IL Y A DANS 100 PARTIES DE MATIÈRE SÈCHE
Cendres.
Acide
phosphori-
que.
Alcalis,
Chaux.
Son de froment
Tourteau de colza
( de pré
Foin < de luzerne
( de trèfle
Maïs vert
Betteraves.
Carottes
Pommes de terre
é de Lié
Paille| d’orge
Produits: lait
Malheureusement nous n’avons pas encore de donnée précise pour déterminer la quantité de ces éléments nécessaires dans chaque ration, mais l’agriculteur doit toujours veiller à ce qu’il y en ait toujours, dans le cas actuel, une quantité supérieure à ce qui se retrouve dans le lait.
Il est inutile de revenir sur le choix des aliments, ce qui précède est trop évident pour qu’il soit possible d’y ajouter quelque chose. Disons seulement que Ton
peut, sans inconvénient pour la valeur marchande du lait, introduire dans les rations de petites quantités de crucifères. Les plantes alliacées doivent toujours être évitées parce qu’elles communiquent toujours leur goût désagréable.
Nous venons de donner les bases expérimentales de la ration de production du lait ; il nous semble utile d’en donner ici l’interprétation théorique, qui pourra, en retournant les choses, servir aussi de point de départ pour la constitution des rations.
Soit une vache de 500 kilogr. donnant 10 litres (environ 10 kilogr. ) de lait par jour. Les 10 litres de lait produits contiennent :
Protéine
390 grammes.
Graisse
Lactose
Acide phosphorique
Chaux
Alcalis
Il faut que l’animal adulte qui nous intéresse puisse extraire cela de son alimentation. Or nous savons qu’à
cet âge la digestibilité, conforme à la relation — qui
lui convient, est exprimée environ par le coefficient 0,50. Donc cette production de 10 litres de lait exige dans la ration 780 gr. de protéine. Si tout le beurre devait être fourni par la graisse des fourrages, il en faudrait alors environ 1,500 gr., puisque leur coefficientmoyen n’est que 0,33. Mais les hydrates de carbone concourent pour la plus forte partie à la formation de la graisse. D’après la formule théorique suivante qui essaye de rendre compte de la transformation dont il s’agit
CAI-CUL DES RATIONS
14 10^ r=r fQ6 H5 Q3, 3 (Ç36 H35 Q3)
sucre oxygène { stéarine
ac. carbonique eau
2394 sucre = 890 stéarine,
il faudrait environ 2,6 de glucosides pour former 1 de graisse. Du reste le savant docteur J. Kühn ne compare jamais les matières grasses aux hydrates de carbone sans les multiplier par 2,5, en raison du pouvoir calorique relatif aux deux substances. Conséquemment, pour former le beurre de son lait, l’animal doit extraire de sa ration 514 X 2,6 = 1387 (6,4^*') d’hydrates de carbone moyens. Ajoutant à cela les 394 gr. de lactose, on a le total de 1731 gr. Si l’on admet 0,60 comme coefficient de digestibilité moyen des hydrates de carbone, il faudra au moins dans la ration 3 kilogr. de ces hydrates.
Ainsi donc sera constituée la ration de production :
Protéine G*^,780
Hydrates de carbone 3'" » (au moins);
et la ration d’entretien pourra se composer, ainsique nous le savons par ce qui a été dit plus haut, de
Protéine 0^,500
Hydrates de carbone »
On a enfin pour ration totale :
Protéine. Hydrates de carbone.
Ration de production 0,780 3,000
Ration d’entretien 0,500 7,000
Relation digestive 1 : 8.
Et la bête reçoit ainsi par quintal vivant 0,256 protéine.
Dans le choix des aliments qu'on devra faire pour fournir ces principes organiques à la vache, il faudra s’inspirer de leur richesse en principes minéraux essentiels.
00 Des aliments préférables.
Les sections 3 et 4 nous ont montré quels aliments doivent tout d’abord être rejetés comme bases générales du régime, et que parmi les autres on peut presque indistinctement choisir.
La question économique reste donc ici absolument dominante : il faut produire le lait au meilleur marché possible. Étant établi qu’il est indispensable que la ration soit scientifiquement constituée, le choix des aliments devient la chose principale. L’agriculteur doit prendre pour guides ici la mercuriale et la table de la composition des aliments pour ceux qu’il achète, ou ceux produits à la ferme qui sont cotés sur le marché ; {)Our les autres, qui n’ont pas de cours, il doit diriger son système de culture de façon à produire ceux qui demandent le moins de fmis comparativement à leur rendement en matières nutritives. Il doit examiner aussi s’il ne serait pas plus avantageux d’exporter des aliments cotés au marché que de les consommer, en faisant correspondre à cet acte commercial une importation d’aliments étrangers à l’exploitation. Nous avons insisté plus haut sur cette opération économique. Tous les résidus d’industrie en général se prêtent fort bien à ce genre d’exportation compensée.
Son de froment. — M. A. Sanson, dans une confé-
CALCUL DES RATIONS
rence au dernier concours régional de Nantes, Ta vivement recommandé pour ralimentation des bêtes à lait. Ses titres incontestables sont une grande richesse en protéine, en matière grasse et en acide phosphorique. Il est supér ieur à la farine d’orge, aliment si recommandé pourtant, parce que « poids pour poids, il est plus riche en matériaux propres à fournir les éléments du lait. » Mais une autre considération non moins importante est celle du prix de ces deux aliments. Et les mercuriales ne permettent en général aucune hésitation sur la préférence à accorder au son.
Composition du son et de la farine d’orge.
Protéine. Graisse. Glucosides, Ligneux. Ac. phosphor.
Son 14,0 3,8 45,0 18,3 3,159
Farine d’orge
blutée..'.. 13,0 2,2 67,0 « 1,102
Farine d’orge
non blutée 11,6 4,9 34,8 31,9 ?
Tourteaux de colza, — J. Kühn regarde les tourteaux de colza comme l’aliment complémentaire le plus important pour la vache. 11 recommande de ne pas dépasser le poids de 1 kilogr. 5 par tête et par jour.
Ils ne doivent jamais être mélangés d’avance avec les autres aliments, ni donnés humectés depuis quelque temps, car il se développe alors une huile essentielle, d’une odeur très-forte, qui est en général désagréable aux animaux. Mais on peut le donner en buvées froides ou tièdes.
On ne saurait trop recommander l’usage de cet aliment dans la Haute- Marne, car les rations des vaches sont toujours pendant l’hiver bien trop pauvres en protéine et en graisse.
[Voir table de la composition des aliments.)
En somme le son, et les tourteaux en général, sont les aliments concentrés actuellement les plus recommandables. Ils contiennent en forte proportion les éléments propres à constituer le lait, et en général leur prix est relativement peu élevé.
Graines de légumineuses et de céréales, — Elles sont rarement d’un emploi avantageux parce que leur prix est trop élevé, et qu’elles contiennent surtout des hydrates de carbone, qu’on a presque toujours en abondance.
Quelques graines de légumineuses sont même nuisibles à la lactation : a Les vesces égrugées sont tout à fait nuisibles à la production du lait, et lorsqu’on veut diminuer, par exemple, le plus possible la sécrétion du lait chez une vache destinée à l’engrais dans un délai rapproché, on n’a qu’à lui en donner de for tes quantités.» (J. Kühn, traduct. Roblin.) Il en est à peu près de même de la graine de lupin.
B'oin de pré, — Le bon foin de pré est un aliment qui agit favorablement sur la production du lait en augmentant la proportion et la qualité du beurre. Le foin médiocre ou avarié peut entrer dans l’alimentation, pourvu qu’il soit convenablement préparé. On le hache, on le traite par la vapeur ou on le fait fermenter ; on le sale faiblement et on le mélange avec le reste de la ration. Les foins moisis sont mauvais dans tous les cas ; les petits champignons dont ils sont couverts sont nuisibles à la santé.
Un foin, même de bonne qualité, qui contiendrait des prêles, diminuerait la lactation. La présence des aulx donne au lait et au beurre une odeur alliacée désagréable.
CALCUL DES RATIONS
Regain de prairie naturelle. — Le regain, quand il est bien récolté, est encore* préférable au foin. Il est notablement plus riche que ce dernier et beaucoup plus tendre.
Le trèfle, la luzerne, la spergule agissent encore plus favorablement.
Quand on peut donner économiquement du foin aux bêtes laitières il convient d^en donner 1 pour 100 du poids, de façon à couvrir Tentretien par cet aliment naturel. Mais souvent, en raison de son prix élevé, il est plus avantageux d’en donner moins et même de n’en point donner du tout. Ce serait en effet le desideratum de la perfection de couvrir sans cesse l’entretien des animaux par leur aliment naturel ; mais aussi bien le cultivateur doit avant tout rechercher le maximum du profit.
Betterave. — Ce qu’il y a de plus avantageux en général, comme base d’alimentation d’hiver, ce sont les racines de la grande culture, les tubercules, les fourrages verts ensilés et les fourrages grossiers.
Les betteraves à l’état naturel, ou leur pulpe, sont sans contredit les racines qui ont le plus d’importance dans le cas présent. Elles fournissent la sécrétion d’un lait crémeux et de bon goût, surtout lorsqu’on y ajoute des quantités convenables de foin, de paille et de tourteaux.
11 est nécessaire de donner les betteraves découpées 1 . 1
et mélangées avec "Jq ^ 0 poids de menue
paille ou de paille et fourrages grossiers hachés. Une longue expérience nous a appris (plus de 15 ans) qu’on peut donner aux vaches à lait une énorme quantité de
betteraves, si l’on a soin d’ajouter suffisamment d’aliments secs et azotés.
Dans la composition des rations, il faut tenir compte de ce fait que les betteraves conservées entières en silo diminuent de richesse à mesure qu’on s’approche du printemps. Le meilleur mode de conservation est, nous l’avons déjà dit, la fermentation en fosse.
Carottes, — Elles produisent un lait de bonne qualité ; le beurre est d’une splendide couleur et d’un goût suave. Elles sont d’une digestion très-facile et exercent une influence favorable sur les organes de l’appareil digestif.
Pommes de terre. — Crus et mélangés à des four-
rages hachés dans une proportion variante de ~ a
— de leur poids, ces tubercules donnent une abon-
'dante sécrétion lactée, mais le beurre est de moindre qualité. Cette alimentation convient lorsqu’on vend directement le lait. Cuits ou fermentés la quantité de lait qu’ils fournissent paraît moins abondante, mais le lait est de meilleure qualité et la somme du beurre est plus grande.
Maïs conservé en silo. — Dans les localités où la production des betteraves pour l’industrie n’est pas possible, le maïs est appelé à remplacer avantageugement cette plante. A Gerçay, à Burtin, les vaches s’en accommodent très-bien, et à Saint-Eloi nos vaches et nos brebis mérinos ont consommé avidement, après 8 mois de conserve et même 9, notre maïs ensilé.
Il convient d’y ajouter des fourrages secs et concentrés dans les premiers temps de l’ensilage seule-
CALCUL DES RATIONS. 169
ment. Plus tard il arrive à une composition telle que les fourrages concentrés sont inutiles.
Pailles^ balles^ siliques.— Les pailles ne peuvent, il est vrai, suffire à elles seules aux besoins des animaux, mais cependant elles peuvent remplacer le foin dans certaines conditions, quand, par exemple, on les donne mélangées avec des fourrages aqueux et riches en matières protéiques, quand, en un mot, elles font partie d’une ration systématique.
Les balles sont les parties de la paille qui sont le plus nourrissantes. Les sommités sont plus nourrissantes que les bases, et ce serait une bonne opération de hacher les parties élevées pour la consommation et de garder les pieds pour faire la litière.
Fourrages verts. — Là où la luzerne vient bien, elle donne de très-bonne heure un fourrage vert abondant.
Le trèfle est aussi fort recommandable pour les vaches laitières. Ün peut aussi avoir recours aux vesces d’hiver, au seigle vert ou au mélange de ces deux plantes ; au trèfle incarnat, dès le commencement de mai. La spergule et les vesces d’été viennent plus tard et sont aussi recommandées.
Mais depuis les premiers jours de la seconde dizaine de juillet c’est le maïs qui est le fourrage vert par excellence. Et depuis lors on le donne en vert jusqu’à la fin d’octobre, et de là on continue à le donner ensilé.
La nécessité de mélanger les fourrages verts à trop haute relation avec des aliments moins azotés, et les derniers aux premiers, suivant les cas, pour maintenir funiformité de la ration, et empêcher le gaspillage, a fait adopter par d’illustres agronomes allemands la pratique du hachage des fourrages verts. L’application suivie que nous en avons faite cette année pour les
vaches et les moutons, nous en a montré tous les avantages : cette méthode permet d’utiliser les fourrages verts au plus haut degré, par leur mélange avec les pailles, quand il s’agit des légumineuses. Pour le maïs on le mélange alors à des légumineuses, à des sons, des issues, des tourteaux, et la perte des fourrages verts, qui d'ordinaire est si considérable dans la saison des mouches, est par là complètement empêchée.
Exemples de rations calculés pour une tonne vivante (1,000 kilogrammes).