‹ L'alimentation de la Belgique par le comite nationalChapitre 42 sur 227 · RÉSULTATS OBTENUS EX I914-I · texte numérisé non relu

RÉSULTATS OBTENUS EX I914-I

encore de disette et le peuple n'acceptait pas aisément les produits nouveaux pour lui que le Comité lui offrait. Avant la guerre, le riz était peu employé comme aliment, sauf dans les classes riches; les dérivés du maïs étaient totalement inconnus. Le Comité National et la Commission for Relief in Belgium avaient répandu de petites brochures pour apprendre au peuple à préparer avec ces matières des aliments savoureux. Cette propagande n'avait pas été inefficace, mais ses effets ne pouvaient se faire sentir immédiatement. Les difficultés que rencontrait parfois le Comité National dans la répartition des produits le déterminèrent même, au mois de septembre 1915, comme on l'exposera plus loin, à décider qu'à l'avenir il n'achèterait plus, en moj'enne, chaque mois que du froment, 10,000 tonnes de riz, 20,000 tonnes de maïs et 3,000 tonnes de lard et de saindoux. Tous les autres produits, parmi lesquels figuraient les pois et les haricots et une certaine quantité de lard et de saindoux, seraient commandés directement par les Comités provinciaux à un bureau d'achats qui serait créé à Rotterdam. Il n'est pas d'habitudes plus difficiles à modifier que celles qui ont trait à l'alimentation. Elles ne cèdent qu'à la pression de la nécessité. Le moment devait, hélas! bientôt venir en Belgique où le peuple ne demanderait plus une nourriture à laquelle il fût habitué et se contenterait d'une nourriture quelconque. Mais quand ce moment arriva, l'Angleterre avait changé d'attitude dans la question du ravitaillement belge, même à l'égard des produits autres que le froment, et il n'était plus possible au Comité National de profiter de la docilité plus grande des consommateurs pour compenser par la distribution d'autres féculents l'insuffisance de la ration de pain.

4. — La situation alimentaire au début de la seconde année d'existence du Comité National. (Novembre 1915.)

Au mois de novembre 1915 s'ouvre la seconde année d'exercice du Comité National. Il a, jusqu'ici, rempli la tâche qu'il s'était proposée. En douze mois il a distribué aux Comités provinciaux 795,000 tonnes de vivres, soit en moyenne 66,000 tonnes par mois.

Ce n'est pas toujours sans peine qu'il y est parvenu. Aux mois de septembre et d'octobre, le ravitaillement en blé traversa une période critique causée à la fois par la rareté du fret et par le retard qu'un été pluvieux avait amené dans la moisson aux Btats-Unis. Pour donner à la population son pain quotidien, il fallut réclamer l'aide du Gouvernement hollandais et lui emprunter 30,000 tonnes de blé, limiter strictement la ration à 250 grammes et laisser plus de son dans la mouture. Dans l'ensemble cependant, la situation alimentaire est satisfaisante, beaucoup meilleure qu'on ne le pouvait prévoir au moment où le Comité National fut constitué. Le pain est le seul article alimentaire pour lequel les consommateurs soient rationnés, encore beaucoup d'entre eux peuvent-ils, sans grands frais, ajouter quelque chose à ce qui leur est attribué par des achats ■dans les pâtisseries, les restaurants ou même chez les détaillants qui disposent encore de farine et de produits farineux en quantités plus ou moins considérables. La population réelle du pays est moindre que ne l'indiquent les statistiques siir lesquelles les calculs du ravitaillement sont basés ; aussi, tout en accordant à chacun sa ration réglementaire, les Comités répartiteurs peuvent-ils encore fournir aux pâtissiers et aux restaurateurs une certaine quantité de farine. D'autre part, la récolte indigène a été saisie, mais les cultivateurs ont su en garder une portion plus forte que les arrêtés officiels ne le leur permettent. Ils disposent d'une réserve où une contrebande presque tolérée va chercher quelques suppléments de ration.

Pour tous les autres articles, les importations sont suffisantes. Les Comités provinciaux ont même des stocks de féculents tels que le Comité National, on l'a vu, n'inscrit plus au programme des importations d'octobre 191 5 que 7,500 tonnes de riz au lieu de 10,000, chiflfre moyen des mois précédents, et renonce provisoirement à importer des pois et des haricots. Au programme de novembre, aucun de ces trois produits ne figure. Le commerce des produits alimentaires demeure libre, sauf pour les céréales servant à la panification. Il s'approvisionne aisément en produits périssables, tels que la viande, le lard, le saindoux, les œufs, les fromages indigènes, les légumes et ses réserves en produits de conserve, bien que diminuées, ne sont

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