‹ L'alimentation de la France et les ressources coloniales ou étrangèresChapitre 37 sur 47 · LES FRUITS DE LUXE LES FRUITS POUR BOURSES MODESTES · texte numérisé non relu

LES FRUITS DE LUXE LES FRUITS POUR BOURSES MODESTES

Ce mot de luxe va amener, s'ils n'y songeaient déjà, beaucoup de nos lecteurs à considérer que nous sortons quelque peu du côté essentiellement pratique de la question, en envisageant comme une forme tout indiquée de l'alimentation la large consommation de fruits par la grosse masse que nous avons en vue, par le consommateur moyen ou même modeste.

Il est certain que pendant bien longtemps en France, et du moment où Ton ne se trouvait plus dans les milieux essentiellement campagnards où Ton consomme ce qu'on a à sa portée, et notamment les fruits du jardin et du verger, on a eu tendance à considérer que le fruit était uniquement un dessert, c'est-à-dire un luxe, une gourmandise; que l'on pouvait, que l'on devait presque au point de vue rationnel, dans un groupe familial économiquement conduit (au sens courant du mot), s'en abstenir à peu près complètement. Il ne paraissait pas y avoir dans le fruit un aliment vraiment utile pour l'entretien de

la vie organique ; Ton devait s'en passer tout comme autrefois l'on se passait de sucre, le repas ne semblant pas devoir être complété, sinon dans des milieux dépensiers, par le chapitre dessert.

On trouverait une sorte de tradition incnscoiente de ce préjugé dans un chapitre de Fexcellent petit volume ÏHygiène de la cuisine du Dr Laumonier, quand il parle de l'alimentation mixte, et que, en concluant à la nécessité de cette variété, il dit que l'alimentation de l'homme doit comprendre à la fois de la chair musculaire, des légumes et du pain. Les fruits sont oubliés dans l'énoncé, dans la formule, ils paraissent véritablement oubliés par l'auteur; mais il s'agit simplement d'une apparence. La preuve en est que, uq peu plus loin, dans le même ouvrage, il consacre un chapitre aux légumes et aussi aux fruits mentionnés de façon expresse ; il assimile volontiers les uns et les autres ; quoique, en fait, il y ait beaucoup de différence dans la composition de ces deux denrées alimentaires et aussi dans leur influence, dans leur rôle au point de vue de la ration humaine.

Certes il ne faudrait pas pousser l'enthousiasme pour le fruit considéré comme aliment au même point qu'un auteur qui écrivait récemment dans la Revue Scientifique \ M. J. Lourbet y publiait un

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