IMPORTATION DE VI.\NDES I4I
gens cherchant à quitter le pays pour aller s'enrôler dans l'armée belge. Au mois d'octobre 1917, elles consentirent à une nouvelle ouverture de la frontière au profit des envois destinés au Comité National. Les moules devaient parvenir par allèges à Anvers et de là être envoyées à destination par la voie ferrée. L'importation pouvait atteindre 400 tonnes par semaine. Elle fut toujours inférieure à cette quantité. Par suite de la lenteur des transports et du mauvais conditionnement des chargements, beaucoup de ceux-ci arrivèrent à destination en mauvais état. Il n'est guère de comité qui n'eut à se plaindre de ce qu'il recevait et les Comités de Liège (lettre du 27 novembre) et du Hainaut (lettre du i^^" décembre) finirent par renoncer à la part qui leur revenait. Les transports eussent été beaucoup plus aisés si l'autorité allemande avait permis le passage par les rivières et canaux des petits bateaux zélandais qui amenaient la marchandise, et n'avait pas obligé le Comité National à les faire décharger à Anvers. Les bateaux de la C. R. B. chargés d'autres produits pénétraient librement en Belgique et y circulaient sur les voies navigables. On comprend difficilement pourquoi les bateaux chargés de moules ne pouvaient jouir du même régime. L^ne exception fut admise pour la Flandre orientale : les bateaux qui lui étaient destinés lui arrivèrent par le canal de Terneuzen. Mais dans le courant du mois de novembre 1917, le Wasserpolizeiamt de Gand prétendit retenir les allèges pendant trois à quatre semaines sous le prétexte qu'elles traversaient trop souvent la frontière. Cette exigence rendit de fait l'importation impossible. Au mois de janvier 1918, celle-ci fut limitée au district d'Anvers d'où parfois des commerçants en amenaient de petites quantités à Bruxelles.
Viandes. — La question de l'importation des viandes fut soumise pour la première fois d'une façon formelle aux Comités provinciaux à la réunion bimensuelle de leurs délégués tenue le 6 mai 1915. Le Comité exécutif leur déclara que d'après les renseignements qu'il avait reçus, le prix de la viande de bœuf était à ce moment de 40 % plus élevé qu'un an auparavant; celui de la viande de porc avait augmenté de 130 % dans le même laps de temps. Cette hausse lui paraissait l'indice que le
bétail était en quantité insuffisante. Fallait-il en importer? Plusieurs négociants offraient de ser\'ir d'intermédiaires au Comité National, j^ourvu que celui-ci obtînt j^our eux ime simplification des formalités douanières et des garanties pour le transport des viandes ou du bétail par voie ferrée.
Les représentants des grandes villes se prononcèrent catégoriquement pour l'affirmative. Les représentants des provinces agricoles, le Limbourg, le Luxembourg et Namur, déclarèrent au contraire que le bétail ne manquait pas et que la hausse des prix provenait principalement des difficultés que l'on éprouvait à engraisser le bétail faute d'aliments convenables. Il ne fallait pas importer du bétail, mais des fourrages.
Le Comité National décida cependant de tenter l'importation en Belgique de bétail gras de Hollande. Mais les démarches qu'il fit auprès du Gouvernement hollandais pour obtenir les autorisations nécessaires ayant échoué (mai 1915), il dut renoncer à son projet. Sur les instances du Comité de l'Agglomération bruxelloise, il essaya d'importer des viandes conservées. Faute d'un matériel frigorifique, son choix était limité aux viandes séchées ou salées. C'est à ces dernières qu'il donna la préférence. A sa demande, la C. R. B. acheta de la viande en baril qui arriva dans le paj's vers la fin du mois de juin 1915. Ce fut, au point de vue commercial, une opération malheureuse. La viande revenait aux Comités provinciaux à 2 fr. 85 le kilo net et à un prix plus élevé encore s'ils tenaient compte des parties avariées, relativement importantes, qu'ils devaient céder à vil prix. La viande fraîche du pays ne coûtant guère plus, plusieurs Comités eurent beaucoup de peine à écouler le lot qui leur avait été attribué et n'3' réussirent que moj'ennant mi sacrifice pécuniaire.
Si le Comité National s'était décidé à cette époque à introduire de la viande en Belgique, c'était plutôt pour combattre la hausse des prix que la disette. Même à Bruxelles la viande était chère, mais y était offerte en quantité suffisante pour satisfaire à la demande que la misère avait fait descendre au-dessous de ce qu'elle était avant la guerre. Durant les mois d'août et de septembre, l'armée allemande avait pu acheter au marché d'Anderlecht près de 5,000 têtes de bétail sans provoquer une