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CHAPITRE PREMIER LE TERRITOIRE A RAVITAILLER

a) Territoire belge.

Dès sa constitution, le Comité National se donna pour tâche d'organiser le ravitaillement de toute la partie occupée de la Belgique. Ce territoire n'a guère varié d'étendue depuis le moment où l'armée belge s'arrêta sur l'Yser en octobre 1914 et celui où, franchissant la rivière au mois d'août 1918, elle commença l'attaque qui devait amener la libération du paj's. Durant cette période, le territoire ravitaillé par le Comité National comprend la Belgique entière, moins la partie des arrondissements de Furnes et d'Ypres demeurée au pouvoir du Gouvernement royal et la zone de limites indécises située entre les fronts de combat où les soldats ont seuls accès. Quelques localités seulement ont, durant l'existence du Comité National, passé d'une zone à l'autre et ont connu successivement la tristesse de l'occupation, la joie de la libération et l'amertume du retour au pouvoir de l'ennemi.

La limite extrême atteinte par le ravitaillement suit, à partir de la mer, le cours de l'Yser jusqu'à Dixmude, la route de Dixmude à Ypres jusqu'à IMerckem, puis une ligne courbe qui, partant de Merckem et passant par Westroosebeke et Moorlede, atteint la Lys en aval de Warneton. Beaucoup de communes qui longent cette ligne furent, successivement et parfois à plusieurs reprises, abandonnées, puis réoccupées par leurs habitants. Elles

figurent donc à certains moments sur la liste des communes ravitaillées, puis en sont ra3^ées. Presque toujours leur réinscription ne signifie pas qu'elles sont ravitaillées en entier, mais simplement qu'une partie de leur territoire, ne comptant peut-être que quelques maisons, a conservé un certain nombre d'habitants qui reçoivent des vivres du Comité National. Il est impossible, et d'ailleurs sans intérêt* pour l'objet exposé ici, de décrire ces divers déplacements de la ligne du ravitaillement le long du front de combat. La zone où elle passe échappait de fait à l'application des règles ordinaires sur le transport et la distribution des vivres. Parfois les agents du service de l'alimentation n'étaient en rapport avec les consommateurs de cette zone que par l'intermédiaire des autorités militaires allemandes. Le mouvement le plus marqué de la ligne au cours de la guerre de position eut lieu à la suite de la grande offensive anglaise de l'automne de l'année 1917. A partir du i^^ novembre de cette année, la région de Roulers cessa de figurer sur les rôles de distribution des vivres. Elle comprenait les communes de Gits, Staden, Hooghlede, Beveren, Lichtervelde, Coolscamp, Ardoye, Roulers, Rinnbeke, Cachtem et Emelghem.

b) Territoire étranger.

Quelques parcelles du territoire français furent annexées, au point de vue du ravitaillement, au territoire belge. Ce fut d'abord la région de ]\Iaubeuge. Dès le début du mois de novembre 1914, le maire de IMaubeuge fit demander au Comité National, par l'intermédiaire des ministres des États-Unis et d'Espagne, de vendre à la ville de Maubeuge les denrées nécessaires pour lui permettre de vivre. Le Comité National, qui ne savait encore s'il pourrait subvenir aux besoins de la Belgique, hésita à assumer le ravitaillement d'une nouvelle région comptant environ 88,000 habitants. Mais la pitié qu'inspirait la situation malheureuse de ces populations durement atteintes par les opérations du siège de Maubeuge, la considération aussi que Maubeuge appartenait au territoire du gouvernement général et formait administrativement partie de la Belgique, firent accueillir favorablement la requête. Le Comité National n'accepta cette charge

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