IMPORTATION DU POISSON
l'importance des demandes jugées trop fortes pour les besoins courants du pays.
Parmi les substances médicamenteuses dont l'importation se fit par quantités considérables, figurait le phosphate de chaux dont on passait des commandes de 4,000 à 5,000 kilos à la fois et le lactose qui sert à materniser le lait de vache. Un essai tenté en janvier 1917 pour obtenir en Suisse de l'ovomaltine, produit reconstituant, n'aboutit pas, l'exportation de Suisse des produits alimentaires étant interdite.
Le ravitaillement des pharmaciens en alcool, en amidon et en huile dut se faire par des prélèvements sur les quantités dont le Comité National disposait pour l'usage général du pays. Il ne fut pas possible de procéder pour eux à des achats spéciaux à l'étranger.
Poisson. — Le poisson conservé, spécialement la morue, le stockfish, les harengs fumés ou salés, constitue un aliment très apprécié des classes pauvres en Belgique. Dès le mois de mars 1915, les Comités du Hainaut et de Liège, qui avaient quelque i^eine à nourrir leurs grosses agglomérations ouvrières, demandèrent au Comité National de leur en procurer. Les harengs fumés qui à égalité de poids contiennent plus de substances alimentaires que les poissons salés devaient être préférés. Le Comité National déféra à leur demande. Mais l'expérience prouva que ce produit ne convenait qu'aux localités à population dense. En juin 1915, le sous-comité de Huy notamment ne parvint pas à se défaire dans son ressort des harengs que son Comité provincial lui avait envoyés, et les autres sous-comités de la province ne désirant pas en recevoir j)lus que leur part, il dut pour les écouler s'adresser aux Comités des Flandres. On reconnut en outre que ce produit réclame des soins spéciaux pour supporter un transport prolongé sans se corrompre. Fréquemment les expéditions arrivaient en l^artie avariées. En octobre 1915, par exemple, on reçut des harengs dans un état de décomposition tellement avancé qu'il fut impossible de les distribuer aux Comités provinciaux et qu'on dut vendre à Bruxelles ceux qui étaient encore propres à la consommation.
Les importations de poisson continuèrent à intervalles irré-
guliers jusqu'à ce que le Foreign Office raya ce produit du programme de la C. R. B. (janvier 1916). Il permit de l'y réinscrire dans le courant de l'été de 1916 et, à partir du mois de novembre de cette année, la C. R. B. en acheta à plusieurs reprises en Norwège et en Hollande malgré les aléas que ces opérations commerciales présentaient : en décembre 1916 le bureau de Rotterdam écrivait à celui de Bruxelles que sur 3,750 barils de harengs de Norvège qu'il venait de recevoir, un tiers était impropre à la consommation. Au mois de décembre de l'année suivante, sur 200 tonnes de harengs envoyés de Rotterdam à Bruxelles, la moitié ne convenait qu'à l'usage d'engrais.
L'importation du poisson frais présente naturellement plus de difficultés encore que celle du poisson fumé. Néanmoins en 1917, les arrivages de produits alimentaires diminuèrent tellement que, pour préserver le pa3-s de la famine, le Comité National pria la C. R. B. d'acheter en Hollande toutes les denrées alimentaires qu'elle pouvait se prociirer. Au mois de mars, les autorisations nécessaires a5'ant été obtenues du Gouvernement hollandais et des autorités allemandes, les envois de poisson frais commencèrent. Ils furent dirigés exclusivement sur les grandes villes et les grosses agglomérations industrielles. La façon dont les transports par chemin de fer étaient organisés ne permettait pas d'expédier aux districts éloignés un produit aussi périssable. Au lieu de poisson, on leur envoya des œufs, du fromage ou du poisson salé ou fumé.
L'importation fut de nouveau suspendue au mois de septembre 1917 par ordre des autorités allemandes.
Pour suppléer le jDoisson frais, des démarches furent faites auprès des autorités allemandes pour qu'elles permissent l'importation des moules, aliment populaire par excellence. Elles l'avaient déjà autorisée à diverses reprises, tout au moins dans quelques parties du pays. C'est ainsi qu'en juillet 1916, à la demande de l'administration communale de Bruxelles, elles avaient pendant un certain temps ouvert la frontière aux bateaux zélandais amenant des moules et des crevettes. Biles ne voulaient pas accorder d'autorisation permamente de peur que, malgré la surveillance à laquelle ils étaient soumis, les bateaux ne servissent au transport des lettres ou au passage des jeunes