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f 3et3,5
Dans ces deux périodes de l’élevage, il faut avoir toujours l’œil ouvert sur la richesse minérale de la ration, et surtout sur la quantité d’acide phosphorique et de chaux contenue dans les aliments ; en cas de défaut ou de quantité trop faible, il faut en ajouter à la ration quotidienne sous forme de poudre très-fine que l’on donne dans une buvée, ou que l’on mélange avec les fourrages. Pour ce qui regarde la chaux, on doit examiner, avant d’en donner sous forme minérale pulvérulente, si l’eau des boissons n’en contient pas en dissolution une quantité notable, car, dans le cas de l’affirmative, l’addition serait inutile.
C’est dans l’alimentation d’élevage plus que dans
toute autre que la plus parfaite régularité doit sans cesse régner. Il faut un régime riche en éléments formateurs des tissus, mais un régime uniformément bon. Tout changement brusque doit être évité avec le plus grand soin, car c’est principalement du succès de Talimentation dans les premiers âges que dépend la réussite de toute exploitation subséquente. Les repas doivent être parfaitement réglés, et aussi fréquents que le comporte le genre d’animaux dont on s’occupe. Nous avons vu plus haut quels sont les inconvénients des changements de rations faits sans méthode, et Ton sait également les troubles apportés par rinsuffisance des rations. Or, jamais une quantité abondante d’aliments ne peut réparer une formation organique défectueuse, résultat de perturbations antérieures. Comme nous l’avons fait remarquer dès le commencement de cette seconde partie, il ne peut pas être question d’entretien dans l’élevage. Il est impossible aux animaux qui se' développent de s’arrêter dans leur marche ascendante; ils doivent monter, s’accroître, se développer, et si les J éléments nécessaires font défaut, ils ne peuvent rester stationnaires, il leur faut déchoir et devenir rabougris.
Lorsque la situation économique indique l’élevage ' comme entreprise zootechnique à suivre, il faut tou- ^ jours se souvenir que le but que l’on doit avant tout^ poursuivre est le bénéfice. Il faut, dans le choix des* aliments, toujours rechercher celui qui coûte le moins; cher relativement à sa valeur nutritive. C’est en grande partie du choix des aliments, au point de vue de la qualité et du prix, que dépend la solution économique du problème. Mais, en général, l’élevage rationnel des animaux est surtout avantageux lorsque l’on a pour but d’exploiter soi-même les produits que l’on a
CALCUL DES RATIONS
obtenus; car encore aujourd’hui dans ces contrées de l’Est, la généralité des acheteurs s’occupent trop peu des hautes aptitudes économiques et de la puissance d’utilisation des fourrages chez les animaux.
Quoiqu’il ensoit, l’élevage est toujours d’autant plus avantageux dans une condition donnée, qu’il est mieux conduit en vue du but final que l’on recherche. Lorsque l’on élève pour exploiter ensuite, on ne saurait trop chercher à développer la puissance digestive ; il faut alors tendre toujours vers le maximum, et ne pas reculer devant l’emploi de rations plus intensives quoique plus chères, car l’avenir payera au centuple ces premières dépenses.
ÉTABLISSEMENT d’uN REGIME COMPLET d’ÉLEVAGE DU MOUTON.
Ire^ 2e, 3e périodes.
On laisse les agneaux teter leurs mères pendant toute la première période de l’élevage, qui dure en général de 3 à 4 mois. On commence aussitôt qu’ils sont un peu forts, dès qu’ils ont atteint 15 à 21 jours, à leur distribuer, dans leur case séparée, un mélange formé de substances égrugées et faciles à manger par conséquent, en rapport avec leurs besoins. On peut par exemple employer un mélange contenant par 100 kilogrammes :
ALIMENrS BRUTS.
GRAISSE
GLUCOSIDES.
LIGNEUX
Tourteau de coton décortiqué 45*^, 5
Son de froment. .. . 45*^, 5
Graine de lin broyée 9*^,0
Total 100’‘,0
Relation digestive 77 = . , ,,
Gr 12 5 1
Relation adipo-protéique -p- —
Jr • Zu J y ^ 9 1
Rapport des glucosides au ligneux ^ ~
Ce mélange se rapproche, autant que cela est possible dans la pratique, des données théoriques précédentes, et vouloir une approximation plus grande serait complètement illusoire.
On donne de cette provende à volonté aux agneaux, pendant un certain temps; et vers le 30“® jour du régime (qui correspond environ du 45"^® au 60™® depuis la naissance moyenne), on commence à introduire de bonnes betteraves globes jaunes, par exemple, dans ralimentation. On a soin de les découper très-finement et de les mélanger avec les autres aliments. On diminue peu à peu, et d’une manière rationnelle, la proportion de son jusqu’à une certaine limite, à partir de laquelle on ajoute graduellement du regain haché simultanément avec les betteraves, et le retranchement du son. En suivant cette marche raisonnée dans le changement des aliments, on amène graduellement falimentation en rapport avec les besoins constamment changeants des jeunes organismes que l’on développe. Leur accroissement marche avec une parfaite régularité, sans aucun temps d’arrêt, et la puissance digestive se trouve toujours utilisée à son maximum. Dans de telles circonstances, l’alimentation se trouve toujours payée à un taux élevé, puisqu’il n’y a aucune perte, aucun gaspillage, et que la machine animale fonctionne à son plus haut degré d’intensité.
Lorsque les agneaux ont atteint la deuxième pé-
CALCUL DES RATIONS
riode (3 à 4 mois ), les changements graduels et continus que l’on a opéré dans les aliments ont altéré la constitution centésimale du mélange qui alors, quand on a marché avec sagesse, se trouve composé ainsi qu’il suit :