'ant pour base un tiers de céréales indigènes et deux tiers de blé exotique.

Pour atteindre son but, le pouvoir occupant facilita la fraude en défendant aux services belges chargés de réunir pour le Comité National les céréales indigènes de vérifier par des enquêtes la sincérité des déclarations faites par les cultivateurs, et en se réservant l'application des sanctions aux cultivateurs qui demeuraient en défaut de fournir au Comité National les quantités déclarées. Les cas de répression furent peu nombreux, en partie à raison de l'inaction voulue des autorités allemandes, en partie parce que les agents belges craignaient, en portant plainte, d'exposer leurs compatriotes à des peines excessives, appliquées avec brutalité et comportant le paiement d'amendes au profit de l'occupant.

Le premier résultat de l'attribution au Comité National des céréales indigènes fut d'obliger la Commission for Relief in Belgium à diminuer la part attribuée au froment dans le programme des importations. La ration journalière admise à cette époque était de 255 grammes de farine blanche, ce qui correspond pour un blutage de 75 % à une ration de 340 grammes de froment. Déduction faite des agriculteurs se ravitaillant eux-mêmes, la population du gouvernement général qu'il fallait ravitailler comptait environ 5 millions de personnes; celle de la région des étapes soumise à un régime spécial, 1,700,000. Le ravitaillement de ces 6,700,000 personnes, au taux de340grammes par jour, exigeait, par mois, environ 68,000 tonnes. On estima que, grâce à l'appoint des céréales indigènes et à la ration de froment que l'autorité militaire s'engageait à procurer à la population de la région des étapes, il suffirait d'importer 50,000 tonnes de froment par mois, au lieu de 60,000 tonnes.

quantité prévue au programme primitif. C'est ce chiffre qui fut inscrit à l'état de prévisions du mois d'octobre 1915.

Le Comité National conserva le droit d'importer du riz, des pois, des haricots, du lard et du saindoux, c'est-à-dire tous les produits de grande consommation qui figuraient à son programme depuis janvier 1915. Les quantités demeurèrent indéterminées. C'était une question à débattre pour chaque cargaison avec le Foreign Office par les membres de la Commission for Relief in Belgium. Se basant sur le prix des denrées et l'importance de ses approvionnements, le Comité National inscrivit, à l'état de prévisions qui devait être exécuté à partir du i^r octobre 1915 et qui fut communiqué le 2 septembre aux délégués provinciaux, les chiffres suivants : 7,500 tonnes de riz, 20,000 tonnes de maïs, dont 10,000 pour l'alimentation humaine, 1,000 à 1,500 tonnes de saindoux et 2,000 à 3,000 tonnes de lard, ce qui représentait, avec le froment, une importation totale de 80,000 tonnes environ. Les pois et les haricots ne figurent pas cette fois au programme parce que la récolte vient de se faire en Belgique et qu'il existe de ces denrées des approvisionnements suffisants. De ces 80,000 tonnes, 70,000 tonnes devaient servir à l'alimentation humaine. C'était une quantité notablement inférieure à celle admise en décembre 1914, mais l'état de prévision, dont il est ici question, ne devait se traduire en distributions de vivres qu'aux mois de novem.bre et de décembre, c'est-à-dire durant les mois où les subsistances sont le plus abondantes en Belgique. Une réduction des quantités se justifiait donc.

On se demandera peut-être pourquoi le Comité National n'essaya pas de compenser, par une importation plus considérable de riz et d'autres féculents, les restrictions mises à l'importation du froment. Il est certain qu'au point de vue physiologique ces produits peuvent servir de succédanés au froment. Mais il fallait tenir compte des goûts et des habitudes des populations. Le seul aliment qu'elles réclamaient instamment, c'était le pain, précisément du seul dont l'approvisionnement fût limité. La loi de substitution n'agit pas aussi aisément dans la pratique que dans les raisonnements des économistes. En 1915, il y avait en Belgique un resserrement ahmentaire, il n'y avait pas

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