‹ L'alimentation des animaux de la fermeChapitre 29 sur 48 · LOI DES RAPPORTS · texte numérisé non relu

LOI DES RAPPORTS

DÉSIGNATION

des

espèces.

par

quintal vif.

Relation

digestive.

Rela'ion

adipo-

protéique.

Relation

des

glucosides

au

ligneux.

kilogr.

^Bœuf

Ruminants^

^Mouton '

Equidés '

Mais est-il économique de soumettre les animaux au régime de conservation ? Évidemment non. C’est en suivant un tel système que l’on est arrivé à faire ressortir le fumier, qui était la seule production des animaux, à un prix tellement élevé que les agronomes ont conclu que le bétail était un mal nécessaire. Je veux bien qu’alors le mode de distribution des aliments n’était pas conforme à la science ; mais encore, avec les données théoriques les plus exactes pour base du calcul des rations d’entretien, on n’arrivera jamais par ce moyen à un résultat qu’on doive rechercher au point

de vue du bénéfice, seul critérium valable dans les entreprises zootechniques.

Si nous avons établi les bases des râlions d’entretien, c’est donc uniquement dans le but d’éclairer le cultivateur dans l’application de tout ce qui va suivre. Des données précises à cet égard sont en effet indispensables pour les évaluations a priori des effets d’une ration et aussi pour la vérification a posteriori du régime suivi.

HATIONS DE PRODUCTION.

La quantité d’aliments, quelle qu’elle soit, qui excède la ration d’entretien, constitue ce que l’on appelle la ration de production. On comprend facilement qu’il existe un rapport nécessaire entre cette partie de l’alimentation et le fonctionnement des organes, et qu’elle doit conséquemment varier suivant les services que l’on exige des individus.

Dans tout ce qui va suivre nous engloberons la ration d’entretien dans la ration de production, c’està-dire que nous indiquerons les limites extrêmes entre lesquelles peut varier une ration pour que l’utilisation des fourrages soit la plus complète, et le fonctionnement le plus économique possible. « En ces matières, il n’y a pas de petites économies. Les animaux ne doivent recevoir que la nourriture qu’ils peuvent utiliser. Au delà commence le gaspillage ou la mauvaise administration, contre lesquels la science a pour objet de mettre en garde. » (A. Sanson.)

Nous allons examiner dans les trois chapitres suivants :

l"" La production du lait.

CALCUL DES DATIOÎSS.

2"" L’engraissement.

3» La production de la force.

Dans les entreprises zootechniques, suivant les circonstances économiques, on peut combiner ces trois grands modes de production : ainsi Ton fait travailler les vaches laitières, ou bien on les engraisse de façon à les vendre au bout de la période de lactation ; encore il peut arriver que l’on mélange les trois modes : qu on demande aux vaches laitières du lait, de l’accroissement en poids et en qualité et encore du travail. On engraisse fréquemment des bœufs en même temps qu’on les fait travailler.

La discussion de l’opportunité des entreprises multiples ou spécialisées ne peut pas trouver place dans un traité sur Talimentation, la question étant du ressort de la zootechnie générale et de l’économie rurale. C’est au cultivateur qui a étudié les ouvrages si clairs et si précis de M. Sanson, qui a médité les principes de M. Léonce de Lavergne, de déterminer la voie qu’il doit suivre. Alors, en vue d’atteindre le but qu’il se propose, il combinera dans l’application les principes du calcul des rations relatifs à chaque production qu’il réclame, dans la mesure de la quantité qu’il en veut obtenir en un temps donné.

Telle est la base fondamentale de la composition des rations mixtes.

De la production du lait.

L’établissement des bases de la ration de production du lait demande la connaissance préalable de la fonction dont il s’agit. L’étude sommaire de l’appareil producteur du lait, des conditions de son fonctionnement, des qualités et de la composition de la sécrétion est ici d abord indispensable. De plus, il faut rechercher les influences de l’alimentation sur la qualité, la composition et labondance des produits. C’est alors que, comme conclusion, on établira les limites enti*e lesquelles on doit se tenir pour recueillir, dans les meilleures conditions au point de vue du bénéfice, une abondante et excellente sécrétion. Enfin, sous forme d’appendice, il nous paraît utile d’examiner les aliments auxquels il est d’ordinaire le plus avantageux de recourir , et de donner quelques exemples de rations constituées d’après les bases établies.

1® La mamelle. Sa structure. — Son fonctionnement.

La mamelle est l’organe de formation et de sécrétion du lait. Elle se compose d’une enveloppe formée extérieurement par la peau, et intérieurement par une lame de tissu adipeux, et d’un parenchyme glandulaire

CALCUL DES RATfOlNS.

que celle-ci recouvre. Ce dernier est constitué par une gangue cellulaire ferme et compacte qui emprisonne la masse glandulaire proprement dite. Cet appareil a la même structure que les glandes en grappes (glandes salivaires). Il commence dans le mamelon par un canal qui s’ouvre extérieurement par une ou plusieurs ouvertures destinées à laisser le liquide s’écouler, et qui débouche intérieurement dans une sorte de petit réservoir appelé citerne du lait. A celle-ci aboutissent des canaux qui se ramifient dans la gangue en diminuant de diamètre, et sans s’anastomoser. Si on les suit jusqu’à leurs extrémités, on voit qu’ils sont terminés par des sortes de petits culs-de-sac constitués extérieurement par une membrane de matière amorphe dans laquelle rampe un vaisseau capillaire, et intérieurement par une lame d’un tissu cellulaire particulier, d’épithélium sélecteur, formé d’éléments cubiques ou poligonaux.

Le fonctionnement de cet appai*eil est analogue à

Figures schématiques.

fl) Canal du mamelon. — Citerne du lait. •— Un des canaux ramifiés qui y débouchent.

(2) Cul-de-sac. — a matière amorphe. — h épithélium sélecteur.

(3) Corpuscule butyreux. — a enveloppe azotée. — h contenu graisseux.

celui de toutes les glandes en grappes. L’épithélium

sélecteur des culs-de-sac glandulaires extrait du sang, par osmose, les principes constituants du lait, en même temps qu’il est le siège d’une genèse active de cellules grasses particulières. Chacune de ses cellules voit se former en elle de nouvelles cellules grasses, et cellesci, après résorption de leur mère, s’écoulent avec le liquide laiteux le long des canaux jusqu’en la citerne, d’où on extrait le lait par mulsion.

Au commencement de la période laitière, et même un peu avant le part, les vieilles cellules épithéliales ne sont pas complètement résorbées par leurs filles, se détachent et se rencontrent entières dans le premier lait.

2° Du lait. — Ses qualités. — Sa composition.

Le premier lait, appelé colostrum, ne diffère pas seulement du lait normal par la présence des vieilles cellules épithéliales ou globules du colostrum, mais encore par ses propriétés et sa composition. Ainsi, immédiatement après le part, il est purgatif, de consistance visqueuse et de coloration jaune foncé, et souvent il est coagulable par l’ébullition.

11 renferme, d’après Boussingault :

Eau

Albumine et caséine . . . .

Beurre

Sucre

Sels

Peu à peu le lait normal remplace le colostrum et en général, au bout de 8 jours, la substitution est complète. Mais on a vu des cas où il a fallu plus longtemps.

Le lait normal est un liquide opaque d’une couleur blanche particulière, d’une odeur spéciale, d’une sa-

CALCUL DES RATIONS

veur douce et sucrée et d une densité moyenne de 1,032. Il est en général alcalin au sortir de la mamelle. Ce liquide a pour base l’eau tenant en dissolution et en suspension des sels minéraux, une substance sucrée, des matières protéiques et des globules butyreux.

Les sels principaux que l’on y rencontre sont des phosphates terreux (calciques et magnésiens) et des chlorures alcalins.

De la somme des matières protéiques, la caséine, base du fromage, forme la plus grande part. On a vu plus haut (P® partie, I, A.) ses propriétés. On y trouve aussi une matière extractive azotée, différente de la ca séine, mais en petite quantité.

Le sucre du lait ou lactose est isomère du glucose- Qi2iqu20i2, Il en diffère par sa forme cristalline et aussi parce qu’il ne subit pas naturellement la fermentation alcoolique. Pour acquérir cette propriété il a besoin d’ètre traité par les acides : c’est un glucoside. Au contact des matières azotées du lait qui ont été un peu altérées par l’air, le sucre de lait se transforme en acide lactique C^H^O^ par dédoublement. C’est en vertu de cette catalyse que la caséine du lait forme un coagulum quand on abandonne ce liquide pendant quelque temps à une douce température.

Mais c’est le beurre qui forme la matière non azotée la plus importante du lait. Il s’y trouve en suspension à l’état de globules formés d’une enveloppe aaotée et d’un contenu graisseux. Celui-ci est composé principalement de margarine, de stéarine, d’oléine et de butyrine. Ce sont principalement les variations des proportions de ces substances qui causent les différences que l’on remarque dans les beurres des différentes espèces, et suivant les aliments consommés, les

individus, etc., au point de vue de la couleur, de la saveur et du goût.

Le diamètre des globules est variable et peut atteindre le maximum de 0“^“,01. C’est à leur présence que le lait doit principalement sa couleur et toute son opacité.

( Voir 2”'® partie, II, le tableau de la composition centésimale moyenne du lait des différents genres d’animaux.)

Influence des divers aliments sur les qualités du lait.

Le lait élaboré par les animaux provenant du sang, ainsi que nous venons de le voir, est conséquemment le résultat indirect de la transformation des aliments consommés. Il est donc naturel de penser que la nature de l’alimentation influe d’une certaine façon sur les qualités du lait. On sait en effet depuis longtemps que différentes substances alimentaires transmettent au lait l’odeur et la saveur qui les caractérisent.

Les crucifères, les alliacées, lui communiquent leur odeur désagréable. L’absinthe le rend amer, le tithymale âcre, la gratiole purgatif ; l’anis lui donne son odeur et la garance lui transmet sa couleur.

Sa densité varie suivant l’abondance de l’eau dans le régime, et la quantité de beurre produite.

4° Influence de Talimentation sur la composition et l’abondance des produits.

Les expériences de Boussingault et Le Bel sur la vache, de Peligot sur l’ânesse, font voir que la constitution chimique du lait est peu variable.

CALCUL DES RATIONS

Expérience sur une ânesse.

DÉSIGNATION

des

produits.

CAROTTES 18 kilogr.

betteraves rouges 21 kilogr.

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