ANALYSTES
Os de bœuf
BerzéJius.
Idem.
Bibra.
Cheval.
Idem.
Mouton
Idem.
Porc nouveau-né. . . .
Boussingaiilt.
Porc de 8 mois
Idem.
Porc do 1 an
Idem.
Les cendres de toutes les autres parties du corps donnent à l’analyse de la potasse, de la soude, de la magnésie, de la chaux, de l’oxyde de fer, du chlore, des acides phosphorique et sulfurique.
Ces matières ne sont pas telles dans l’organisme qu’on les trouve dans les cendres. Ainsi le soufre et une grande partie du phosphore sont toujours combinés aux matières protéiques. L’albumine de l’œuf a pour formule chimi(jue :
10 (G“ H3< 0'^ kz=) + P i S'-*
celle de l’albumine du sang est :
10(G40I13iO'‘-‘Az5)-|-pis.
Les substances minérales que l’on trouve dans les cendres du sang sont le chlorure de sodium (sel de cuisine), la soude, la potasse, la chaux, la magnésie, l’oxyde de fer, l’acide phosphoritjue et l’acide sulfuri(iue. Le fer du sang fait partie de l’hémoglobine, ma-
l’aivbial et la plante. IS
tière colorante ronge des globules sanguins. Elle en renferme 6 à 7 0/0.
Les éléments musculaires et nerveux sont surtout riches en acide phosphorique. Cet acide a une grande importance dans la formation de tous les éléments figurés.
On voit donc que les substances minérales entrent dans la constitution dç tous les organes, et qu’elles sont par conséquent indispensables à toute formation organisée. L’acide phosphorique surtout y entre en forte proportion. Il est donc nécessaire de veiller à ce qu’il ne fiasse jamais défaut dans l’alimentation, surtout dans le jeune âge, où le besoin en est très-grand. Du reste l’expérimentation a démontré que l’absence prolongée de l’une des matières minérales dont nous venons de parler, dans une ration alimentaire, est incompatible avec la continuation de la vie.
L’eau forme aussi une partie nécessaire et très-importante du corps animal. Elle forme quelquefois jusqu’aux deux tiers de son poids. Elle pénètre tous les tissus, baigne tous les organes, et est par là le véhicule général des matériaux organiques et minéraux qui concourent, par leurs mutations et leurs combinaisons, à la formation de l’organisme vivant. C’est par son intermédiaire que sont apportées, dans tous les points de l’économie, les substances qui doivent servir à la nutrition des organes ; et c’est aussi l’eau qui entraîne dans son courant toutes les parties des tissus qui ont été usées par le fonctionnement vital. La quantité d’eau que rejettent les animaux est considérable : toutes les sécrétions liquides ont pour base l’eau, les déjections en sont fortement imprégnées, et il se fait par la peau et les poumons une émission de vapeur d’eau très-rio-
riilîMIÈKE PAUTii:.
table. Le besoin d’eau des animaux est donc très-grand, et toute ration qui n’en contient pas une suftisante quantité est par cela même incomplète.
E. — Du sang. — Vie intime.
Les principes de la formation de tous les tissus leur sont fournis par le sang qui, se distribuant dans une multitude infinie de canaux, va porter la vie dans tous les points de l’économie. La connaissance de sa composition a donc pour nous le plus haut intérêt.
Le sang est un liquide d’un rouge intense qui tient en suspension ou en dissolution dans l’eau, qui en forme la base :
1® des globules blancs et rouges,
2^ des matières protéiques, des matières grasses,
4° des glucosides,
5° des matières inorganiques, des gaz.
On appelle plasma sanguin^ le sang débarrasse des globules.
Nous donnons, dans ce qui suit, la com})osilion (ILiantitative et (jualitative du sang d’a])rès les analyses les plus connues :
Le sang complet renferme 0,33 de globules et 0,67 de plasma.
Les globules sont composés de 0,87 de globuline, 0,12 d’hémoglobine renfermant 0,0084 de fer, et 0,01 de sels.
On trouve dans le plasma 0,007 d’eau, 0,01 de fibrine, 0,07 d’albumine, 0,001 de graisse, 0,004 de sucre et dextrino, et 0,008 de sels minéraux renfermant : 0,0037
l'ammal ht la plaate.
io
de sel marin, 0,0025 de soude, 0,0006 de potasse, 0,000072 de chaux et de magnésie, 0,0006 de 1er peroxydé, 0,00032 d’acide phosphorique, et enfin 0,0002 de matières non déterminées.
Le sang renferme en dissolution des gaz dont la quantité varie suivant que l’on considère le sang artériel et le sang veineux.
Gréliant a trouvé dans 100"^"^ de sang de cheval :
Sang artériel. Sang veineux.
Oxygène
Azote
l.lü
Acide carbonique
Ce qui différencie le sang artériel et le sang veineux n’est donc pas la surabondance de l’acide carbonique dans le dernier, mais bien la grande quantité d’oxygène que renferme le premier.
Dès que le sang est sorti de la veine, il se coagiile : une masse rouge et molle se sépare d’un liquide jaunâtre. La masse rouge, ou caillot, contient la fibrine et les globules ; la partie liquide, le sérum, renferme toutes les autres substances. Le plasma ne diffère du sérum que par la présence de la fibrine.
Les formes élémentaires, cellules et fibres, trouvent dans le plasma sanguin qui les baigne sans cesse, tous les éléments nécessaires à leur nutrition et à leur fonctionnement, ainsi que l’oxygène sous l’influence duquel se passent toutes les transformations qui constituent le mouvement de la vie.
Chaque cellule est un petit être organisé qui se reproduit et qui fonctionne. Tant qu’un tissu est en croissance, chaque cellule forme, aux dépens du plasma qui
PIŒMIEUE PAKilE.
la baigne, en se divisant ou en bourgeonnant, des cellules semblables à elles, qui à leur tour se multiplient. Le plasma étant partout identique, c’est moins à ses propriétés qu’aux tendances des éléments figurés, que les différents tissus doivent leurs formes et leurs caractères spéciaux.
— Le fonctionnement de la cellule consiste en un continuel renouvellement de ses éléments. Chaque élément figuré absorbe par dialyse les matériaux de sa constitution, et rejette ceux que la vie a usés. Les combinaisons et les décompositions qui s’opèrent alors dans l’intérieur de la cellule ne nous sont pas connues, mais nous savons du moins qu’un de leurs principaux résultats est une production de chaleur. Celle-ci se manifeste de deux manières principales : une partie est employée à maintenir à sa température normale le corps vivant ; une autre partie se manifeste sous forme de force d’après la loi d’équivalence. La première partie de la chaleur est surtout produite par la transformation des substances hydrocarbonées du plasma en acide carbonique et en eau, parle fonctionnement vital. La seconde partie est produite principalement par les mutations que subissent les substances quaternaires azotées, albumine et fibrine du sang, qui passent à l’état de créatine, créatinine, acide urique, acide hippurique et urée.
Ces derniers résidus du fonctionnement de la vie intime des cellules sont éliminés par la dépuration urinaire. Des premiers, l’acide carbonique est exhalé dans l’acte de la respiration pulmonaire et la respiration cutanée avec une partie de l’eau ; l’excès de celle-ci est entraîné dans les diverses sécrétions.
L ANIMAL ET LA PLANTE
F. — Conclusion. — Éléments essentiels d’une ration alimentaire.
La conclusion naturelle à tirer de tout ce qui précède est qu’une alimentation rationnelle doit fournir à l’animal exploité quatre sortes de matériaux :
des matières protéiques,
2» des substances grasses, des hydrates de carbone, et 4° des substances inorganiques ;
ces dernières sont qualitativement déterminées dans ce que nous avons vu plus haut.
Avec ces éléments, l’animal a tout ce qu’il lui faut pour la constitution de son sang et la nutrition de ses éléments organisés. Mais il ne sufüt pas, pour le bon fonctionnement de la machine vivante, que ces substances soient présentes dans les matières premières qu’elle a à transformer, il faut que leur qualité lui soit appropriée et que la quantité de chacune d’elles soit conforme à ses besoins.
Coiii|iositioii chimique des végétaux.
Les végétaux qui fournissent exclusivement aux animaux qui nous intéressent de quoi soutenir leur existence contiennent, en diverses proportions, les mêmes éléments fondamentaux. Ils ne diffèrent guère entre eux que par leur constitution immédiate, et c’est cette dernière qu’il nous est indispensable de connaître.
Les principes immédiats des végétaux qui peuvent servir à la nutrition se divisent en deux grandes classes :
Les principes immédiats de la première classe, qiialiliés du nom d’éléments protéiques, ou plus simple-ment de protéine, renferment en moyenne 160/0 d’azote. Ce sont des principes quaternaires, qui correspondent exactement aux matières protéiques ou albuminoïdes que nous avons rencontrées dans le corps des animaux.
Les principes immédiats de la seconde classe, désignés sous le nom d’éléments hydrocarbonés, sont des corps ternaires renfermant de l’hydrogène, de l’oxygène et du carbone. Ils se divisent en hydrates de carbone et en matière grasse.
Les hydrates de carbone sont, comme ceux que l’on rencontre dans le corps animal, composés de carbone et d’un certain nombre d’équivalents d’eau. On les sub-
L’A.MMAL lil LA I^LAÎME.
divise* en glucosides, ou corps facilement transformables en glucose, et en ligneux ou cellulose incrustée.
On comprend sous la dénomination de matières grasses, les principes ternaires solubles dans Téther. Elles renferment en réalité les huiles, la chlorophylle ou matière verte et des résines.
Enfin, l’incinération de tous les végétaux donne des cendres. Ils renferment donc des matières minérales,
A. — Matières protéiques.
Les principales matières azotées alimentaires que l’on rencontre dans les végétaux sont Valbumine^ la fibrine et la caséine végétales.
Presque tous les extraits végétaux faits à froid, le jus des pommes de terre, celui des betteraves, etc., renferment une matière azotée qui se coagule facilement par Taction du feu : par l’ensemble de ses propriétés, cette matière rappelle complètement l’albumine de l’œuf ; elle a reçu \emmd albumine vé(/élale{P,-P. Dehérain).
Dans les graines de céréales, et surtout dans le blé, on trouve une matière azotée insoluble dans l’eau. Pour la séparer, on prend de la farine, on en fait une pâte qu’on malaxe sous un filet d’eau : l’amidon est entraîné, et il reste dans la main de Topérateur une matière grisâtre, molle, élastique, le gluten, qui jouit de toutes les propriétés de la fibrine. Aussi l’appellet-on encore fibrine végétale.
La farine des pois, des haricots et des autres légumineuses, traitée par l’eau froide, abandonne en dissolution un principe azoté, qu’on précipite en additionnant le liquide d’acide acétique ou fort vinaigre. Cette
PKEMIÈilE PARTIE.
matière, qui ne se coagule pas par l’action de la chaleur, jouit des mêmes propriétés que la caséine du lait. On l’appelle légumine, ou encore, pour ses propriétés, caséine végétale. — « Les Chinois fabriquent même avec des pois un véritable fromage ayant la plus grande ressemblance pour le goût et l’odeur avec ceux que l’on fait avec le lait. » (G. Lechartier.)
Le tableau suivant donne la composition élémentaire de ces trois principes azotés.
Si Ton rapproche ce tableau de celui que nous avons donné plus haut (I-— A), on remarque une identité presque parfaite entre les matières protéiques des deux règnes.
a Cette identité de composition et de propriétés conduit naturellement à penser que les animaux ne créent point toutes les substances qui concourent à leur organisation, mais qu’ils en trouvent de toutes formées dans les aliments. D’où il faut conclure que les herbivores assimilent directement plusieurs principes immédiats des végétaux en ne leur faisant subir que de légères modifications. » (Boussingault.)
Ces éléments albuminoïdes des fourrages étant la source exclusive des matières protéiques du corps des animaux sont donc d'une grande valeur pour la puissance nutritive des aliments ; et « ils méritent d’autant
Albumine. Fibrine. Caséine. Moyenne.
Carbone
Hydrogène. ..
Oxygène
.\zote
l’animal et la plante.
plus l’attention, qu’ils se trouvent proportionnellement en petite quantité dans la plupart des plantes, et que le besoin des animaux en est très-considérable. » (J. Kühn.)
B. — Matières hydrocarbonées.
Les substances protéiques seules, du reste, sont insuffisantes pour entretenir la vie des animaux. L’expérimentation a démontré qu’il fallait en même temps une certaine quantité de substances hydrocarbonées. Celles-ci sont surtout propres, comme nous l’avons déjà dit, à entretenir la chaleur animale, par leur transformation dans la vie intime des éléments figurés en eau et en acide carbonique. Celles-là, au contraire, sont plutôt aptes à la production de cette chaleur latente qui, emmagasinée dans les muscles, doit se manifester sous forme de force.