‹ L'alimentation de la Belgique par le comite nationalChapitre 65 sur 227 · Conditions [d'importation de quelques produits · texte numérisé non relu

Conditions [d'importation de quelques produits

Beurre, margarine. — En temps de paix, la Belgique importe du beurre et de la margarine, mais en quantités relativement faibles. L'excédent des importations, durant les cinq années qui précédèrent la guerre, fut en moyenne de 5,000 tonnes, ce qui représente à peine 700 grammes par habitant et par an. La production indigène de beurre n'est pas connue d'une façon précise. Mais des évaluations prudentes, basées sur le nombre de vaches laitières existant dans le pays, l'établissent à 30,000 tonnes, au minimum, par an. Les fabriques de margarine livrent annuellement à la consommation un peu plus de 10,000 tonnes. Quant au lait consommé en nature, il provient presque exclusivement du pays même. On n'introduisait qu'en faibles quantités les laits de conserve sous la forme de lait condensé, de lait évaporé ou de poudre de lait. Si la production

nationale n'avait pas fléchi, la population se serait aisément passée, pour son ravitaillement en produits lactés, du secours de l'étranger. Il lui suffisait de réduire sa consommation de 12 à 13 % pour la mettre au niveau de la production indigène. Malheureusement, celle-ci ne tarda pas à diminuer et, fait plus dommageable encore, les Allemands en détournèrent à leur profit une portion considérable.

L,a fabrication de la margarine fut la première atteinte. Les usines belges importent une part importante des matières premières dont elles se servent, notamment l'oléo-margarine (graisse de bœuf dont on a extrait une partie de la stéarine). Dès le début de la guerre, elles éprouvaient de telles difficultés à se les procurer, qu'au mois de février 1915, plusieurs des plus importantes avertireut le Comité National qu'elles devraient licencier prochainement leur personnel s'il né leur venait en aide pour acheter ces matières premières à l'étranger. Le Comité National ne pouvait, sans sortir de son rôle, leur rendre ce service. Il n'avait d'ailleurs pas, pour le moment, à se préoccuper du ravitaillement du pays en margarine ou en beurre. Les Comités provinciaux n'en demandaient pas et si la C. R. B. leur en envoya, en petite quantité d'ailleurs, ce fut parce qu'on lui en avait fait don. La suppression des surtaxes fiscales, décrétée par l'arrêté du 17 décembre 1914, favorisait d'ailleurs l'importation de la margarine de Hollande.

La situation commença à se modifier au mois d'août 1915. Les fabriques belges de margarine chômaient presque complètement, l'importation de Hollande était ralentie et l'on pouvait prévoir qu'elle cesserait bientôt. Le beurre haussait de prix, les graisses n'étaient pas abondantes, aussi la privation de margarine produisit-elle une gêne sensible. Presque simtdtanément, les Comités du Hainaut et de l'Agglomération bruxelloise (12 et 13 août 1915), puis ceux de Liège et du district de la marine (Bruges) s'adressèrent au Comité National pour qu'il importât de la margarine ou du moins les produits nécessaires à sa fabrication. Le Comité National mit la question à l'étude et, le 16 septembre, il annonçait aux Comités provinciaux l'arrivée prochaine de 700 à 800 tonnes d'oléo-margarine. Le Foreign Office en avait permis l'importation, à la condition que cette

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