LOI DES RELATIONS
Gr ; P =
Périodes.
Protéine % kg.Py
Avant les pinces permanentes
3® période de l’élevage..
Age adulte
9 et 10
< letl
Une étude attentive de la quantité de mélange nutritif conforme à la loi des relations que consomme un animal de travail arrivé à son développement complet permet de déterminer avec une suffisante exactitude son aptitude totale au travail. Pour avoir la quantité de travail disponible, on retranche de l’aptitude totale la quantité de travail nécessaire au fonctionnement de l’animal à l’entretien d’après les bases posées plus haut.
Aliments qui conviennent au cheval.
Nous ne croyons pas inutile de citer en tète de ce paragraphe le passage suivant de l’encyclopédie agricole de Loudon :
« Dans nos contrées, les chevaux sont nourris d’avoine, de foin, d’herbe et de racines. Bon nombre de gens s’imaginent que ce senties seuls aliments propres aux chevaux; mais dans les autres parties du monde, où les produits du sol sont différents, la nourrriture des chevaux n’est pas la même. Dans quelques contrées stériles, ces animaux sont forcés de se nourrir de poisson desséché et môme de végétaux gâtés par l’humi-
CALCUL DES RATIO^S
dité. En Arabie, on leur donne du lait, des boulettes de viande, des œufs, etc. Dans Tlnde, les chevaux sont nourris d’une manière toute différente : l’herbe ordinaire est regardée comme très-nutritive, on n’y récolte pas d’avoine, l’orge y est rare, et on ne la donne que rarement aux chevaux. Au Bengale on leur donne une espèce de vesce. Dans la partie ouest de l’Inde on les nourrit avec une sorte de féverolle, ou pois à pigeons, nommée grain (cicer arietinum), qui fait la principale partie de leur ration, à laquelle on ajoute de l’herbe dans la bonne saison, et du foin à défaut d’herbe tout le reste de l’année. On leur donne rarement du maïs et du riz. Dans les Indes occidentales, au contraire, on les nourrit de maïs, de cannes à sucre et parfois de mélasse. »
On voit par là combien est insensé le préjugé de nos campagnes qui consiste à croire que le cheval ne peut vivre que de foin et d’avoine. Sans doute nous ne nions pas la bonté de ces aliments, mais l’expérience a depuis longtemps démontré qu'ils ne sont pas les seuls avantageux dans nos climats.
Nous allons suivre dans l’étude particulière des aliments la classification que nous avons adoptée dans la première partie de cet ouvrage.
Fourrages verts, — L’herbe est la nourriture naturelle du cheval, c’est celleque la terre lui fournit spontanément. L’alimentation verte cependant rend le cheval plus mou, il transpire vite et abondamment. Mais cette sorte d’alimentation a aussi des avantages : « les blessures guérissent plus facilement et plus vite ; les maladies accompagnées d’inflammations sont moins dangereuses et les maux chroniques diminuent, si même ils ne guérissent pas complètement. » (John Stewart.)
212 DEUXIÈME PAUTIE.
Les jeunes poulains ne sont guère nourris que d’herbe depuis le sevrage.
Le trèfle, la luzerne, le sainfoin, le ray-grass, etc., produisent les mêmes effets que l’herbe.
Le genêt, l’ajonc épineux et la bruyère sont aussi employés comme nourriture verte. Ce sont des plantes abondantes et très-peu coûteuses, dit J. Stewart, et en meme temps elles forment un excellent fourrage vert pour les chevaux; on le leur donne à défaut d’autre. Pour ceux qui sont malades, elles remplacent très-bien l’herbe, et beaucoup les mangeront quand ils refusent toute autre nourriture.
Foins. — Le foin de prairie naturelle est ordinairement la base de la nourriture des chevaux. D’après M. André Sanson, le minimum de ce qu’on devrait donner de cet aliment naturel, serait de un pour cent de poids'vif. Cette quantité de foin, comme nous l’avons vu, couvre et au delà l’entretien de l’animal. Félix Villeroy conseille, comme ration moyenne par tête, 7 kilogr. 500. C’est cette quantité journalière que la pratique a fait aussi admettre dans nos exploitations, où les chevaux pèsent en moyenne 500 kilogr.
Toujours d’après F. Villeroy, le regain ne conviendrait pas aux chevaux; il les échaufferait, exciterait la soif et disposerait à la pousse. Dans nos exploitations on l’a toujours réservé aux agneaux et aux jeunes bêles bovines.
Le trèfle, la luzerne, le sainfoin, sont de bons aliments pour les chevaux. On ne doit pas en donner une trop forte quantité : ils sont échauffants.
« C’est une opinion généralement admise, dit Boussingault, que l’usage du foin récemment récolté altère la santé des chevaux. » C’est pourquoi la commission
CALCUL DES HATIONS.
d’hygiène vétérinaire de Tarmée a entrepris une série d’expériences à cet égard. De ces expériences, relatées dans I Économie rurale du savant agronome, on peut conclure que c’est un simple préjugé. Loin d’être défavorable, le foin nouveau est, au contraire, favorable ; et si l’on se reporte à ce qui a été dit dans la première partie de cet ouvrage, au sujet de la conservation des fourrages, l’on ne pourra pas manquer d’être üxé à cet égard. En effet, la principale modification que subit le foin en feillissant est de perdre une partie de sa protéine, par conséquent de devenir moins nourrissant.
Racines et tubercules. — Les betteraves sont saines pour les chevaux, et ceux-ci les aiment généralement. On doit les donner pures et coupées en tranches assez grosses. Nous avons vu des chevaux, très-friands de ces racines, les refuser obstinément lorsqu’elles étaient coupées au coupe-racines. Pendant le terrible hiver 1870-1871, tous nos chevaux ont été nourris de betteraves, ils en recevaient environ 30 kilogr. par jour et par 1,000 kilogr. de poids vif. Tous, sans exception, s’en sont fort bien trouvés. — L’agronome de Béchelbronn dit que les chevaux s’accoutument facilement à manger de la betterave. Il ajoute qu’un cheval ayant reçu pendant 15 jours une ration composée de 5 kilogr. de foin, 2,5 de paille, 3,29 d’avoine et 20 de betteraves a exécuté un travail assez fort, mais très-régulier. Il était employé tous les jours, pendant 8 heures, à faire tourner l’arbre d’une machine à molettes, et son état n a pas varié, et ses déjections étaient convenables. On peut donc sans crainte faire entrer les betteraves dans les rations des chevaux.
Les carottes, comme les betteraves, forment une
214 ÜEÜXIÉME PAKTIE.
saine nourriture, et sont mangées avec avidité. La pratique leur a toujours donné la préférence pour la nourriture des chevaux. Cela s’explique parfaitement. En effet, les tables que nous avons données dans la première partie montrent parfaitement que, pour un même poids, la carotte renferme deux fois plus environ de protéine que la betterave
Le topinambour est considéré avec raison comme très -convenable à l’alimentation du cheval; il est consommé avec avidité, et les bons effets de ce tubercule, donné en quantité suffisante, ne tardent pas à se ma* nifesjter (Boussingault). Mais les topinambours s^t d’un nettoyage assez difficile, et l’on ne parvient pas toujours à débarraser leurs anfractuosités des pierres qu’elles contiennent.
Les navets se donnent, crus ou cuits. Les navets crus peuvent provoquer l’indigestion, et les chevaux ne les aiment pas autant. Cuits à la vapeur, ils exhalent un odeur agréable et l’on peut en donner davantage sans que les chevaux s’en dégoûtent. — Cette racine engraisse rapidement les chevaux et leur donne un pelage doux, brillant, en même temps que la peau s’en trouve assouplie (J. Stewart).
Les pommes de terres, soit crues, soit cuites, plaisent beaucoup aux chevaux. Les pommes de terres, données crues, sont laxatives. Si, au contraire, on les fait manger cuites, elles perdent cette propriété. On peut les donner seules ou mélangées avec du son, des balles, de la paille ou du foin hachés. Elles peuvent I)arfois occasionner des indigestions, qu’on évite en les donnant tièdes aux animaux.
Grains. — Dans nos contrées, l’avoine est de tous les grains celui qui convient le mieux aux chevaux.
calcul des rations.
L’avoine , dit Bouley , dans la Maison Rustique du XIX® siècle^ l’avoine a une action toute spéciale sur l’économie du cheval. Elle contient relativement peu de fécule; son écorce contient un principe aromatique auquel on attribue les effets que ce grain produit pour l’organisation des chevaux.
Est-ce à dire qu’on doive toujours donner de l’avoine aux chevaux? Non. Faites manger de ce grain à vos chevaux, quand il est à bas prix, mais aussitôt qu’il devient cher, nourrissez-les d’un autre aliment qui coûte moins; si vous possédez de l’avoine, vendez-la; si vous n’en avez point, gardez-vous bien d’en acheter.
Les féverolles, le seigle, l’orge, les tourteaux, le son, etc., permettent souvent de se passer complètement d’avoine.
Les féverolles sont pour les chevaux une nourriture excellente. Et nous tenons de M. Sanson lui-même, que la Compagnie des petites voitures de Paris a fait, pendant ces dernières années, une notable économie, puisqu’elle se chiffre par des centaines de mille francs, en remplaçant une partie de l’avoine de la ration journalière par des féverolles.
Le seigle est aussi un très-bon aliment. Mais avant de le donner aux chevaux, il faut avoir soin de le faire gonfler en le laissant macérer pendant 24 heures environ dans l’eau. Depuis longtemps nous en faisons usage dans nos écuries ; les animaux s’en sont toujours très-bien trouvés.
On reproche à l’orge naturel de rendre les chevaux fourbus. Nous ne pouvons nous prononcera cet égard; mais d’un autre côté on affirme que l’orge cuite n’a pas d’inconvénients.
Cependant, dans tout l’Orient, on nourrit les chevaux
principalement avec de Torge. L’avoine n’est pas ou peu cultivée.
Résidus et produits d! industries, — Le son de froment convient très-bien au cheval, mais il ne faut pas cependant en donner à la fois une trop forte dose, car une indigestion pourrait être la suite d’une telle façon d’agir. 11 convient surtout de le mélanger aux aliments échauffants; personne n’ignore ses propriétés laxatives.
On peut aussi donner aux chevaux des tourteaux de lin, colza, etc. Cette nourriture, riche en protéine, est très-propre à fournir de la force, mais il ne faut pas en donner de grandes quantités à la fois, parce que les chevaux s’en dégoûtent facilement ; M. Decrombecque en donne 1 kilogramme par tête.
Les farines de blé, de seigle, d’orge, d’avoine, de maïs peuvent être données en barbottages.
Le pain est aussi employé quelquefois pour la nourriture du cheval.
La nourriture fermentée convient aussi aux chevaux, et M. Decrombecque^ne leur donne jamais de rations autrement préparées. Les foins et paille hachés à 2 centimètres tombent dans des citernes où on les humecte avec de l’eau chauffée en hiver. Quand ils sont suffisamment humectés et bien tassés on les saupoudre avec un mélange d’avoine et d’orge aplaties, concassées ou cuites, on sale et on ajoute des tourteaux. On recouvre alors soigneusement pour empêcher l’accès de l’air. Suivant la saison, on laisse fermenter de 30 à 50 heures.
calcul des rations.
Établissement d’une ration de chevaux de labour, pesant en moyenne 500 kilogrammes l’un, et devant fournir 6 heures de travail pendant l’hiver, sur un sol léger, attelés 4 par 4 au bisoc Dombasle.
L’expérience nous a démontré que la vitesse moyenne pour les labours d’hiver était de 40 mètres à la minute avec les chevaux en question. L’espace parcouru en 6heuresestconséquemment40x00x6=14, 400 mètres.
La profondeur du labour étant 15 centimètres, et l’instrument prenant 60 centimètres de large, la section du labour renferme 66X15=990 centimètres carrés ; et l’effort moyen par centimètre carré de section étant de 305 gr. 9, la traction totale est donc 990x^05,9=302 kilogr. 841, environ 303 kilogrammes.
Le travail total exigé par 6 heures de labour dans ces conditions est en kilogrammètres 303-|-14,400=
4,363,200 kilogrammètres.
La quantité de protéine assimilée disponible, nécessaire pour produire ce travail, est, d’après la formule(5):
L’entretien et le déplacement de 20 quintaux de chevaux adultes, à l’allure lente du labour, peuvent être estimés à 44 gr. de protéine digérée par quintal =880 gr. en tout, qu’on peut décomposer ainsi : 360 grammes pour l’entretien au repos à raison de 180 grammes par tonne vivante et 520 grammes pour le déplacement du corps à l’allure du pas.
Il faut donc, en somme, l,628-|-0,880 de protéine^ soit : 2 kilogr. 508.
Pour satisfaire à ce besoin journalier, les chevaux ont reçu par tête de 500 kilogrammes :
ALIMENTS
PllOTÉINE.
GRAISSE
GLUCOSIDES.
LIGNEUX
Foin do Inzorne 4*^
Pommes de terre 15*^
Sommités de paille d’avoine 5*^
Relation dif^estive ^ .
Coefficient de digestibilité de la protéine =0,5231. Protéine digérée 635&r,3.
Pour 4 chevaux 635,3x^ — 2*^,5412.
Relation adipo-protéique = g.
Rapport des glucosides au ligneux =
Le rapport adipo-protéique^est un peu faible, mais
comme la fécule est abondante dans la ration, elle agit comme palliatif de ce défaut.
Pendant tout l’hiver 1874 cette ration a été régulièrement distribuée à nos chevaux de Saint-Eloi. Les animaux acquirent rapidement une robe brillante et les formes arrondies qui caractérisent le bon état ; et de l’avis des agriculteurs voisins, jamais ils ne s’étaient si l)ien portés. Ils faisaient facilement leurs 6 heures de charrue en 2 attelées. Si cependant, pour une cause ou pour une autre , on les faisait travailler 1 ou
CALCUL DES I;AT10.NS. 211
2 heures de plus, les animaux avaient besoin d’être vivement excités et suaient rapidement.
Loin de l’infirmer, cette remarque est une éclatante confirmation de l’exactitude de la méthode. La ration calculée pour 6 heures de travail était épuisée au bout de ce temps, et l’excès que l’on voulait obtenir dans ces circonstances entraînait nécessairement l’usure de l’organisme.
Préparation des aliments, — Les pommes de terre cuites à la vapeur étaient données écrasées et froides et mélangées avec 3 kilogrammes de paille hachée.
Ration pour un cheval de voiture travaillant beaucoup.
ALIMENTS
POIDS 500^ (adulte).
Protéine.
Graisse.
Glucosides.
Ligneux.
Foin de pré 7 •‘,50
Avoine 6*^
Relation digestive 1 : 6,4.
Relation adipo-protéique 1 : 2,6.
Protéine digérée = R, 52X0. 5834 = 886s'^, 8) disponible Entretien 90 } 796^8
Travail disponible total — 796X2,680 = 2,133,000 kilogrammètres.
Le travail réellement utilisable est égal à la différence entre le travail disponible total et le travail de transport de l’animal.
Aliments qui conviennent au bœuf.
Tous les aliments que nous avons cités, soit dans le chapitre de la production du lait, soit dans celui-ci déjà au sujet du cheval, conviennent parfaitement au bœuf. Mais il est moins besoin pour cet animal que pour le cheval de recourir à des aliments concentrés renfermant sous un faible volume une grande quantité de principes immédiats nutritifs, en raison de son immense capacité gastrique. D’où il suit que l’entretien du bœuf comme bête de trait permet l’utilisation d’aliments peu riches, et par conséquent d’un prix inférieur ; et, dans certaines conditions économiques, il y a là un avantage incontestable. 11 est inutile en effet de donner des grains aux bœufs de travail, grains dont le prix est toujours relativement élevé ; le maïs, les racines et leurs résidus, la paille, avec des tourteaux ou du son pour parfaire la relation digestive, voilà pour ralimentation hibernale. Pendant toute la belle saison la nourriture verte est ce qu’il y a de préférable ; en prenant les précautions nécessaires pour maintenir uniforme les rapports alimentaires.
Ration hibernale pour bœufs de travail.
ALl.MENTS.
i»AU tonne vivante (1,000’').
Protéine.
Graisse.
Glucosides.
Ligneux.
Betteraves globe jaune
Paille de blé i20 =
Tourteaux de colza., 3 =
CALCUL DES RATIONS
Relation digestive =
Coefficient de digestibilité de la protéine =0,473. Protéine digérée 3X0)^'^3 = 1,419.
Dont pour l’entretien, 180 gr 1
Dont pour le transport au pas à raison de 40 mètres>448 gr. à la minute durant 6 heures (720,000*^0»^), 268 gr.]
1,419 — 0,448 = 0,971 de protéine disponible pour le travail utile, soit 2,602,280 kilogrammètres de travail utilisable ou par animal 1,301,140 kilogrammètres..