IMPORTATION DU CAFE
vier 1916). Son exécution amena une hausse rapide des prix et la raréfaction du produit. Le cacao, qui coûtait 5 francs au début de la guerre et 6 francs au mois de décembre 1916, monta par bonds successifs à 10 francs le kilo, prix qu'il atteignit au milieu du mois de mars suivant. Aussi quand, aux mois de mai et de juin 1916, le Comité National et la C. R. B. organisèrent le ravitaillement spécial des œuvres de bienfaisance et particulièrement des œuvres s'occupant de l'enfance, estimèrent-ils que le cacao devait figurer parmi les produits à importer. Le Comité National proposait d'inscrire au programme 500 tonnes par mois (18 août 1916). La C. R. B. jugea prudent d'adopter un chiffre moins élevé et de ne demander provisoirement à Londres d'autorisation que pour 100 tonnes par mois (lettre du 21 août 1916). La demande ne fut accueillie qu'au mois de novembre suivant et avec cette condition que le cacao importé servirait uniquement aux œuvres de secours. Plus tard cette condition fut abrogée et, quand les quantités reçues le permirent, un peu de cacao fut distribué à la population. Les programmes de 1917 fixent à 300 tonnes la quantité à importer. Mais comme pour les autres produits, cette limite ne fut pas atteinte. Durant l'année 1917, le Comité National ne reçut que 1,857 tonnes, soit moins de 155 tonnes par mois. En 1918 (de janvier à septembre) l'importation s'éleva pour la Belgique et le nord de la France à 4,466 tonnes, ou, en moyenne, 497 tonnes par mois, c'est-à-dire qu'elle n'atteignit même pas pour tout le territoire ravitaillé à la quantité autorisée pour la Belgique seule.
Café. — A l'époque où le Comité National fut constitué, il existait à Anvers des dépôts de café considérables appartenant les uns à l'État brésilien de Saô Paulo, qui avait établi à Anvers un des entrepôts de la valorisation, les autres à des négociants belges ou étrangers, ainsi qu'à la ville d'Anvers. En occupant la forteresse, les autorités allemandes frappèrent d'indisponibilité les stocks de la valorisation et se saisirent des autres. Elles reconnurent bientôt qu'elles agissaient contrairement au droit en confisquant des marchandises appartenant à des particuliers et décidèrent de les restituer. Elles adressèrent au Comité National la note suivante dont le jDrésident du Comité donna connais-
sance aux délégués provinciaux à leur réunion du lo décembre 1914 :
En exécution des décisions qui ont fait l'objet de la réunion du 23 du mois précédent, et conformément à l'entretien qu'eurent aujourd hui M. le conseiller d'administration Kaufmann et M. l'intendant de campagne Schmidt, je confirme que je suis disposé à restituer 6,000 tonnes de café faisant partie de disponibilités constituant des propriétés privées séquestrées jusqu'à présent à Anvers, dans le but de servir à l'alimentation de la population belge.
La libération sera faite de telle sorte que 6,000 tonnes de café, d'une qualité convenable pour remplir le but dont il s'agit, soient saisies en dehors des appro\âsionnements constituant la propriété allemande ou de ressortissants d'États neutres. Après établissement du pri:x, cette quantité sera mise à la disposition de la population belge par la commission compétente de l'administration civile.
L'administration civile en versera le montant à la caisse de l'armée du gouvernement général à Bruxelles et sera chargée de mettre le café à la disposition de la population belge, dans les endroits de consommation, à l'exclusion du commerce de gros.
Au début de l'année 1915, le Comité National entama des négociations av^ec le représentant de l'État de Saint-Paul pour acheter une partie des cafés de la valorisation. C'était rendre un réel service à la population que de lui assurer la jouissance d'une denrée devenue pour elle presque un article de nécessité et dont l'importation pouvait rencontrer plus tard de sérieuses difl&cultés. Au mois de mars, la valorisation obtenait du Gouvernement allemand l'autorisation de disposer de 150,000 sacs. Le Comité National en acheta 50,000 en se réservant de prendre les 100,000 autres si l'opération rencontrait l'approbation des Comités provinciaux. Mais ceux-ci trouvèrent, en général, le prix trop élevé. Celui de la Flandre orientale seul demanda à obtenir plus qu'il ne lui était réservé : 8,000 balles au lieu de 5,000. Celui du Hainaut ne voulut prendre que 2,000 sacs au lieu de 5,000 et celui de Namur 3,300 sacs environ. Le Comité National, dans ces conditions, renonça aux 100,000 balles qui lui étaient réservées.
Les Comités provinciaux s'aperçurent bientôt qu'ils avaient été imj^ré voyants en repoussant l'offre qui leur était faite. Au mois de juin suivant déjà, le Hainaut, dépourvu de café, en deman-