‹ L'alimentation des animaux de la fermeChapitre 28 sur 48 · TRAVAIL · texte numérisé non relu

TRAVAIL

par

quintal vif.

kilogr.

grammes.

kg.m.

kg.m.

Cheval

Vache

Mouton

(l) L’excrétion d’urée par les voies urinaires n’étant pas immédiatement en raison du travail effectué, il est naturel de penser que ces nombres sont bien trop forts, vu la courte durée de l’expérience.

Ainsi la dépense probable de calorique par jour et par quintal vivant et celle de travail sont environ :

Pour le cheval de 4,000 calories et de 127,000 kg. m. Pour la vache de 3,300 — et de 112,000 —

Pour le mouton de 6,000 — et de 1 ,085,000 —

CALCUL DES RATIONS

Mais ces nombres sont loin de pouvoir nous servir pratiquement de bases pour le calcul des rations. Il leur manque d’abord la généralité, et de plus ils ne tiennent pas compte de la digestibilité, chose trèsimportante pour nous, mais uniquement des matériaux éliminés par l’organisme.

Il n’y a que l’expérimentation réelle, l’expérimentation raisonnée et systématique qui puisse nous permettre d’avoir à ce sujet des données réellement applicables à la pratique.

Les études expérimentales, qui ont pour objet les phénomènes naturels, ne peuvent aboutir qu’à l’unique condition de marcher dans la voie qu’indique la nature elle-même. Ainsi, dans l’alimentation rationnelle du bétail, devons-nous prendre pour directrice la ligne qui se rapproche le plus de celle que suit la loi naturelle.

C’est ce qu’il n’a pas été donné aux savants d’Allemagne de mettre en lumière ; ils ont accumulé sur le sujet qui nous intéresse une foule de documents précieux, mais ils n’ont pas su les coordonner systématiquement. Au génie français appartient d’avoir découvert les lois par l’étude profonde et raisonnée de la nature, et de les avoir consolidées tellement par l’interprétation logique des faits fournis par l’expérience, que les termes qui les expriment, s’ils ne sont pas imperfectibles, sont du moins si approchés de la limite même qui est l’expression absolue des lois, que leur mise en pratique dans les conditions économiques actuelles ne donne et ne peut donner que d’excellents résultats.

Qu’il nous soit permis ici de rendre hommage aux illustres pionniers de la science, aux efforts desquels

DEUXIÈME PAUTIE.

nous sommes redevables de si grands progrès accomplis. Dieu reçoit avec la même satisfaction l’offrande infime du pauvre et le sacrifice somptueux du puissant. C’est à M. Boussingault que l’on doit d’avoir commencé scientifiquement ces études. Les résultats de ses expériences sont dignes d’admiration. Si l’on donne sous son nom une théorie erronée de l’établissement des rations, cela tient à ce que des auteurs ont mal interprété ses études, à ce qu’ils n’en ont regardé que la première face, sans eu examiner la seconde. A Baudement revient la gloire d’avoir établi les principes et déterminé le plan des recherches actuelles ; mais, hélas ! la mort est venue prématurément le ravir à la science et à la patrie. Mais la France n’est pas stérile en hommes de valeur : le regretté Baudement, professeur à l’Institut agronomique de Versailles, a trouvé un digne continuateur dans l’honorable et savant professeur de zootechnie de Grignon, dans l’illustre M. A. Sanson qui, du haut de sa chaire, est le phare de la science.

Ce dernier, dans son cours, établit que le foin* est l’aliment naturel, l’aliment essentiel d’entretien des animaux qu’on appelle herbivores. D’où il suit que c’est là que nous devons aller chercher le type, la limite de perfection de la ration d'entretien. Dans les chapitres précédents, nous avons spécialeme.nt étudié quelle est en ce point l’expression de la loi du rapport, et nous ne reviendrons pas ici sur sa détermination. 11 nous suffira de la rappeler et de montrer quelle en est l’amplitude. Avant d’entrer dans les considérations particulières à chaque genre d’animaux, disons que la relation digestive a pour valeur initiale ou maxima J : 8 : 10, et que ses variations en dessous peuvent être assez considérables, suivant les espèces ; que la

CALCUL DES RATIONS

relation adipo-protéique^ dont la valeur la plus élevée est 1:3:4, peut descendre à une expression trèsbasse relativement, en raison même de la définition de la ration de conservation. Le second rapport complémentaire de la relation digestive, celui qui existe entre les glucosides et le ligneux, est ici d’une très-grande importance : en effet, les expériences déjà citées de Henneberg et Stohmann ont élucidé la question du ligneux, et ont montré combien est grand le parti que les animaux en tirent dans le régime de l’entretien. Dans les rations de production, il faut renoncer à la complète utilisation du ligneux ; au contraire, ici serait son règne. C’est donc dans l’alimentation de conservation que le rapport des glucosides au ligneux doit être le plus faible. Conséquemment alors on doit recourir aux aliments grossiers, volumineux.

Quant à la marche de la loi des rapports, en considération des différents genres d’animaux, la disposition même des organes digestifs permet déjà de la préciser d’une manière générale, et l’expérimentation vient confirmer les vues théoriques. Il est évident, en effet, que les animaux polygastriques ou ruminants, chez lesquels les aliments séjournent un temps considérable dans le viscère stomacal, peuvent avoir dans leur ration plus d’éléments difficilement diffusibles ; que pour eux surtout les deux rapports complémentaires peuvent être descendus à leur plus faible expression. Pour les animaux monogastriques, au contraire, ils doivent varier peu en deçà du maximum. Au sujet du dernier rapport, il suffit de rapprocher les valeurs du coefficient de digestibilité du ligneux des ruminants et des équidés; il varie du simple au double.

En ce qui concerne les bêtes bovines, Henneberg et

Stohmann ont déterminé que le minimum de protéine nécessaire à leur entretien est de 0 kilogr. 08 par quintal vivant. En comptant Okilogr.l de matières azotées dans la ration de conservation, on se trouve donc dans un bon terme moyen. Comparons ce point de repère au résultat inscrit dans le tableau précédent ; pour un ^ vache de 550 kilogr. cela ferait 0 kilogr. 550 de protéine, en prenant pour base une relation digestive voisine de 1 : 9 on trouve 275 gr. environ pour la protéine utilisée. L’expression de la relation digestive est comprise entre 1 : 9 et 1 : 15, mais la plus forte fournit l’utilisation la meilleure. Le rapport des glucosides au ligneux doit être égal à 1 au maximum.

Pour le mouton, la valeur de la relation digestive s’affaiblit dans de moins grandes proportions. Elle ne doit guère descendre au-dessous de 1 : 12. La raison physiologique en est que la laine doit toujours suivre, même dans ce cas, son accroissement régulier, vu son rôle de vêtement ; par suite la dépense de matières azotées s’accroît, et de plus, l’épaiseur de ce tégument et sa nature empêchant la déperdition du calorique dans certaines limites, il est moins besoin de subs tances hydrocarbonées. D’après E. Wolff, il faut 0,2 de protéine pour 100 de poids vif.

Selon le savant professeur de Grignon, l’entretien du cheval pourrait se faire avec 1 kilogr. de matière, sèche de foin de pré normal par quintal vivant. D’où il suit qu’en moyenne 0 kilogr. 096 (1) de protéine suffisent par 100 kilogr. de poids vif, et que la relation

(1) Pour bOOJkilogr. : O^ÜOC x 5,00 = D'MASO, le coefficient de digestibilité donne environ 0,240 d’utilisé ; l’expérience de Boussingault a donné 0,238.

CALCUL DES RATIOINS,

digestive doit être comprise entre 1 : 8 et 1: 10, le rapport adipo-protéique étant inférieur à un tiers, et celui des glucosides au ligneux un peu plus petit que 1 Pour faciliter la comparaison et l’emploi de ces repères, nous avons dressé le tableau suivant qui, les groupant tous par ordre, en permet la vue d’ensemble et facilite les recherches.

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