PRODUITS
Minimum | Quantités
admis i proposées
parleC. X. i parlaC. R.B.
Froment
Maïs
Pois et haricots
Riz
Lard et saindoux
Les 48,000 tonnes de froment que la C. R. B. espérait procurer à la Belgique, jointes aux 12,000 tonnes de céréales indigènes disponibles mensuellement, devaient permettre de distribuer aux 6,600,000 habitants ne vivant pas du produit de leur culture, une ration de froment de 305 grammes par jour donnant, si le blutage se faisait à 80 %, environ 330 grammes de pain. Mais les arrivages restèrent bien au-dessous des chiffres prévus. L'état de répartition du mois de juin fut basé sur des disponibilités en froment exotique de 33,000 tonnes, pour les provinces du gouvernement général, et de 2,900 pour les régions des étapes. C'était un déficit d'un quart. Néanmoins, cette quantité de céréales exotiques ajoutée aux céréales indigènes aurait suffi pour distribuer à la population du gouvernement général 275 grammes de froment par tête et par jour (au lieu de 305 grammes), si un déficit imprévu ne s'était produit dans le rendement des céréales indigènes et si l'arrivée de nombreux Français, fuyant la zone des opérations militaires, n'avait accru le chiffre des consommateurs. Le Comité National s'effrayait à l'idée de devoir réduire encore la ration de pain. Pour lui conserver son poids, il avait déjà sacrifié la qualité du pain en portant la mouture
PLAINTES DU COMITE NATIONAL A LA C. R, B. lOI
à 97 %, ce qui ne permettait pas un nettoyage convenable des blés. Il ne pouvait faire plus. De nouveau, il insista auprès de la C. R. B. pour qu'elle obtînt des Gouvernements alliés un peu plus de tonnage. Il ne demandait pas l'exécution du programme déjà si peu satisfaisant du mois d'avril, mais simplement une augmentation suffisante des importations pour maintenir la ration de pain à 330 grammes, ce qu'il considérait comme un minimum indispensable. Dans le courant du mois de juin, il adressa à la C. R. B. la note suivante pour qu'elle la communiquât aux Gouvernements de l'Entente :
Les envois de froment de Rotterdam vers les diverses provinces belges dépendant du gouvernement général sont basés sur la distribution d'une ration générale de 275 grammes de froment par tête et par jour.
Au moyen de ces 275 grammes, le Comité National distribue une ration générale de 255 grammes de froment ou 330 grammes de pain; les 20 grammes de froment économisés étant destinés à fournir des rations supplémentaires aux enfants, aux mères nourrices, aux malades, aux nécessiteux, etc.
Mais des circonstances nouvelles rendent la situation très difficile au point de vue du ravitaillement en pain.
En effet, spécialement au cours de ces dernières semaines, par suite de l'évacuation de certains territoires du nord de la France et des Flandres, le nombre des réfugiés s'est accru dans des proportions considérables. C'est par plusieurs centaines de mille que ces malheureux se trouvent actuellement sur le territoire du gouvernement général, où on leur délivre la ration de pain accordée aux nécessiteux, soit environ 400 grammes, alors que dans les régions d'étapes, ils ne recevaient que ^5 grammes de froment importé, la ration étant complétée par 180 grammes de farine allemande.
Au point de vue de la consommation générale, nous nous trouvons donc devant un déficit, attendu que, en estimant à 300,000 âmes la population évacuée, il faut lui répartir, dans lej^ territoire du gouvernement général, 3,000 tonnes de froment par mois, alors que sur la base de la ration de 55 grammes de froment exotique, elle ne recevait, dans la zone des étapes, que 500 tonnes environ, soit un déficit de 2,500 tonnes.
De plus, l'organisation qui a été créée, de commun accord entre la Commission for Relief in Belgium et le Comité National et qui avait spécialement pour effet de donner un supplément de pain aux enfants des écoles, aux mères nourrices, femmes enceintes, tuberculeux et aux nécessiteux, a pris une extension considérable, de telle sorte que les quantités de froment réellement consommées par rapport aux cliifEres théoriques ser^'^ant de base aux envois de Rotterdam, nous laissent un nouveau
manquant d'environ 2,000 tonnes de froment par mois, soit au total un déficit de 4,500 tonnes.
Pour remédier à cette situation, nous désirerions que le Bureau de Rotterdam de la Commission for Relief in Belgium effectue dorénavant ses expéditions de froment sur la base d'une ration moyenne et journalière de 300 grammes de froment à répartir dans le gouvernement général, au lieu des 275 grammes précédemment prévus.
De cette façon, les expéditions pour les diverses provinces belges du gouvernement général comprendraient au total, 37,500 tonnes de froment au Ueu de 33,000 représentant les envois actuels.
En ce qui concerne les arrivages à Rotterdam, il y aura lieu de tenir compte que, d'une part, la ration de pain actuelle est insuffisante et que, d'autre part, le rendement de la récolte indigène de 1916 accuse, sur les évaluations, un déficit de plus de 30,000 tormes. Les recensements pour l'évaluation de cette récolte ont été faits d'une façon arbitraire, de sorte que les producteurs ont été taxés pour des quantités plus importantes de froment que celles réellement récoltées et ils se trouvent dans l'impossibilité de fournir les contingents évalués. Il faudra donc, à partir du i^r août, augmenter le programme des importations à Rotterdam d'au moins 5,000 tonnes par mois qui seront tenues en réserv'e à Rotterdam, jusqu'au moment où une augmentation nouvelle de la ration de pain sera décidée ou lorsque le déficit dans la récolte indigène fera sentir ses effets.
De la part de la Hollande, il n'y avait guère de secours à attendre en ce qui concerne les produits de grande consommation. Ce pa^-s qui, pour son pain, est comme la Belgique tributaire de l'étranger, n'exporte que de faibles quantités de féculents et de graisses. Les principaux produits qu'il vend à l'étranger sont le beurre et le fromage. Mais l'Allemagne et l'Angleterre se les disputaient et la Belgique n'en pouvait obtenir que ce que ces deux pa^'s consentaient à lui laisser. Une démarche des représentants de la C. R. B., auprès des services anglais d'achat en Hollande, The English Purchasing Co. et le The Holland Trading Co., au mois d'août 1916, eut d'heureux résultats. La C. R. B. obtint l'abandon d'une partie des vivres auxquels l'Angleterre avait droit. jNIais différentes difficultés survinrent. Il fallut obtenir des autorités allemandes les autorisations d'importation qu'elles accordèrent souvent de mauvaise grâce, si bien que les premiers envois ne commencèrent qu'au mois de février 1917. Ils comprirent parfois du beurre, du fromage, des œufs^ mais le plus souvent des légumes qui, bien que reçus avec grand
l'avoine dans l'alimentation humaine 103
plaisir par la population, ne compensaient pas le déficit existant dans les produits qui constituent la base de l'alimentation, c'est-à-dire le pain, les graisses et les féculents.