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IMPORTATION DU LAIT I3I

Depuis le mois d'avril, vous ne l'ignorez pas, la mouture du blé se fait à 97 %, ce qui ne laisse plus de son pour la nourriture du bétail. Faute de cet élément, la production du lait qui était déjà fort réduite, a encore diminué considérablement. Pour le moment, où les bêtes devront être retirées des prairies, le lait indigène déjà si rare deviendra quasi introuvable.

Nos Comités provinciaux ont, dès à présent, beaucoup de peine à satisfaire aux besoins des œuvres pour la protection de l'enfance. Certains Comités ont installé des étables pour fournir aux besoins de leurs œuvres. Mais les quantités de lait ainsi obtenues sont bien minimes et d'ailleurs, tout comme les autres producteurs, ces organismes manqueront bientôt de nourriture pour leur bétail.

La situation est particulièrement pénible dans la région des étapes ovi, d'après ce qui nous revient, le lait serait saisi, une très faible quantité seulement étant laissée à la disposition des malades et des enfants.

Pour suppléer au lait naturel, nous devrons donc fournir à nos Comités provinciaux du lait condensé ou évaporé. Or, notre stock est complètement épuisé. Le stock des diverses provinces au 31 juillet était de 471 tonnes. Mais depuis, plusieurs Comités nous ont annoncé qu'ils ont épuisé leur réserve et il est à prévoir qu'il en sera bientôt de même partout-

Il est donc indispensable de nous procurer au plus tôt d'importantes quantités de lait condensé ou évaporé. Comme il s'agit surtout d'alimenter l'enfance et que le sucre fait également défaut, il serait préférable d'importer plutôt du lait condensé sucré.

Notre progranmie d'importation était jusqu'à présent de 500 tonnes par mois. En réalité, il a été facturé aux provinces, pendant l'année qui vient de s'écouler (du i^r septembre au i^r août), 3,546 tonnes de lait condensé ou évaporé. La majeure partie en a été livrée en hiver, ce qui représente, en chiffres ronds, plus de 600 tonnes mensuellement pendant les six mois d'hiver (janvier 662 tonnes, avril 689 tonnes et décembre 891 tonnes).

Toutes ces fournitures ont été faites alors qu'on disposait encore de son pour nourrir le bétail. Maintenant que cette ressource a disparu, causant une diminution notable de la production du lait indigène par rapport à l'an dernier, il ne paraît pas exagéré de prévoir une importation de 900 tonnes mensuellement pour les mois d'hiver, à partir d'octobre.

Les importations reprirent au mois de novembre et furent plus abondantes durant l'année 1918 qu'en 1917, sans atteindre cependant la mo5^enne de 500 tonnes par mois.

A défaut du lait condensé, la C. R. B. s'efforça d'acheter du lait en poudre dont le transport peut se faire en vrac. Ce produit ne convient pas aux nourrissons parce que la caséine qu'il contient ne se dissout plus complètement, mais il peut parfai-

tement remplacer le lait naturel pour la préparation d'aliments lactés. Malheureusement l'autorité allemande s'opposa à l'introduction du lait sous cette forme.

Cacao. — Le cacao et son dérivé sucré, le chocolat, sont en Belgique des aliments de luxe. Ils ne sont consommés de façon courante que dans les classes aisées et sont considérés dans les classes pauvres uniquement comme une friandise. Depuis quelques années avant la guerre, cependant, on employait assez largement le cacao dans la préparation des aliments pour enfants débiles.

Dès le début de l'année 1915, des chocolatiers belges sollicitèrent le concours du Comité National pour importer du cacao en Belgique. Leur but était d'obtenir le cacao à meilleur marché qu'en Hollande et, par ce moyen, de supporter plus aisément la concurrence que leur faisaient en Belgique même les chocolatiers hollandais. Ils affirmaient que s'ils n'étaient pas soutenus comme ils le demandaient, ils devraient à bref délai fermer leurs usines, ce qui amènerait une hausse des prix. Il ne rentrait pas dans la mission du Comité National d'intervenir dans un cas de ce genre. Le pays à ce moment ne manquait ni de cacao, ni de chocolat. Les réser\^es abondantes au moment de la guerre pouvaient suffire longtemps encore aux exigences d'une consommation ralentie par la misère. Elles étaient d'ailleurs entretenues, dans une mesure restreinte il est vrai, par les envois de Hollande. Au mois d'avril 1915, le Comité National constata par une expérience l'état des besoins : une petite quantité de chocolat fut distribuée aux Comités provinciaux. Ceux-ci ne récoulèrent qu'avec peine.

Inscrit sur la liste des produits divers dont les provinces pouvaient s'approvisionner à Rotterdam, le cacao continua à figurer jusqu'au début de 1916 parmi les prodtuts dont l'importation était permise, mais les Comités s'intéressèrent peu à ce produit. Sa suppression du programme des importations par le Foreign Office, le 23 février 1916, ne suscita aucune critique.

Déjà cependant avait été promulgué un arrêté du gouverneur général prescrivant la déclaration des stocks de cacao (11 jan-

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