‹ L'alimentation de la France et les ressources coloniales ou étrangèresChapitre 7 sur 47 · Voir numéro d'octobre · texte numérisé non relu

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d'hygiène alimentaire, en 1906, Yves Guyot avait essayé de calculer la quantité de viande disponible annuellement dans le monde ; et il avait trouvé qu'elle correspondait à 100 grammes par jour et par individu, alors que la ration militaire française, au moment où il écrivait, était de 330 grammes : il y avait donc un manquant, une insuffisance de 230 grammes par jour et par personne, cela simplement par rapport à une ration qui, certes, ne représentait pas la pléthore, le luxe, la surconsommation. Même aux États-Unis, où la viande était particulièrement abondante, il arrivait à une ration de moins de 85 kilos par an, au lieu des 118 kilos de la ration militaire, et dans un pays où Ton estime volontiers que la profusion règne en la matière. A plus forte raison y avait-il insuffisance en Grande-Bretagne, où cependant la consommation est formidablement supérieure à ce qu'elle est en France en particulier, et dans une foule d'autres pays.

Notre savant ami avait fait des calculs analogues et concluants également, à propos du froment, qui n'abondait pas dans le monde, comme il disait, qui était inconnu d'une masse considérable de populations, en dépit de sa supériorité alimentaire. Il envisageait du reste la question plus particulièrement au point de vue français, et arrivait à des données aussi peu satisfaisantes. Se reportant aux calculs faits jadis par Lagrange, totalisant les divers éléments d'alimen-

U l/ALlMENTATION DE LA FRANCE

tation susceptibles d'être mis à contribution par la population française, il constatait que, quand il nous fallait 100 kilogrammes de nourriture animale, nous n'en avions guère que 47 à 50. C'était bien en somme l'alimentation insuffisante, ce que Je Dr Laumonier appelle Yinanisation, ne pouvant qu'entraîner de la misère physiologique plus ou moins accusée; étant donné surtout qu'une moyenne est toujours fausse, que, parmi l'ensemble des gens sur lesquels porte le calcul, il y en a qui jouissent d'une ration plus abondante que cette moyenne, mais beaucoup d'autres qui sont au-dessous. Et l'on ne pouvait être accusé d'esprit tendancieux, si l'on rapprochait cet état à' inanisatio?i du taux relativement élevé encore de la mortalité et de la morbidité en France.

Cette question si importante de l'insuffisance de la ration alimentaire générale, de la consommation, spécialement chez nous, a été traitée à une autre reprise, de façon également très concluante, par Yves Guyot devant la Société de statistique de Paris1, quand il s'y est préoccupé du rapport de la population et des subsistances. Au risque de faire accuser une fois de plus les économistes de ne s'attacher qu'aux questions matérielles, ce qui est bien vrai au surplus, de ne considérer que ce que Chrysale appelait

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