‹ L'alimentation de la France et les ressources coloniales ou étrangèresChapitre 21 sur 47 · Numéro d'avril · texte numérisé non relu

Numéro d'avril

est beaucoup moins apprécié que jadis ; les matières alimentaires sont beaucoup moins rares, et l'on préfère avec raison le poisson frais simplement conservé parle froid. La preuve en est que, en Belgique précisément, le poisson importé, qui ne représentait que moins de 3 millions de francs en 4870, vers 1902 également s'introduisait pour 24 millions. La consommation du hareng saur s'est maintenue en raison du bon marché extraordinaire de cet excellent aliment ; et cette consommation d'une denrée à goût si prononcé s'explique justement par la nécessité où l'on est de recourir au poisson pour compléter la ration alimentaire, ou du moins la laisser moins maigre.

Pour reprendre un peu l'idée à laquelle nous faisions allusion tout à l'heure, il est bien évident que les 135 à 140 millions de francs environ auxquels on évalue fort approximativement la valeur des produits de la pêche maritime en France, ne représentent qu'un chiffre très minime, par rapport par exemple à la valeur de toutes les autres matières alimentaires et même simplement des viandes consommées par les estomacs français. Ce n'en est pas moins déjà un complément intéressant. PJus intéressante encore est la possibilité que l'on a de demander à des pays étrangers, en même temps qu'à l'industrie de la pêche française perfectionnée, des quantités de plus en plus considérables de cette chair de poisson.

Que les gens à tendances protectionnistes, c'est-àdire étroitement nationalistes, ne s'inquiètent pas de la concurrence que l'introduction du poisson étranger est susceptible de faire aux pêches maritimes françaises, dont on déplore les résultats pécuniaires : il y a place pour les produits étrangers et pour les produits nationaux, tout comme cela se passe pour le bétail indigène et pour le bétail étranger sur le marché anglais. L'appétit de nos compatriotes, appétit légitime, est susceptible d'absorber des produits beaucoup plus abondants de notre industrie de la pêche, tout en faisant appel aux ressources de l'extérieur. Le Bulletin de la Ligue Maritime Française, que l'on ne peut pas taxer d'indifférence pour ce qui est de l'intérêt de nos populations maritimes \ insistait sur ce que, au moment où la question de la vie chère se posait si âprement, l'heure était venue de faciliter pour le bien de tous la consommation des poissons.

Dès maintenant on peut, si on le veut toujours, recourir à des importations étrangères importantes ou même à des importations fort élargies de certaines de nos colonies.

Nous ne connaissons pas une étude (elle serait pourtant bien intéressante) fournissant des données

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