‹ L'alimentation de la Belgique par le comite nationalChapitre 54 sur 227 · RENFORCEMENT DE LA GUERRE SOUS-MARINE · texte numérisé non relu

RENFORCEMENT DE LA GUERRE SOUS-MARINE

d'importations. Mais, vu la hausse des prix et la difficulté d'opérer le transjjort des marchandises à travers l'océan, ils crurent prudent de n'augmenter le tonnage total que de 2,000 tonnes. Ils ne modifièrent pas la part des féculents, diminuèrent de 1,500 tonnes celle du froment, ajoutèrent 500 tonnes à celle des graisses et 3,000 environ à celle des produits divers, de telle sorte que l'état de prévisions qui devait servir à partir du mois de décembre 1916, fut ainsi établi : froment, 52,500 tonnes; maïs, 8,000 tonnes; riz, 5,000 tonnes; pois et haricots, 3,000 tonnes; lard et saindoux, 4,500 tonnes; produits divers, 5,500' tonnes ; total, 78,500 tonnes.

Les arrivages des mois précédents, qui ■ avaient atteint 86,000 tonnes au mois d'août, 83,000 au mois de sejitembre,. 116,000 au mois d'octobre, ce qui représente pour le trimestre une moyenne de 95,000 tonnes, permettaient d'espérer qu'on réaliserait ce programme et même qu'on pourrait l'élargir jusqu'à la limite des autorisations promises par le Foreign Office. Il en fût résulté pour la population pauvre une sensible amélioration de régime. En utilisant une plus forte proportion de seigle indigène, on pouvait, moj-ennant l'importation de 52,000 tonnes de froment "par mois, accorder à la population une ration de 375 grammes de céréales par jour, correspondant à peu près à une ration de 400 grammes de pain, la part des œuvres de secours étant déduite. Mais en novembre et en décembre 1916, la C. R. B. ne parvint à envoyer, en Belgique, que 62,000 et 64,000 tonnes de produits et, en janvier 1917, 70,000 tonnes. Le i^^" février, commença la guerre maritime sans merci dont l'Allemagne menaçait depuis longtemps ses adversaires. Ceux-ci durent, pour se défendre, adopter une série de mesures qui gênèrent fortement les affrètements de la C. R. B. Les importations pendant les mois de février, mars et avril n'atteignirent pas, en moyenne, 30,000 tonnes. Sept navires de la C. R. B. périrent durant cette période et la perte de cinq d'entre eux fut attribuée à des attaques de sous-marins allemands. Il s'ensuivit que la Commission ne parvint plus à affréter de navires neutres, les armateurs prétendant qu'il était plus dangereux de transporter des vivres pour la Belgique que pour les belligérants.

7. — La guerre sous -marine renforcée (février 1917) et le programme des importations du printemps de 1917.

Au début du mois d'avril 1917, la C. R. B. avait perdu tout espoir de réaliser le programme arrêté au mois de novembre précédent. Selon ses prévisions, elle pourrait, tout au plus, amener mensuellement à Rotterdam pour la Belgique et le nord de la France, 68,000 tonnes des États-Unis, 5,000 de La Plata, 5,000 de la Grande-Bretagne, au total 78,000 tonnes. Elle fit <:onnaître au Comité National son intention d'établir sur ces bases le futur programme des importations et de répartir les produits dans la proportion de 57,650 tonnes pour la Belgique et de 20,350 tonnes pour le nord de la France. La part réservée à la Belgique comprendrait 48,000 tonnes de froment, 3,750 tonnes de maïs, 2,200 de pois et de haricots, 2,300 de lard et de saindoux, 1,900 de produits divers. On s'efforcerait, en outre, de trouver en Hollande quelques denrées alimentaires de supplément, telles que des œufs, du fromage, des légumes.

Cette communication atterra le Comité National. Elle annonçait pour le pays une période de détresse comme il n'en avait pas encore connu. Le 2 mai 1917, il adressait à la C. R. B. la lettre suivante pour la prier d'essayer, coûte que coûte, d'élargir le nouveau programme qu'elle proposait et, dans le cas où la chose serait possible, de sacrifier tous les produits secondaires pour réserver les cales disponibles aux aliments concentrés offrant, sous le moindre volume, la plus grande valeur nutritive :

Votre directeur à Bruxelles nous a communiqué la lettre que vous lui avez adressée, le 13 avril dernier, confirmant un télégramme expédié à la même date, et relative au programme d'importation que vous envisagez pour la Belgique et pour la France.

Nous tenons tout d'abord à vous dire combien nous comprenons les difficultés que vous rencontrez actuellement, spécialement en ce qui concerne le transport des marchandises, et combien nous apprécions les efforts que vous faites en vue de solutionner de la façon la meilleure possible le problème très difficile que vous avez à résoudre.

Ainsi que votre directeur vous l'expliquera verbalement, la situation, en Belgique et dans le nord de la France, mais spécialement en Belgique, s'est considérablement aggravée dans ces derniers temps. Alors que l'année dernière les ressources locales étaient encore assez importantes.

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