‹ L'alimentation de la Belgique par le comite nationalChapitre 79 sur 227 · DEMANDES ADRESSÉES AU COMITE NATIONAL I · texte numérisé non relu

DEMANDES ADRESSÉES AU COMITE NATIONAL I

Petroleum C°. Au cas où le carbure seul pourrait être importé, il pourrait prendre tous les renseignements nécessaires au sujet des quantités disponibles, des prix, etc. Les besoins peuvent être évalués de 1,000 à 2,000 tonnes par mois.

Aucun des deux moyens que le Comité National suggérait, ne put être employé. La C. R. B., en usant de toutes ses ressources et de toutes ses influences, ne parvenait même pas à procurer aux habitants une quantité suffisante de vivres. Elle n'était pas en état d'entreprendre l'importation des produits d'éclairage. Le pétrole et le carbure cessèrent d'être en Belgique d'usage courant. Le commerce parvint pendant quelque temps encore à s'en procurer en Hollande ou en Suisse; en certains endroits, l'autorité occupante mit quelques wagons-citernes à la disposition des habitants, mais les quantités de l'un et de l'autre produit introduites dans le pays de cette manière étaient insignifiantes au regard des besoins. Dans les villes, les régies ou les sociétés concessionnaires étendirent dans la mesure assez restreinte où leurs approvisionnements en matériel le leur permettaient, leur réseau de distribution du gaz et de l'électricité. A la campagne, on installa des distributions ^provisoires d'éclairage électrique, utilisant pour le transport du fluide, à défaut de fil de cuivre, les fils de fer entourant les pâturages. Le nombre des habitations privées d'éclairage diminua de cette façon dans une certaine mesure, mais resta néanmoins considérable.

Il n'est guère de besoins individuels ou publics auxquels le Comité National n'ait été sollicité de pourvoir. Tous les intérêts et toutes les souffrances s'adressaient à lui comme au seul pouvoir belge dont on pût attendre du secours. La grande industrie et l'agriculture sollicitent son concours; la petite bourgeoisie lui expose ses souffrances; le peuple l'appelle à son aide. On l'invoque en faveur des hommes, comme en faveur des animaux. On lui demande de la nourriture pour les chiens abandonnés, des graines pour les oiseaux exposés à périr. Le 1^^ décembre 1915, trois sociétés s'occupant de l'élevage des canaris universellement connus, disent-elles, sous le nom de Mechelsche Waterslagers, lui exposent que cette race célèbre est condamnée à disparaître faute de trouver encore dans le pays la nourriture convenable!

Aucune de ces requêtes ne laisse le Comité National indifférent. A tous les besoins il tâche de venir en aide. Il négocie l'achat de câbles pour les houillères, d'huile pour les machines, de cordes pour lier les gerbes, de fil pour les dentellières, de tôles pour la réparation des automobiles, de chevaux pour la préparation des sérums. Il s'occupe des besoins du culte. Par l'intermédiaire de la section du ravitaillement du culte, organisée par lui avec le concours du cardinal Mercier, il introduisit du vin de messe (4,000 litres en décembre 1917, 5,000 litres en avril 1918), de l'encens et quelques autres articles.

Lorsque, comme il arrive souvent, il ne parvient pas à obtenir de l'étranger par l'intermédiaire de la C. R. B. les articles qui lui sont demandés, il tâche d'y suppléer par une utilisation habile des déchets de l'alimentation. L'huile extraite du maïs permet de maintenir en activité les usines nécessaires à l'alimentation; purifiée, elle sert aux besoins du culte; l'alcool obtenu de la fabrication de la levure sert à éclairer les charbonnages et à actionner les automobiles; les balayures des moulins fournissent de la colle pour la fabrication des galoches. On trouvera dans le tome II du Rapport général sur le fonctionnement et les opérations du Comité National, deuxième partie, un exposé de ce qui fut fait à ce point de vue. Il n'est pas de domaine où apparaisse plus nettement la complexité des problèmes qui s'imposèrent à l'attention du Comité National et l'ingéniosité des hommes qui parvinrent à les résoudre.

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