CEN
DRES.
COEF-
FICIENT
delà
protéine .
centièmes.
— de fèv’es
Foin de trèfle
— de pré
Fèves moulues
Regain de pré
F arine de colza privée d’huile
Mélasse j
Pulpe
Trèfle vert (pas trop avancé)!
Tourteaux
Semences, plantes sarclées..
\ Composition non donnée.
(1) Nombre douteux.
Nous disons les coefficients précédents absolus, parce qu'ils sont relatifs aux aliments donnés dans une condition particulière, telle que finfluence d'alimentations complémentaires puisse être considérée comme nulle. Mais dans une ration constituée d'aliments grossiers (foins, pailles) et d'aliments concentrés facilement digestibles (graines moulues, tourteaux broyés), la digestibilité des premiers se trouve diminuée d'une quantité d'autant plus forte qu'est grande la proportion des derniers. Et l'action dépressive qui s'exerce dans ce cas peut aller très-loin, surtout dans les rations intensives, le coefficient de la protéine peut faiblir de 10, 20 et même au delà de 30 0/0.
Il se fait dans une ration complexe un balancement entre les divers éléments ingérés; ce sont toujours les plus facilement diffusibles qui passent, aux dépens des autres. Et c’est par cette sorte de compensation que le coefficient de la protéine d’une ration est toujours en accord avec sa relation digestive
Tous les résultats que nous venons d’énoncer permettent d’utiliser au plus haut degré les substances protéiques dans les rations alimentaires* C’est cette utilisation qui est la pierre angulaire du profit dans la spéculation animale, parce que c’est presque toujours les matières azotées, qui manquent à l’agriculteur; tandis que les glucosides et le ligneux sont toujours surabondants. La paille des céréales est une mine abondante qui fournit toujours à bas prix ces derniers éléments. C’est surtout sur les premiers que f attention du cultivateur doit être sans cesse dirigée.
Cependant on ne saurait trop recommander de ne pas considérer ces nombres comme des données absolues ^ immuables ; \\s doivent servir de bases générales; ce sont des indications précieuses, mais il faut bien se garder de les croire des points d’appui tout à fait lixes. Il faut toujours les corriger en raison de l’aptitude individuelle.
d, — De la digestibilité des matières grasses, et de leur influence sur la digestion.
Maintenant que nous avons donné le moyen de fixer la quantité de matières protéiques assimilables qui entre dans une ration, avec autant d’exactitude que le romporle une quest on si complexe et si délicate, c’est
L ANIMAL ET LA PLANTE. 73
l’étude de la digestibilité des matières grasses, et de leur rôle dans la digestion, qui va nous occuper.
Déjà depuis longtemps les matières riches en huile sont réputées pour avoir de très-bons effets dans l’alimentation en général, puisque Caton en parle; mais c’est surtout dans l’engraissement que l’on en a jusqu’ici reconnu les bons effets. Ce que nous allons en dire montrera que leur présence est toujours avantageuse, dans toute ration.
Les expériences de Grusius à ce sujet sont devenues classiques. Elles ont mis en évidence cette vérité du plus haut intérêt, à savoir que la présence des matières f/rasses dans V alimentation^ en proportion convenable^ augmente la digestibilité des matières protéiques et des hydrates de carbone y et parmi ceux-ci de la cellulose surtout. Il suit de là que la considération des matières grasses dans la composition des rations est d’une très grande importance. Leur emploi raisonné permet d’utiliser la paille à un haut degré, et c’est là un point qui mérite toute l’attention. Il n’est pas indifférent du tout de prendre les hydrates de carbone dans la farine des céréales, dans le foin ou dans la paille. C’est dans la paille qu’il est le plus économique d’aller les chercher.
Les mêmes expériences ont montré, en outre, que le rapport le plus favorable entre les matières grasses et la protéine est compris entre
Gr 1 Gr 1
et qu’au delà du rapport —, il y en a une certaine
quantité que l’on retrouve dans les excréments, sans qu’elles aient servi à la nutrition.
La richesse du lait en beurre montre combien la nature prend soin de ne pas laisser manquer la graisse dans l’alimentation des jeunes animaux, chez lesquels l’activité organique est si développée. On verra dans le tableau de la composition du lait que nous donnons plus loin (2® partie, ration d’élevage), que le beurre forme en général un peu plus du tiers de la matière sèche. Nos expériences de l’hiver 1875 sur le contenu en beurre du lait de vache déjà avancées, nous ont donné une moyenne de 5 0/0, le maximum moyen étant 5,23 et le minimum moyen 4,90 sur un ensemble de 31 dosages.
Les expériences de Crusius sur les veaux montrent que l’accroissement en poids n’est proportionnel ni à la quantité de protéine, ni à celle de sucre de lait, mais plutôt à la proportion de beurre qui se trouve dans le lait consommé.
Des expériences faites sur l’engraissement dos cochons et la production du lait ont donné des résultats analogues dans leur genre.
11 ressort aussi des expériences de Henneberg et Stohmann, sur la digestibilité des fourrages grossiers, que les matières grasses, telles que nous les avons définies (principes solubles dans réthcr), ne sont pas également digcslil)les dans tous les aliments. Voi i quelques chiffros à ce sujet :
l’akimal et la plante. 75
Désignation des aliments. Coefficient,
Fèves égrugées 1,00
Paille de fèves 0,00
Foin de trèfle 0,35
— pré 0,45
Paille d’avoine, de blé 0,20
Huile de navette 1,00 (1).
En général il ne faut guère compter que sur le tiers des substances grasses indiquées dans les tables, pour les fourrages grossiers .(foins, pailles). D’où il suit qu’il faut d’autant plus en donner qu’il entre dans la ration moins d’aliments concentrés.
On a vu plus haut quelles quantités digèrent en moyenne les différents genres d’animaux agricoles.
e. — De la digestibilité des glucosides et du ligneux.
Les Allemands appellent matières extractives non azotées les parties facilement solubles dans les acides et les alcalis étendus. Les principales de ces substances sont les matières amylacées, sucrées et la cellulose jeune, que nous désignons sous le nom de glucosides; on y trouve en outre des gommes et de la pectine, dont les effets nutritifs sont jusqu’ici on ne peut plus douteux. C’est pour cette raison que dans l’étude des aliments nous n’avons parlé que des premières substances. Du moment que l’on ne sait rien sur la valeur physiologique des dernières, il est inutile de s’en occuper pour le but que l’on se propose ici. Celte restriction faite, nous passons à l’étude de leur digestibilité,
(1) La composition de ces aliments a été donnée au tableau précédent.
Celle-ci n’est certes pas absolue quand on les prend en bloc. Ainsi les expériences déjà citées de Henneberg et Stohmann sur les fourrages grossiers ont donné les coefficients suivants :
Désigoation des aliments. Coefficients.
Paille d’avoine 0,44
— de blé 0,39
— de fèves 0,G2
Foin de trèfle 0,G7
— pré 0,G7 (1).
Mais si, comme nous l’avons dit plus haut, la digestibilité de la protéine est influencée d’une façon remarquable par la proportion des autres principes, tout porte à croire que la digestibilité des glucosides est aussi dépendante de la quantité de protéine. L’expérience d’Haubner, que nous avons donnée plus haut, en est une preuve frappante.
Il ressort aussi des expériences d’Henneberg et Stohmann un fait d’une importance pratique considérable à savoir que la partie soluble dans Peau des fourrages grossiers donne à peu près exactement la mesure des glucosides digestibles. Voici les résultats obtenus :