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IMPORTATION DU CAFE

dait au Comité National. Celui-ci, grâce à l'intervention du Comité d'Anvers, put encore obtenir 25,000 balles, mais à un prix augmenté de 10 %. Le café qui lui était offert au mois de mars à un prix variant entre 60 et 71 pfennig la livre, lui était cédé au mois de juillet à 74 pfennig ou 91 centimes. Dans le commerce de détail le prix atteignait à cette époque i fr. 30 le demi-kilo.

Les prix continuèrent à s'élever à mesure que les réserves du pays s'épuisaient. Au mois de septembre 1915, une maison de commerce offrait au Comité National du café à un prix correspondant à 2 fr. 20 le kilo. La hausse s'accentua quand, en janvier 1916, l'autorité allemande fit faire le relevé des stoks de café existant dans le pays. On voyait avec raison dans cette mesure le prélude d'une saisie ouverte ou déguisée. Le produit cotait 4 francs le kilo au mois de février 19 16, 9 fr. 60 au mois de juin, de 15 à 18 francs en mars 1917, de 40 à 54 francs le kilo au mois de mai suivant.

Depuis le printemps de l'année 1916, le café, à raison de son prix, devint une denrée de luxe que les classes riches seules purent encore consommer de façon courante. Le peuple fut privé d'une de ses boissons favorites, à un moment où la bière, la boisson nationale par excellence, perdait en qualité tout en augmentant de prix, et oii la chicorée, le succédané habituel du café en Belgique, était monopolisée par l'autorité allemande qui n'en laissa plus venir sur le marché que de petites quantités vendues à des prix exorbitants (au mois de mars 1917, la chicorée coûtait en moyenne 4 francs le kilo, soit huit fois le prix de 1914).

Deux moyens s'offraient au Comité National pour aider la population : procurer à celle-ci une denrée pouvant remplacer le café dans l'alimentation ou importer du café. Il employa l'un et l'autre. Il fit fabriquer du café-malt en torréfiant des céréales et négocia par l'intermédiaire de la C. R. B. l'achat de café à l'étranger. L'importation de ce produit présente les mêmes péripéties que celle du cacao. Autorisée jusqu'au mois de décembre 1915, c'est-à-dire pendant toute la période où le commerce libre suffisait au ravitaillement du pays, elle fut interdite jusqu'au mois de novembre 1916. A partir de cette époque, le Comité National put en introduire chaque mois 1,100 tonnes.

quantité considérable qui représente plus de la moitié de la consommation du pa3-s en temps de paix. Mais les entrées effectives restèrent beaucoup au-dessous de ce chiffre. Elles atteignirent durant l'année 1917, 4,880 tonnes, soit environ 420 tonnes par mois. Durant les dix premiers mois de 1918, elles n'atteignirent qu'exceptionnellement 1,000 tonnes pour la Belgique et le nord de la France réunis.

Malt et PRODUITS pour la brasserie. — La Belgique ne produit pas en quantités suffisantes l'orge et le houblon nécessaires aux milliers de brasseries en activité chez elle. Avant la fin de 1915, l'industrie de la brasserie commença à manquer de matières premières et demanda au Comité National de l'aider à s'en procurer à l'étranger. Le président de la C. R. B. consulté ne se montra pas favorable à cette proposition. Dans une lettre du 15 janvier 1915, il faisait remarquer que l'importation de ces matières ne convenait guère à un pays menacé par la famine et que, si la Commission y procédait, elle s'attirerait des critiques en Amérique. La question fut momentanément ajournée. Dans le courant du mois de mars 1915, un groupe de brasseurs belges fit de nouvelles et pressantes démarches en vue d'obtenir l'autorisation d'importer des céréales pour la brasserie.

Pour justifier leur demande, ces industriels faisaient notamment valoir :

1° Que la bière du pays est une boisson saine, fortifiante et que son usage est nécessaire en Belgique par suite du manque de bonne eau;

2° Que les sous-produits, tels que les drèches, sont très utiles pour l'alimentation du bétail ;

30 Que d'autre part, l'arrêt de l'industrie brassicole entraînerait l'arrêt de la fabrication de la levure, ce qui occasionnerait une grande perturbation dans l'alimentation humaine.

Tenant compte de ces considérations dont il appréciait la valeur, le Comité National cotisentit à faire, d'accord avec la C. R. B., l'importation en Belgique des produits nécessaires à l'industrie brassicole : orge, escourgeon, malt, avoine, seigle et houblon. Ces matières devaient être achetées à l'étranger par

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