IMPORTATION DU MALT
les délégués du Comité National désignés d'accord avec les brasseurs, et importées à l'intervention de la Commission for Relief in Belgium. A cet effet, les brasseurs constituèrent un groupement sous la dénomination de <( Association momentanée des Brasseurs et Malteurs belges. » Les produits importés devaient être envoyés dans chaque province par les soins de la C. R. B. où le Comité provincial les délivrerait au délégué de l'Association. Celui-ci les répartirait entre les brasseries de la province, suivant les instructions de l'Association. Toutes les opérations se feraient aux risques et périls de l'Association des Brasseurs et Malteurs belges.
Le Comité National prélèverait une prime de 3 fr. 50 par 100 kilos sur les maJts et avoines et de 2 francs sur les autres produits.
L'Association devenue la Fédération des Brasseurs belges entreprit immédiatement des négociations pour obtenir du Foreign Office l'autorisation d'importer les matières susdites qu'elle se proposait d'acheter soit en Angleterre, soit en Hollande. Le 5 novembre 1915, le Foreign Office notifia à la C. R. B. que le Gouvernement royal autorisait l'importation en Belgique de 18,000 tonnes d'orge ou de 15,000 tonnes de malt par mois. Provisoirement, et à titre d'essai, l'importation était cependant limitée aux deux tiers de ces quantités. L'autorisation était subordonnée à la double condition que : 1° l'autorité occupante ne réquisitionnerait plus en Belgique ni malt ni orge ; 2° la situation du marché anglais permettrait cette exportation.
Les autorités allemandes donnèrent toutes les garanties que l'on réclamait d'elles, mais le département anglais de l'Agriculture estima que le pays n'était pas suffisamment approvisionné en orge pour qu'il pût en céder à la Belgique. Le Gouvernement hollandais de son côté n'accorda pas de permis de sortie à l'orge achetée dans les Pays-Bas. Les brasseurs belges durent donc renoncer à se procurer au dehors les matières premières dont ils avaient besoin et se contenter des orges indigènes que la Centrale allemande de l'orge ( Gerstenzentrale) mit à leur disposition. Pour leur venir en aide dans une certaine mesure, le Comité National consentit à leur céder les sous-produits du maïs travaillé dans ses usines. Le 16 décembre 1915, le président du
Comité exécutif fit à ce sujet aux délégués des Comités provinciaux la communication suivante :
A la suite d'arrangements intervenus, le Comité National a été autorisé à livrer des sous-produits du maïs aux brasseries. Ces matières seront livrées exclusivement par le Comité National à la Fédération des Brasseurs. Celle-ci sera chargée de leur répartition sous notre contrôle. Il importe donc que les Comités provinciaux s'abstiennent d'une manière absolue de livrer des marchandises aux brasseurs.
Toute demande de produits émanant de brasseurs devra donc être remise au Comité National qui priera la Fédération d'y sonner suite. Alors les brasseurs du pays auront le droit de participer à la répartition des matières premières au prorata de la capacité de leurs usines et de leur clientèle actuelle. Si des Comités constataient des abus dans la répartition, ils sont priés de nous en prévenir.
Ces fournitures n'eurent lieu que pendant très peu de temps : les dernières furent faites dans le courant du mois de janvier 1916. A dater de cette époque toitt le maïs fut réservé à l'alimentation humaine.
Produits pharmaceutiques. — Par une dépêche du 21 janvier 1915, le chef de l'administration civile allemande fit connaître au Ministre des États-Unis que le gouverneur général exonérait de toute réquisition les produits pharmaceutiques importés par le Comité National. Le Comité National put donc pourvoir dans une certaine mesure aux besoins du pays en médicaments et en objets d'usage hygiénique ou médical. En général, ses demandes ne rencontraient aucune opposition de la part du Foreign Office, sauf quand il s'agissait d'appareils en caoutchouc, substance que l'Allemagne cherchait par tous moyens à se procurer. L'opposition n'était d'ailleurs pas irréductible, même en ces cas spéciaux, et, à plusieurs reprises, le Comité National put se procurer des objets en caoutchouc, notamment des tétines dont il importa jusqu'à 5,000 pièces à la fois. Parfois au lieu du produit demandé, les pharmaciens belges devaient se contenter d'un succédané : on leur refusait, par exemple, de la vaseline, mais on leur accordait de la gelée de pétrole [petroleum jelly). Il arrivait aussi que le bureau de Londres n'obtenait le permis d'importation qu'en réduisant