‹ L'alimentation des animaux de la fermeChapitre 2 sur 48 · PLAN · texte numérisé non relu

PLAN

L’animal, comme tous les organismes vivants, doit recevoir du dehors, au moyen d’aliments, tous les éléments chimiques qui constituent son corps. Si un seul de ces éléments vient à faire défaut dans l’alimentation, le développement de l’individu ne peut être qu’anormal et incomplet; et, si son absence est prolongée, la mort est inévilable. L’attention tout entière de celui qui spécule sur l’entretien du bétail, doit donc sans cesse être fixée sur ce sujet, car un apport convenable en quantité et qualité de ces éléments indispensables est la base essentielle de toute opération de ce genre.

PKliMlÈlîE PAIUIE.

L’observation et l’expérimentation ont démontré d’abord que les végétaux seuls sont aptes à tirer leur nourriture du règne minéral. La nature les a destinés à produire les principes immédiats qui doivent servir à l’alimentation des animaux herbivores, animaux qui sont eux-mêmes les laboratoires où s’élabore la nourriture des carnassiers. D’où il suit que c’est dans les plantes que l’on doit aller chercher les principes nutritifs pour les animaux qui nous intéressent : équidés, ruminants et même suidés.

La composition chimique du corps animal nous indiquera quels genres de principes nous avons à rechercher, et, par conséquent, ce qui doit entrer dans toute ration alimentaire pour qu’elle soit complète ; celle de la composition chimique des végétaux, nous montrera quelles sortes de principes les plantes renferment ; et, enfin, l’étude spéciale de la digestion et de la digestibilité nous fera saisir la manière dont la machine animale et la substance végétale, qui est la matière première que nous avons en vue de transformer pour en tirer un plus grand profit, se comportent l’une vis-à-vis de l’autre.

Coiiiposîtîoii cliiiiiique du eorps animai»

Ce sont les matières azotées qui foriiieiit la base du corps animal. Elles y sont la condition de toute formation organisée, — La graisse se rencontre aussi dans tous les tissus, dans toutes les hunmui;Sj^ et elle joue un rôle très-considérable dans la formation de tous les éléments figurés du corps. — On rencontre aussi, dans forganisme animal, certaines autres matières non azo» tées. — La combustion de tous les tissus organiques, dont la réunion forme ranimai, et de toutes les humeurs, laisse un résidu plus ou moins considérable : ce sont des cendres, des matières minérales.

En résumé on trouve, dans le corps animal, trois grandes catégories de principes immédiats :

les principes azotés, les matières grasses, et les hydrates de carbone;

de plus on y remarque constamment la présence

des matières minérales.

Nous allons rapidement passer en revue ces substances , et examiner quel est le rôle de chacune d’elles.

A. — Substances organiques azotées.

Les substances azotées les plus importantes sont celles que Ton désigne sous le nom de matières protéiques ou albuminoïdes, et dont les principales sont Valhumine, la fibrine et la caséine,

U albumine est la matière du blanc d’œuf. Elle jouit de la propriété de se coaguler sous l’influence de la chaleur. Elle est soluble dans l’eau qu’elle rend opalescente, et la coagulation lui fait perdre cette propriété. On la trouve en abondance dans le sérum du sang, dont on l’extrait en la coagulant par l’ébullition.

La fibrine forme aussi une partie importante du sang. Elle a la propriété de se coaguler aussitôt que celui-ci est sorti du vaisseau qui le contient. Elle forme alors de longs fdaments que l’on extrait du caillot en le malaxant sous un filet d’eau. Insolubles dans l’eau, ces filaments sont blancs, élastiques , quand ils sont humides ; desséchés, ils deviennent cassants et demitransparents.

La caséine est la matière azotée fondamentale du lait. Soluble dans l’eau, et surtout dans l’eau légèrement alcaline, elle est coagulable par les acides ; mais la chaleur ne la coagule pas. C’est à la formation spontanée d’acide lactique, aux dépens du lactose, que le lait laissé à lui-même pendant un certain temps, doit la propriété d’abandonner un coagulum. La caséine une fois desséchée ne se redissout plus dans l’eau.

Ces trois substances, si différentes par leurs formes et leurs propriétés, ont pourtant la même composition élémentaire.

Composition élémentaire de l’albumine de la fibrine et de la caséine animales :

i/a:vi.mal et la plainte.

Carbone

Hydrogène. . .

Oxygène

Azote

Albumine.

Fibrine.

Caséine.

Moyenne.

On appelle ces matières protéiques à cause de la facilité avec laquelle elles se transforment, et changent de propriétés sans changer de composition, sous l’influence de la vie. C’est la transformation de l’albumine et de la fibrine du sang qui donne naissance à toutes les madères azotées de l’organisme : à la nmsculine des fibres musculaires ; à la neurine de la substance nerveuse; à la kératine de l’épiderme, de la corne et des productions pileuses ; à la substance organique fondamentale des tissus osseux , cartilagineux et conjonctifs. Le tissu adipeux ne peut se former sans leur concours, puisque chacune des cellules qui le composent a une enveloppe azotée.

B. — Substance grasse.

De toutes les matières organiques non azotées que l’on trouve dans le corps animal, la graisse est celle qui joue le plus grand rôle. Toutes les sortes de graisses sont des mélanges des divers éthers que produit la glycérine avec les acides gras dont les principaux sont les acides stéarique^ oléi(iue, margarique et butyrique. Ün rencontre la graisse dans tous les tissus et dans tous les organes. La substance organique des os contient depuis 2,36 jusqu’à 11,11 de graisse, tous les muscles en renferment, et la substance nerveuse en

PllEMlÈP^t: PARTIE.

est en partie composée. On la rencontre en abondance dans le sang, dans le lait, dans l’œuf.

Il est certains endroits du corps où elle s’accumule de préférence en grande quantité. Elle se dépose en abondance dans le tissu conjonctif placé immédiatement sous la peau ; c’est sa présence en ce tissu qui rend les formes arrondies et agréables et qui caractérise le bon état d'un animal. Le panicule graisseux sous-cutané est beaucoup plus développé chez la femme que chez l’homme, et en général chez la femelle que chez le mâle ; et c’est pourquoi il est rare que l’on aperçoive chez celle-là l’angle formé par les ailes thyroïdiennes nommé vulgairement pomme d’Adam, comme on le voit chez celui-ci. La graisse s’accumule aussi en grande quantité autour des reins, dans le mésentère et les épiploons.

Lorsque l’alimentation ne renferme pas une quantité suffisante de cette substance ou de celles qui, comme nous le verrons, peuvent se transformer en graisse, l’organisme, pour sa consommation quotidienne, va la chercher où il l’avait déposée. C’est ainsi que, par une diète prolongée, on voit disparaître presque toute la graisse qui s’était accumiilée dans le corps. Cependant, même chez l’animal mort d’inanition, on en rencontre toujours une certaine quantité à la base du cœur et au fond de forbite de l’œil.

Avec les éléments protéiques, les matières grasses jouent un grand rôle dans la formation et la nutrition des éléments figurés.

G. — Substances ternaires non azotées.

Le sang et la substance musculaire renferment touours une petite quantité d’acide lactique, produit ca-

l’animal kï la plante.

talytique du sucre de lait ou lactose, ün rencontre aussi dans le sang de la dextrine et du glucose (sucre de raisin). Tous ces corps sont dits des hydrates de carbone, parce que Ton peut les considérer comme Tormés de carbone et d’un certain nombre d’équivalents d’eau.

Voici du reste leur composition centésimale :

Formule cLiraiqne.

Carbone.

Eau.

Lactose

Glucose,

Acide lacti({Lic. .

a9,ue'j

f'iO)

Dextrine

. Cli 1110 010

On trouvera plus loin (U, B, B, a) les propriétés des principaux de ces corps.

D. — Matières minérales.

Tous les tissus de l’organisme contiennent une plus forte proportion do matière organi([ue que de matière minérale, à rcxce})tion toutelbis du tissu osseux. Celui-ci contient on cflet juscpdà 0,68 de matière inorganique, composée i)i‘inci})alcinent de pliospliate et de carbonate de chaux, dans la proportion de 0,54 du premier sel et de 0,12 du second ; le reste se conq)ose de phosphate do magnésie et d’une très-faible quantité de sels solubles.

Dans le tableau suivant nous avons consigné lacom- {)Osilion de la partie minérale des os des différents genres d’animaux.

Composition de la partie minérale du tissu osseux.

PHOVENANCE des OS.

MATIÈ-

RE

minérale p. 0/0 des os.

PHOSl

chaux.

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