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IMPORTATION DU BEURRE ET DE I^A MARGARINE

matière serait travaillée uniquement dans les usines placées sous le contrôle de la C. R. B., afin d'empêcher les Allemands de s'approprier la glycérine qu'elle contient (lettre du i6 septembre 1915). Le 23 septembre, le président du Comité National avertissait les délégués provinciaux que la margarine était comprise parmi les produits divers qu'ils pouvaient commander à Rotterdam.

Les règles posées par le Foreign Office, à partir du mois de décembre 1915, pour l'importation des graisses rendirent impossible, à l'avenir, l'introduction en Belgique de la margarine et des matières propres à la fabriquer. Les adoucissements apportés dans la suite à la rigueur des premières dispositions ne profitèrent i^as aux huiles comestibles qui demeurèrent exclues du programme des importations.

En ce qui concerne le beurre, les consommateurs furent atteints dès le début de l'occupation par la mesure qui isola des autres, en les plaçant dans la ligne des étapes, les deux Flandres, provinces qui ont en temps normal des excédents de beurre et contribuent au ravitaillem.ent du reste du pays. A cette première cause de raréfaction, s'ajouta la diminution graduelle du nombre et de la productivité des vaches laitières. Faute d'aliments importés, les cultivateurs durent vendre pour la boucherie une partie de leurs troupeaux et ne purent maintenir dans une forme aussi parfaite qu'autrefois la partie qu'ils conserv^aient. Déduction faite des deux Flandres, les provinces belges entretenaient à la fin de 1910, 692,973 vaches laitières. En 1916, on estimait qu'elles n'en possédaient plus qu'environ 500,000. Malgré le fléchissement de la production sous la double influence de la diminution du nombre et du rendement des bêtes laitières, la nécessité d'acheter du beurre à l'étranger ne se posa pas tant que le commerce de ce produit resta libre. Mais la création par l'arrêté du 26 juillet 1916 de la Buttcrveririehsverhand (Union belge des producteurs de beurre), sorte d'office central jouissant du monopole du commerce, amena une diminution rapide des quantités de beurre livrées au commerce. Comme le Comité National ne pouvait compenser la privation nouvelle imposée aux habitants par une distribution plus abondante de lard et de saindoux, il chercha à acheter en Hollande

une certaine quantité de beurre, malgré les aléas que présentait l'importation de ce produit sans des moyens de transport appropriés. Les premiers envois arrivèrent au mois de mars 1917. Ils furent bientôt interrompus à la suite des exigences de l'autorité allemande. Le 25 juillet 1917 la Deutsche Vermittlungstelle écrivait au Comité National :

Nou,s avons l'honneur de vous faire savoir que la V. C. N. se déclare d'accord au sujet de l'importation de beurre hollaîidais dans le territoire du gouvernement général et de la répartition de ce produit par l'interniédiaire des organismes du Comité National, pour autant que le délégué du gouverneur général près la Légation impériale allemande dans les Pays-Bas, à La Haye, délivre l'autorisation d'importer et à condition que les dispositions suivantes soient observées par le Comité National ou la Commission for Relief in Belgium :

Les envois de beurre à expédier de Hollande vers la Belgique doivent, chaque fois, être aimioncés à temps par la C. R. B. à la V. C. N. qui en informera M. le commissaire du gouvernement près l'Union belge des producteurs de beurre. A cette occasion, il y aurait lieu d'indiquer le heu de destination, la quantité à distribuer chaque fois dans les communes désignées et le taux de la ration par habitant. Ce taux ne peut dépasser celui fixé par le commissaire du gouvernement près l'Union belge des producteurs de beurre pour la locahté en question et la période prévue. De plus, le beurre hollandais importé ne peut être vendu en dessous du prix fixé à ce moment par l'Union des producteurs de beurre pour la commune visée, ni au delà du prix maximum déterminé par ]M. le gouverneur général pour la vente du beurre indigène. L'L^nion des producteurs de beurre (Buttervertriebsverbande) se réserve, lors des distributions de beurre aux communes intéressées, de tenir compte comme il con\'ient des quantités réparties par le Comité National.

(S.) RiETH.

Le 21 août suivant, le bureau de Rotterdam de la C. R. B. faisait savoir à son représentant à Bruxelles qu'il considérait les prétentions émises par l'autorité allemande comme contraires aux engagements pris par celle-ci. Il déclara qu'il ne ferait plus l'envoi d'aucun produit dont la distribution serait soumise au contrôle d'une « Centrale ». Cette décision s'appliquait spécialement au beurre et aux pommes de terre. Le Gouvernement allemand ayant refusé de rapporter ses instructions, les importations de beurre cessèrent. Pour éviter à la population de perdre le supplément d'aliments gras qui lui avait été procuré par

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