PLAN
Étant connu ce qui précède, nous pouvons aborder le calcul des rations, c’est-à-dire la détermination de la quantité de chaque groupe de principes nutritifs qu’il est le plus avantageux de fournir aux animaux qui nous intéressent pour arriver aux différents buts que l’on peut se proposer.
Après avoir posé les principes généraux de cette détermination, nous aborderons d’abord la ration d'élevage, parce que, dans l’ordre naturel des choses, c’est la première que tout animal est appelé à recevoir. Ce n’est qu’après avoir posé les bases scientifiques de celle-ci, que nous nous occuperons de la ration d'entretien, que l’on peut définir la quantité d’aliments nécessaires à la conservation de la vie et au bon fonctionnement de l’organisme animal, sans que celui-ci gagne ou perde de sa substance, sans qu’il donne aucun produit. La raison de cet ordre est facile à saisir ; car, l’animal se trouvant alors dans une période de formation, il ne peut pas être question de l’entretenir. L’en-
DEUXIÈME IVKTIE.
tretien d’une machine ne commence que lorsqu’elle est construite : ainsi en est-il de Tanimal.
Nous sommes conduit naturellement à nous occuper alors de la ralion de production, que l’on définit tout excédant à la ration d’entretien. Les bases de la ration de production doivent évidemment varier selon les différents buts qu’on se propose. C’est pourquoi nous passerons successivement en revue la production du lait, la production de la viande de boucherie ou engraissement, et enfin la production de la force.
Il n’entre pas dans le cadre restreint de nos études d’étudier les conditions spéciales auxquelles les animaux doivent satisfaire pour répondre à ces différentes lins ; cela est du ressort de cette partie de la zootechnie qui étudie les races et les types de conformation qui correspondent le mieux aux diverses fonctions économiques.
L’unique point vers lequel nous tendions, c’est d^aider le cultivateur à tirer le meilleur parti possible des aliments dont il dispose, les conditions économiques dans lesquelles il se trouve étant connues, et les animaux choisis dans le sens de la spéculation qu’elles indiquent.
Principes généraux.
Le problème d’une bonne méthode d’alimentation rationnelle exjp^o non-seulement que les fourrages disponibles soient distribués de telle façon et en telle I)roportion que les rations correspondent aux besoins de l’animal et au but de son entretien, mais encore que l’alimentation convienne et corresponde à ce qu’il y a de préférable au point de vue de la culture, et de plus avantageux au point de vue du bénénen. (J. Külm, édit, française.)
Il est diflicile d’énoncer d’une manière plus précise les conditions auxquelles doit satisfaire le problème que nous allons essayer de rés^idre; celui-ci se compose donc de deux parties distinctes : Tune ayant rapport à la détermination des quantités d’aliments nécessaires aux individus; et l’autre tendant à établir une harmonie indispensable entre la situation économique, les besoins des animaux, et le but que l’on cherche à atteindre.
Four arriver à une solution rationnelle, il faut évidemment partir de bases générales solides, de i)eur que l’édilice ne s’écroule avant que l’on n’en soit au faîte. Le premier point de vue auquel nous devons nous placer étant le côté physiologique, nous allons d’abord
établir les principes généraux qui doivent servir de point de départ pour ta solution de cette question. Ensuite nous étudierons les lois d’économie rurale qui . dominent la seconde face du problème.
Pour déterminer quantitativement une ration, il ne convient pas de prendre pour point d’appui le nombre de têtes de bétail d’une étable, car il est évident que deux individus peuvent avoir des besoins bien différents. La surface du corps serait plus rationnelle, mais malgré les efforts récents que l’on a fait pour l’utiliser dans ce sens, elle n’offre pas les caractères d’une base rigoureuse, d’autant plus que nous n’avons pas de moyen qui permette d’en prendre, même approximativement, la mesure.
Mais le poids vif peut nous fournir un point de départ meilleur en l’utilisant convenablement; et cependant ce n’est pas encore une base absolument rigoureuse, quoi qu’il soit facile de le déterminer exactement au moyen de la balance. On sait, en effet, que la température et maintes conditions extérieures influent notablement sur les besoins alimentaires, et que l’âge, la race et l’individualité sont aussi des facteurs importants dans le calcul de la ration. Toutefois on peut considérer le poids vif comme une base d’une grande exactitude, lorsqu’on s’aide en même temps des considérations qui découlent des nombreuses expériences faites à ce sujet.
Pour obtenir des résultats précis , en le prenant comme point de départ général, il est nécessaire et suffisant que l’on détermine les besoins des différents genres d’animaux aux divers âges de la vie, et suivant les différents buts que l’on veut atteindre; et qu’en outre on prenne comme points de repère, non pas des
CALCUL DES RATIONS
moyennes absolues, mais des maxima moyens et des minima moyens ; et qu’enfm on se souvienne dans l’application que les exigences physiologiques des animaux de moindre poids sont relativement plus fortes que celles des plus lourds, et que, par conséquent, on se rapproche d’autant plus du maximum que Ton a affaire à une plus petite bête.
On peut facilement faire disparaître la cause d’erreur qui tient à la température, en prenant bien soin de la maintenir autant que possible voisine de 15 degrés dans les étables.
On y parvient en hiver par une bonne fermeture des portes et fenêtres, dans les étables dont les murs sont bons et le plafond bien couvert ; et en été en fermant par des volets ou des paillassons les ouvertures où donne le soleil, en ménageant des courants d’air dans la partie supérieure, et en disposant des vases à large surface remplis d’eau.
Quant aux influences qu’exerçent les autres conditions extérieures, on peut presque toujours faire disparaître les nuisibles. C’est surtout par la douceur et une exquise propreté qu’on arrivera aux meilleurs résultats.
Pour la détermination exacte du poids vif des animaux, il est indispensable d’avoir recours à la balance ; et les résultats obtenus ne sont comparables qu’autant qu’on les pèse toujours après le même temps de jeûne. C’est aussi à la balance Tju’il faut avoir recours pour faire une distribution rationnelle des aliments, et pour qu’on puisse, par une comptabilité régulière , juger rigoureusement d’une opération zootechnique. C’est encore elle seule qui, par des pesées successives des sujets, permet d’apprécier exao-
DEUXIÈME PAl/riE.
tement l’effet produit par un régime. Donc la balance seule peut fournir le critérium clans l’alimentation du bétail.
On a fait différentes tentatives pour substituer la mesure à la pesée directe des animaux. Mathieu de Dombasle a proposé un système pour les bêtes bovines; Quételet a également dressé des tables à ce sujet, et les Anglais en ontpour tous les animaux.Mais il faut dire que les résultats que l’on obtient ne sont jamais assez exacts pour fournir un point de départ sérieux : car toutes les tables qu’on peut employer dans ce but se rapportent aux animaux de certaines contrées. Celle qui concerne les bêtes bovines les plus rapprochées de celles de la Haute-Marne, est évidemment la table de Dombasle.
^ La base du calcul des quantités d’éléments nutritifs nécessaires étant établie ; il est indispenable de déterminer de quelle considération on partira pour fixer le volume de la ration; car, l’on doit dans tout établissement de régime en tenir grand compte. Il faut en effet, pour que la digestion se fasse dans de bonnes conditions , que fcstomac soit rempli après chaque repas. Les glandes qui sécrètent le suc gastricjue, et qui sont logées dans les parois de ce viscère, n’entrent en activité (pie par le contact des aliments mômes, et j)ar suite un estomac ne met en œuvre toute sa puissance de digestion que lorsqu’il est exactement rempli. D’un autre côté, s’il est trop distendu, la sécrétion se trouve gênée et peut même être interrompue. — La capacité de l’estomac dépend surtout du régime alimentaire des premiers temps de la vie. Chez les animaux ([ui ont été sevrés de bonne heure, et qu’on a alimentés avec des matières volumineuses , l’estomac prend
CALCUL DES nAT10>S.
un développement exagéré qui, une fois acquis, ne se perd plus. Lors donc qu’on veut se rendre compte de la capacité gastrique chez les adultes, il faût se souvenir de cette circonstance. Il suit de là qu’on ne peut pas évaluer 579^/0/7 la capacité gastrique d’un individu; on n’en peut avoir qu’une notion générale. — Le seul moyen que nous ayons de nous assurer qu’une ration est suffisamment volumineuse, est celui que l’on emploie couramment et qui consiste à examiner après chaque repas si le flanc est bien tendu, si l’animal est bien pleiiiy en termes do métier. Quand même on pourrait savoir exactement le volume de l’estomac, cela n’en resterait pas moins le seul moyen précis, parce qu’il n’est guère possible de déterminer exactement le volume qu’occupera certain mélange d’aliments après la mastication.
Le seul moyen qui permette défaire entrer indirectement le volume des rations dans leur calcul, c’est la considération du poids de substances sèches qu’elles renferment. C’est par là seulement que l’ori peut évaluer approximativement si la ration introduite dans l’estomac se trouvera dans de bonnes conditions physiques pour le fonctionnement de celui-ci. Mais c'est là un moyen bien imparfait, car il n’est pas indifférent que la matière sèche soit donnée sous tel ou tel état . Il faut pour les ruminants, par exemple, qu’il y ait toujours dans la ration une quantité notable de fourrages grossiers pour que l’acte de la rumination puisse s’accomplir.
Une chose qui montre aussi l’imperfection de celte base, c’est l’amplitude de la variation du besoin de substances sèches pour un même genre d’invididus. En ne considérant que les grands ruminants, par
exemple, les besoins peuvent varier de 1,5 à 3,5 par quintal vivant.
Quoi qu’il en soit, on peut par ce moyen cependant obtenir de bons résultats, quand on se sert judicieusement des points de repère donnés à ce sujet, et qu’on les modifie suivant les circonstances.
Quant à la quantité d’eau dont les animaux ont besoin, elle est évidemment très-variable. Elle n’est pas cependant indifférente pour faccomplissement normal des transformations. Plus elle est considérable, plus sont faciles aussi les mutations des principes ; plus les sécrétions sont abondantes, plus la graisse se forme rapidement. Mais d’autre part, quand l’eau absorbée se trouve surabondante, elle agit d’une façon préjudiciable sur la santé des animaux et la qualité de leurs produits. La consommation d’eau des animaux est en général plus considérable eu été qu’en hiver, avec une alimentation sèche qu’avec une nourriture aqueuse. La quantité d’eau que les animaux absorbent mélangée avec les aliments a toujours sur la digestion des effets meilleurs que l’eau directement bue. Aussi est-il avantageux dans la pratique de l’alimentation de donner aux sujets ce qu’on appelle des buvées, des masches, des fourrages verts ou aqueux en certaine quantité. Mais il faut se garder de ne pas rester dans de sages limites.
Enfin, le moyen le plus recommandable de faire boire les animaux, est de laisser toujours à leur disposition une eau saine et dont la température varie de 10 à 15 degrés G.
Mais il ne suffit pas que les animaux reçoivent une (piantité telle de nourriture que leur estomac soit rempli à chaque repas , il faut, en outre, (lue.l’on y trouve en quantité suffisante et dans des rapports donnés, les
CALCUL DES RATIONS
éléments nutritifs que nous avons démontré indispensables dans la première partie. Il faut que la quantité de substances azotées, grasses, hydrocarbonées soit en rapport immédiat avec le but que l’on se propose. Et pour que Tutilisation de la ration atteigne son maximum, il faut d’abord que la relation digestive corresponde et à râge de l’individu, et à la fin que l’on poursuit ; qu’ensuite il y ait entre les graisses et la protéine un rapport assez voisin de celui que l’expérimentation a montré le plus favorable.
Pour ce qui est des variations de la relation digestive avec l’age, la simple observation des faits naturels nous fournit des points de repère d’une grande précision. Mais avant d’entamer leur détermination, il est indispensable de préciser les périodes de la vie. Au point de vue physiologique, l’âge des animaux ne se compte pas par les mois et les années, mais par le développement du squelette. Or nous avons un moyen très-précis de suivre celui-ci pas à pas : il suffit, en effet, de suivre l’évolution dentaire.
La première période de la vie, que nous appellerons la période de l’allaitement, commence à la naissance de l’animal et va jusqu’à l’époque où toutes les dents de lait sont sorties. C’est alors le moment rationnel du sevrage complet.
La seconde période part de là et se poursuit jusqu’à la chute des premières incisives. La troisième s’achève quand est complète la dentition permanente. Enfin la quatrième part de cette époque.
Pour examiner comment doit varier la relation digestive suivant les âges précédents, nous allons considérer ce qui se passe à l’état naturel.
La mère allaite le petit pendant toute la première
période, et vers la fin, celui-ci commence à manger quelques jeunes pousses succulentes des herbes qui croissent spontanément et forment les pâturages de rétat de nature. Alors, quel est le rapport des matières protéiques aux substances hydrocarbonées ? La connaissance chimique du lait montre qu’il est à l’origine
de et celle des jeunes pousses des prairies naturelles qui, depuis le commencement de la seconde période, forment l’unique alimentation, indique qu’il passe 1 1
graduellement de ^ àg. Jusqu’alors, le ligneux n’entre
pas dans la ration, ou bien pour une infime partie. A partir de cette époque jusqu’à l’évolution complète de la dentition permanente, le rapport s’affaiblit graduellement pour être finalement égal à celui que l’on ren-
contre dans le foin de pre moyen et qui est de -, et
alors, le ligneux entre dans la ration pour moitié presque des substances hydrocarbonées. La deuxième et la troisième période ont donc pour relations digestives 111111 d’ 4’ 5’ Ô’ r 8*
Maintenant, pour guide de la rapidité de la décroissance de la relation digestive, on doit considérer l’évolution dentaire. Quand les pinces permanentes sont sorties, alors que commence la troisième période, c’est
la relation
En résumé donc, voici les variations de la relation digestive avec l’âge :
CALCUL DES RATIOISS.
l*"® période -à -
2® période - a à 5
3^ période - à ~
4® période
Quant au rapport adipo-protéique, Texpérimentation
a démontré qu’il devait être compris entre et
Dans le lait, le rapport est en général égal à l’unité, cela suffirait à faire comprendre toute l’importance^ des matières grasses dans l’alimentation de la première période, si nous n’avions pas les belles expériences de Crusius, Pour ce (pii est du foin de pré naturel, le rap-
poi-t y est de — .
Les glucosides et le ligneux doivent être dans un rapport décroissant si Ton exprime le ligneux au dénominateur. Ainsi, dans le lait où il n’y a pas de ligneux, le rapport =:! : 0 (1), et dans le foin de pré moyen,
il a pour expression
, environ 1. Mais ce rap-
port n’a pas, comme les précédents, une haute importance ; car la division des hydrates de carbone en ces deux groupes est un peu arbitraire, et chacun d’eux ne correspond pas réellement à des matières différentes, puis(jue c’est principalement la cellulose qui forme le ligneux, et que la cellulose a la meme com-
(1) Symbole de rinfini.
position que la fécule. La seule remarque importante pour l’application que l’on puisse faire au sujet de ce rapport, c’est qu’il doit être bien supérieur pour les animaux monogastriques que pour les ruminants, et que, pour ce qui concerne ces derniers, c’est seulement dans la ration d’entretien que ce rapport doit être minimum, c’est-à-dire inférieur à 1. Pour les chevaux de travail adultes, la considération des coeffi-
cients de digestibilité nous amène à r
Gl = l
Quant
aux variations de ce rapport avec l’âge, elles sont également bien déterminées par ce fait que le rapport est nul dans la première période, et qu’il doit baisser insensiblement depuis 1 : 0 jusqu’à 1, dans la deuxième et la troisième périodes.
Pour ce qui est des changements que l’on apporte aux différents rapports précédents, suivant le but qu’on poursuit, il en sera question pour chacun en son lieu.
La quantité de matières minérales doit toujours se trouver dans une étroite relation avec les besoins individuels et finaux. C’est surtout la considération de l’acide phosphorique et de la chaux qui a de l’importance, car, ainsi que nous l’avons vu dans la première partie, ce sont les deux substances qui se rencontrent le plus abondamment dans l’économie. Or, d’après ce que l’on \oit, l’acide phosphorique se trouve presque toujours abondamment dans les rations riches en protéine. Cependant, pour un bon contrôle des opérations zootechniques, il faut toujours s'assurer que l’acide phosphorique et la chaux sont abondants dans le régime suivi. S’il venait à se trouver que la quantité de ces matières inorganiques soit trop faible, il ne faudrait pas reculer devant l’addition de poudres d’os ou
CALCUL DES RATIONS
de phosphates fossiles très-finement pulvérisés; si la chaux faisait uniquement défaut, il serait avantageux de donner un supplément de craie en poudre.
Ces points essentiels déterminés, il faut fortement insister sur les effets préjudiciables des brusques changements de régime. L’influence de l’habitude entre en effet pour beaucoup dans l’utilisation des aliments ; aussi, chaque fois que Ton vient à remplacer sans ménagements un aliment par un autre, même meilleur, il y a toujours un temps d’arrêt dans la production, et toute la nourriture consommée en ce moment est totalement perdue au point de vue du bénéfice. Voici, du reste, un exemple frappant de cette influence perturbatrice du brusque changement de nourriture :
Deux bœufs de 2 ans 1/2 recevaient chacun:
Tourteaux de colza 750 gr.
Foin 2,500
Paille .• 2,000
Betteraves 21,000
On remplaça brusquement les betteraves par 10,600^** de pommes de terre cuites. Chacun des bœufs diminua de poids, puis augmenta. L’un revint au poids primitif au bout de 7 jours et l’autre au bout de 12 seulement. Il y eut donc dans l’opération 7 12= 19 rations per-
dues.
Deux bœufs de 1 an 1/2 avaient reçu une ration composée de tourteaux, de paille, de foin et de pommes de terre, et on les mit brusquement au trèfle vert : il fallut 18 jours aux deux animaux pour revenir à leur poids initial. On perdit donc 36 rations.
Mais si, dans le changement des aliments, on a soin de ménager de lentes transitions, on n’éprouve nul
retard dans la production. Ainsi, deux bœufs de 2 ans 1/2 reçurent la même ration jusqu’au 11 novembre. Du 11 au 26, on remplaça graduellement les pommes de terre par les betteraves et les poids ne cessèrent d’augmenter. De 548 et 492 qu’ils étaient le 11, ils se trouvèrent le 25 de
563 et 512
Conséquemment, dans la nourriture des animaux, il faut la plus grande régularité ; et l’on doit avec grand soin éviter les changements brusques de régime. C’est en partie la négligence de cette précaution qui a fait gratifier le bétail de fépithète de mal nécessaire.
Pour terminer ce qui se rapporte aux généralités physiologiques de l’alimentation, nous allons nous occuper des différentes méthodes employées pour la préparation des rations.
On a^vu dans la première partie quelles étaient les inlluences de la cuisson, de la fermentation et de la division : ici nous traiterons de leur mise en pratique.
Pour ce qui concerne la cuisson et la division, nous n’avons que deux mots à dire. On se sert, pour cuire les légumes, etc., d'appareils spéciaux, à travail intermittent ou continu.
La division s’opère différemment, suivant les aliments ([UC l’on considère : les foins et les pailles sont hachés plus ou moins fins, pour permettre leur mé lange avec d’autres aliments. On hache le maïs vert et la luzerne verte pour pouvoir les mélanger en proportions convenables, et emp(3chcr le gaspillage.
La division des racines s’obtient au moyen des dépulpeurs ou dos coupe-racines.
' Celle des g'rains s’ojière par femploi des concas-
CALCUL DCS RATlorsS.
seurs et des moulins. Le concassage des grains qui doivent entrer dans Talinientation est indispensable pour leur bonne utilisation.
Quant à ce qui regarde la fermentation, nous entrerons dans de plus grands détails, à cause de l’importance dominante de la bonne conduite de l’opération.
La fermentation peut dans beaucoup de cas remplacer la cuisson. Jusqu’à présent on a soumis à cette préparation les pailles, les racines, les fourrages verts principalement, en leur ajoutant les compléments nécessaires.
La fermentation peut avoir deux buts : d’abord simplement la préparation des aliments, et enfin leur conservation et leur préparation simultanées.
Dans le premier cas, il faut mélanger les fourrages et les autres aliments divisés, les humecter avec de l’eau tiède, tenant en dissolution l’aliment concentré. On tasse la masse dans des cases élevées que l’on couvre et qu’on charge. Il est nécessaire d’employer des cases, parce qu’il faut, autant que possible, empêelier l’accès de l’air, qui ferait développer, sur la paille surtout, des champignons nuisibles à la santé des animaux. Les rations fortement tassée s s’éclnuffent rapidement, et suivant la température al teignent 40 à 45 en 3 ou 4 jours. C’est alors qu’il faut les consommer. Il suit de là que 3 ou 4 cases suffisent dans tous les cas.
Dans le second cas, où l’on a en vue la conservation et la préparation des fourrages, il faut agir différemment. Cette méthode a reçu en Allemagne le nom de fermentation en fosse, et en France, dans ces dernières années, le nom d’ensilage.
Pour la mettre en pratique, on commence par
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creuser dans un endroit sain, un silo ayant de 1 mètre à 1%50 de profondeur, 2“,50 de largeur et une longueur indéterminée. On en recouvre les parois soit avec un bon mortier, soit avec un mur en pierre ou en briques cimentées.
D’autre part on divise les aliments que l’on veut ensiler, on les mélange, les sale faiblement (150 grammes pour 100 kilog.). On humecte s’il s’agit de fourrages secs, on ajoute des matières sèches, aux aliments aqueux, et l’on tasse fortement le tout dans le silo, et l’on finit l’emplissage par une sorte de dôme haut de 1 mètre et 1*'",20 au-dessus du niveau du sol. Le tout est recouvert d’une couche de terre fortement battue, de 70 centimètres d’épaisseur. Il est nécessaire de surveiller la couverture dans les premiers moments pour reboucher avec soin toutes les crevasses qui peuvent se faire. Le point capital de l’opération, c’est d’empêcher l’accès de l’air. Il ne convient pas de revêtir les parois du silo avec de la paille, à cause de l’air qu’elle emprisonne, elle favorise le développement des champignons et la pourriture. Mais la paille très-finement divisée, la menuepaiile (balles et siliques) peuvent avantageusement servir. En suivant toutes ces indications, la masse se comporte parfaitement, et acquiert par la fermentation un goût agréable qui la fait rechercher des animaux.
La fermentation lente qui se produit alors a un effet d’une importance physiologique capitale. En effet, à mesure que la durée de l’ensilage augmente, la relation digestive augmente. Il ne se fait pas réellement dans ce cas une création de matières protéiques, puisque dans la nature, rien ne se crée ; mais les phénomènes de fermentation amènent la disparition d’une certaine
CALCUL UCS ItATlONS.
lül
quantité de substances hydrocarbonées. Cette perte a été déplorée dans ces derniers temps, comme un malheur, évidemment par opposition systématique à Tauteur de la découverte ; mais les agriculteurs sensés sont loin de partager cette peine, au contraire, ils s’en réjouissent, car c’est pour eux le moyen de préparer à bon compte la protéine, de fabriquer sans frais, et avec des matières peu chères, l’aliment concentré qui d’habitude manque toujours et toujours coûte cher. L’agriculteur a dans tous les cas les matières non azotées en surabondance, et la protéine en déficit.
Une application très-heureuse de l’ensilage^ est celle qu’en a faite M. S. Jonas en Angleterre. Il met en effet la paille en silo. Il n’a pas là, évidemment, en vue la conservation mais uniquement la bonification de la paille. Gomme agent de fermentation, M. Jonas emploie des vesces ou du seigle vert, qu’il mélange intimement à la paille à raison de 5 0/0. On pratique f opération comme il a été dit plus haut.
Les analyses comparatives de Wœlcker ont donné les résultats suivants :
DEUXIÈME PAUllE.
lîAÜ.
PRUTSINE.
GRA’SjE.
GLUCOSIDES.
IIGNELX.
Foin